Vécu

En haut lieu

26 Aoû. 2026 • 17:00
par
Un cycliste très amateur
© EI

Il est de ces dates ou de ces lieux de la grande Histoire qui évoquent forcément quelque chose. Exemple très souvent cité par ceux qui ont eu la chance de le vivre : chacun se rappelle où il était le 21 juillet 1969 au moment des premiers pas de Neil Armstrong sur la Lune.

Autre exemple plus sportif (et plus terre à terre ...), nous nous souvenons tous pour la plupart où nous nous trouvions le 12 juillet 1998 lors de la victoire de l'Equipe de France de football sur le Brésil en finale de la Coupe du Monde, pour accrocher une première étoile sur le maillot bleu.

En ce qui concerne le sport, et si les ballons ronds et ovales font avant tout partie de ma culture, il est un moment qui m'a marqué sur le Tour de France : l'étape d'Arcalis en 1997.

D'une, l'Andorre possède une place à part en ce qui me concerne. De deux, la démonstration de force d'un « panzer » allemand dénommé Jan Ullrich m'avait impressionné sur ces pentes, pas nécessairement les plus compliquées au niveau des pourcentages, mais placées en final d'une étape marathon de 250 km.

A cet instant, la claque est sportive. Elle deviendra bien moins reluisante quelques années plus tard, lorsque le vainqueur de ce Tour 1997 avouera, comme plusieurs de ses collègues de l'époque, être passé par la case dopage.

Depuis, cette ascension du coureur de la Deutsche Telekom, maillot de champion d'Allemagne sur les épaules, a toutefois toujours gardé une certaine aura. Connaissant le coin plutôt l'hiver, la possibilité de s'attaquer sur un vélo de route à cette montée avait dès lors une résonance particulière.

 

Des watts, quels watts ?

Depuis Ordino où apparait l'attaque du col, c'est long, très long. 18 km, sans compter ceux « d'échauffement » depuis Andorre-la-Vieille. Par chance, la météo est parfaite. Jusqu'à El Serrat, rien de bien difficile et les panneaux d'avancée su succèdent.

Vers la sortie de ce dernier village avant la station de ski, d'un coup, les pourcentages grimpent sérieusement. C'est à cet endroit que Jan Ullrich avait fait péter la course, et avait clairement gagné le Tour 1997. 

Ca tire dans les jambes, mais le tempo choisi depuis le départ se maintient. Rouler en regardant un compteur de watt, de fréquence cardiaque ... NON MERCI. Je préfère m'en tenir aux sensations. Et en passant dans cette cassure, je ne cache pas avoir revu dans ma tête l'attaque d'Ullrich ... mais sans pouvoir accélérer !

Après le paravalanche et le changement de versant, arrivée sur le tunnel avant la station et la déco Tour de France. Petite pause et reprise des débats pour les quatre derniers kilomètres, où Laurent part terminer en solo, pendant que je module l'effort pour conclure.

Mais j'ai atteint, à titre personnel et non au regard de l'Histoire bien évidemment, ce que Cédric Gras mentionne dans l'excellent Berezina de Sylvain Tesson comme un « haut lieu » : un endroit qui convoque un souvenir. Haut lieu, tant sur l'altitude que sur ce que cette montée a toujours évoqué me concernant. 

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