Bernard Ollivier (Alpine) : « On s’oriente vers un engagement autour du WEC »

Voir la marque Alpine fait débat depuis qu’un châssis ORECA 03 a été rebadgé Alpine A460. On ne vous apprendra rien en vous disant que l’A470 est une ORECA 07 en tout point. Afin de tordre le coup aux idées reçues, le constructeur français ne met pas des millions d’euros dans le programme LMP2. Si tel était le cas, nous n’aurions pas une, mais deux Alpine sur la grille FIA WEC. La sortie du modèle de route donne encore plus de légitimité à un programme compétition. La marque dieppoise rajoute une corde à son arc avec le lancement d’une A110 Cup en 2018. Bernard Ollivier était à Bahrain pour suivre la prestation du team Signatech-Alpine Matmut. Le directeur-général adjoint d’Alpine sait que les mois qui arrivent vont être importants pour le constructeur.

Quel est votre état d’esprit quelques semaines après l’annonce de l’Alpine A110 Cup ?

« L’intérêt pour le produit est bien là. Nous avons noué beaucoup de contacts qu’il faut maintenant concrétiser. On a des demandes de manifestation d’intention et nous n’assisterons pas au premier arrivé, premier servi. Un comité de sélection vérifiera différents critères des équipes allant du sérieux financier à la partie technique. Alpine tient à avoir une moitié de teams étrangers au sein du championnat. Les équipes devront ensuite s’inscrire à la Cup. »

Est-il possible de voir l’A110 Cup dans d’autres championnats ?

« L’auto a le potentiel pour rouler ailleurs. Ce sera une décision à prendre avec les différents organisateurs. Cette auto est faite pour la Cup. »

Combien de kilomètres ont été bouclés en essais ?

« Environ 2000 km avec Nelson (Panciatici) et Nico (Lapierre). Lionel Chevalier (ingénieur en charge du développement, ndlr) et son équipe ont déjà un bon retour. Elle est même déjà plus performante qu’on aurait pu le penser. On se doit d’y aller étape par étape. Les premiers essais sont encourageants. »

Vous avez choisi de partager les meetings FFSA GT, International GT Open et ELMS. Il y a une volonté de se montrer sur plusieurs tableaux ?

« Le premier sujet est de trouver des places au sein des meetings déjà existants. On souhaite que l’Alpine Cup ait un vrai statut. Nous n’avons pas encore annoncé quel circuit nous accueillera en Allemagne entre Nürburgring et Hockenheim. »

Place ensuite à une Alpine GT4 ?

« On y pense forcément, mais comme je l’ai dit précédemment, il faut y aller étape par étape. La base de l’auto est bonne pour une GT4. Elle a des éléments qui permettent de partir du bon pied. On assume clairement le choix de privilégier l’Alpine Cup en 2018. »

Ce n’est pas un handicap de lancer le championnat assez tard ?

« Il faut un règlement rigoureux et assurer l’équité sportive. Nous avons reculé le début du championnat pour que chaque équipe et chaque pilote aient le temps de bien se familiariser avec la voiture. »

Le championnat ne met pas en péril la présence d’Alpine en Endurance ?

« Tout n’est pas encore finalisé mais l’envie de poursuivre est bien là. Il faut régler un engagement sur un an et demi, ce qui n’est pas une mince affaire. C’est un vrai sujet pour les équipes et les pilotes. On s’oriente vers un engagement autour du WEC. Le point clé est comme toujours Le Mans. L’avantage pour l’année 2018 est qu’il y a plus de tracés européens et que le Japon a un sens pour Alpine. »

Il sera toujours possible d’appeler la voiture une Alpine ?

« C’est impératif pour que le programme puisse se continuer. S’il y a le moindre aléa, l’équation change. Alpine est un constructeur qui a un chiffre d’affaires égal à zéro. Depuis 2013, la course automobile a été positive pour la marque. Les résultats sont arrivés très tôt. Notre objectif était de faire de la notoriété et les espérances ont été dépassées. Maintenant, nous sommes sur un sujet de support à la vente des autos. La stratégie change. Il faut voir ce qu’on veut donner à la course et quels moyens on y met. Nous avons milité pour du P2+ et pas du P1, mais cette voie n’a pas été retenue. »