Jack Aitken : « C’est aussi plus amusant de courir de cette manière »
À l'approche de Petit Le Mans, Jack Aitken aborde la dernière manche du championnat IMSA avec une situation particulièrement favorable. Un départ de la Cadillac suffit à Cadillac pour décrocher son cinquième titre Constructeurs depuis 2017, le onzième de son histoire. La seule présence de la n°31 Whelen Cadillac en piste permettra également à Action Express Racing de décrocher officieusement son septième titre Equipes.
Chez les pilotes, Jack Aitken n'a besoin que d'une neuvième place dans sa catégorie pour s'assurer du titre. Avant le dernier rendez-vous de la saison, Aitken compte deux succès cette saison à Detroit et Watkins Glen. Laurin Heinrich, son dernier rival, devra quant à lui impérativement gagner pour conserver une chance mathématique. Les points attribués lors des qualifications peuvent même permettre au pilote Cadillac d'être sacré dès jeudi, selon les positions de départ respectives des deux hommes qui arrivent en Georgie avec un écart de 147 points. Jack Aitken se veut confiant...
Quelles sont vos impressions avant d'aborder cette finale IMSA à Road Atlanta ?
Je pense que c'est un circuit et une course que nous apprécions. Nous y avons obtenu de bons résultats ces dernières années, et particulièrement l'an dernier. Nous avons donc confiance dans notre capacité à disposer rapidement d'une bonne voiture. Mon objectif est de réussir une très bonne qualification. Si nous y parvenons, nous pourrions aborder la course avec moins de pression, simplement pour prendre du plaisir et nous battre pour la victoire. Si nous arrivons au départ avec un écart au championnat similaire à celui que nous avons actuellement, il faudra évidemment être un peu plus intelligents dans notre approche.
Mais ce n'est finalement pas très différent de ce que nous faisons depuis le début de la saison. Nous avons un très bon feeling au sein de l'équipe et j'ai énormément confiance dans les personnes qui m'entourent. Je veux donc simplement aborder cette course comme toutes les autres cette année et essayer d'obtenir un très bon résultat.
Quel regard portez-vous sur Laurin Heinrich, votre principal opposant ?
C'est évidemment un pilote exceptionnel, et c'est toujours agréable de se battre contre lui. Dans ce championnat, avec la dimension du multiclasse et les circuits que nous visitons, tous les ingrédients sont réunis pour offrir de belles batailles. Nous avons eu de très beaux affrontements cette année. Et le fait qu'il soit capable de faire cela à un âge aussi jeune est particulièrement impressionnant. Quelle que soit l'issue de cette saison, je pense que nous pouvons nous attendre à beaucoup d'autres batailles avec lui dans les prochaines années.
Je suis certain qu'il va encore progresser compte tenu de son âge, ce qui est une perspective un peu inquiétante ! Mais cette saison a été vraiment plaisante et je suis curieux de voir si nous aurons encore davantage de duels roue contre roue à l'avenir.
Certains estiment que vous et Cadillac Whelen devriez davantage penser aux points du championnat plutôt qu'à la victoire. Pourtant, à Road America comme à Indianapolis, vous avez continué à attaquer. Que répondez-vous à ceux qui pensent que vous devriez plutôt jouer la prudence ?
J'aime avoir une approche très simple de la situation, parce que cela me facilite la vie. J'ai l'impression de me répéter, mais je pense que nous avons fait du très bon travail au cours de la dernière année, aussi bien en termes de performance de la voiture que dans notre manière de mener les courses, avec des décisions propres et efficaces.
Nous y parvenons en évaluant les risques, en planifiant beaucoup de choses et en préparant énormément notre travail. Chaque professionnel de l'équipe, que ce soit sur le muret des stands ou dans la voiture avec Earl, Fred ou moi-même, consacre beaucoup d'efforts à trouver le bon équilibre entre le risque et la récompense. Nous avons le sentiment d'avoir trouvé une zone qui nous convient et nous tentons les manœuvres lorsque nous pensons qu'elles peuvent nous rapporter quelque chose. C'est finalement tout ce à quoi nous pensons.
On peut toujours défendre l'idée qu'il faut être un peu plus prudent lorsqu'on possède une avance au championnat. Mais il peut aussi être dangereux de changer ses méthodes et sa manière d'aborder les courses. Lorsque vous êtes dans une bonne dynamique et que les choses fonctionnent, vous voulez conserver autant que possible cette façon de faire. À ceux qui remettent cette approche en question, je répondrais donc que nous voulons continuer à faire ce que nous faisons et de la manière dont nous le faisons, parce que cela fonctionne bien pour nous. Nous voulons changer le moins de choses possible.
Et c'est aussi plus amusant de courir comme ça. C'est une approche plus ambitieuse. Pour nous, c'est aussi simple que cela. Je ne dis pas que c'est forcément la bonne manière de faire, mais c'est celle qui nous convient. Et, dans l'ensemble, elle nous a plutôt bien réussi. La seule course durant laquelle nous n'avons pas terminé sur le podium ne l'était pas, à mon avis, parce que nous avions pris des risques excessifs. Nous allons donc continuer de cette manière à Petit Le Mans.
Peut-on donc s'attendre à vous voir défendre votre victoire à Petit Le Mans ?
C'est évidemment le plan. Mais tout peut arriver dans cette course. Nous y avons toujours été performants et c'est une épreuve qui nous réussit plutôt bien, que ce soit avec moi ou avec l'un des autres pilotes au volant au moment de l'arrivée. Nous allons donc clairement nous battre pour la victoire.
Ce championnat est particulier puisque ni vous ni Laurin Heinrich ne partagez votre voiture avec un équipier sur l'ensemble de la saison. Quel regard portez-vous sur cette situation ?
Je trouve cela un peu dommage. On voit cette situation se produire de plus en plus souvent avec les pilotes qui sont sollicités dans davantage de directions, alors que les championnats se développent et cherchent tous à trouver leur place dans un calendrier qui reste limité. C'est donc probablement devenu inévitable aujourd'hui. Mais c'est dommage, car Earl est mon équipier à plein temps et il a apporté bien plus que sa part à ce championnat. Le fait qu'il manque une course et qu'il ne puisse donc pas être sur le podium avec moi à la fin de la saison me paraît assez injuste, mais c'est ainsi.
Fred, notre pilote Endurance, a lui aussi énormément contribué. Je connais d'ailleurs cette situation puisque j'étais moi-même engagé dans le championnat Endurance en 2023, lorsque Whelen avait remporté les titres Teams et Pilotes. Je ne sais pas s'il existe une solution, peut-être avec la possibilité de retirer une manche des résultats ou quelque chose de similaire pour tenir compte de ce genre de situation. Mais oui, cela laisse un sentiment un peu doux-amer. Je lui offrirai quelques verres à la fin de l'année. J'espère que cela compensera !
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