Gros plan sur le programme deux-roues DragonSpeed DH
Vous connaissez sans aucun doute DragonSpeed, l’équipe dirigée par Elton Julian, engagée en IMSA dans la catégorie GTD avec une Corvette Z06 GT3.R. Depuis l’an dernier, il faut également compter sur DragonSpeed DH, la branche deux-roues de la structure, dédiée au VTT de descente (DH pour Downhill).
Animés par une même passion pour le vélo, Elton Julian, patron de l’équipe, et Anthony Megevand, directeur sportif, ont naturellement décidé de lancer ce nouveau projet, appelé à se développer au fil du temps. Anthony Megevand a répondu à nos questions afin de nous en dire plus sur la genèse et les ambitions du programme vélo de DragonSpeed.
🇬🇧 Focus on the DragonSpeed DH two-wheel programme
Pourquoi la création de cette équipe ?
La passion avant tout, même si c’est le fruit d’une vraie réflexion. Elton a fait un peu de BMX, Enduro etc. Moi j'ai fait un peu de VTT DH à un niveau amateur quand j'étais gamin puis ado. Bref, nous sommes tous les deux passionnés de DH et nous voulions diversifier les activités du team à travers un projet sympa.
La discipline cochait toutes les cases : la technique avec des passerelles avec le sport auto, le sportif, la possibilité de développer des jeunes talents etc. Certains sont surpris mais c’était assez évident en fait.
Quelle relation avec DragonSpeed ?
Il s’agit d’un projet 100% DragonSpeed…
Pourquoi le VTT ?
Elton avait quelques disciplines en tête, mais le VTT était un choix naturel. En dehors de l’automobile, c’est surement le sport que nous connaissons le mieux tous les deux. Nous avions quelques connaissances, des partenaires communs potentiels… L’aspect technique est prépondérant, la discipline se développe… Quand les choses sont simples, il faut foncer.
Qui gère l’équipe ?
Elton et moi. Elton a le même rôle de team principal, avec une implication technico-sportive, y compris auprès des pilotes. Je suis aussi dans mon rôle de directeur sportif, qui inclus l’organisation et les partenariats. Pour la Coupe du Monde MTB DH, nous aurons deux mécaniciens, un ingénieur, une coordinatrice et un coach. Nous allons grandir petit à petit, avec à terme un physio et peut-être un cuisinier-nutritionniste.
Peut-on faire des parallèles entre les deux disciplines ?
Très clairement. D’abord au niveau technique, avec notamment tout ce qui concerne les suspensions, les freins ou les pneus. D’ailleurs, nous roulerons en Michelin.
Le développement au cours des dernières années est impressionnant. Nous arrivons du sport auto mais il ne faut pas penser que nous serons en terrain conquis. Le niveau est très élevé et il n’y a pas de fournisseurs uniques. Donc il y a une bataille à tous les niveaux : riders, cadres, suspensions, freins, transmissions, jantes, pneus… C’est très intéressant car il y a une certaine liberté. Nous avons quelques idées d’ailleurs, peut-être sur des sujets un peu moins communs. Evidemment, il y a aussi un parallèle au niveau des pilotes, dans leur approche et leur gestion.
Un mot sur les cyclistes recrutés ?
Nous avons un effectif qui mixe expérience, talent, jeunesse… Ce sont des pilotes qui ont faim et qui n’ont pas toujours eu les opportunités qu’ils méritent. Nous avons quatre Français et un Équatorien. La France est parmi les références donc ce n’est pas illogique. Nous aurions aimé avoir un Américain mais nous avons privilégié la performance et la complémentarité. Je pense que c’est un effectif solide.
Thibaut Daprela est un pur talent, il a gagné des coupes du monde et il a l’exigence du plus haut niveau. C’est un peu notre locomotive. Antoine Rogge a aussi une grosse expérience, il a montré ses qualités, avec un tempérament un peu différent. Nous avons commencé avec lui en fin de saison dernière, donc c’est notre capitaine de route. Zoé Fayolle est la Championne de France Junior en titre. C’est une année importante pour elle et elle a un gros potentiel. Elle n’a que 17 ans mais elle a un mental de fou, elle est bluffante. Léo Godin va découvrir la Coupe du Monde. Il a la particularité d’être Champion de France général et junior alors qu’il n’était que cadet. Il va beaucoup apprendre aux côtés de nos deux pilotes Elite. Enfin, Mariano Leon Maldonado est un tout jeune basé en Equateur. On va le faire venir en Europe une fois cette année. C’est super de se dire qu’on peut aider des jeunes talents en qui on croit. Ça devient tellement rare ou difficile en tout cas en sport auto.
Comment Thibaut Daprela et Antoine Rogge ont-ils vécu les 24H de Daytona ? C’était une 1ère pour eux ?
C’était une grande première mais ils ont une vraie accroche avec le sport auto. Ça leur parle. Je crois qu’ils ont kiffé ! Ils étaient très curieux, cherchaient à savoir qui fait quoi, comment… C’était intéressant pour eux, et pour nous. Avec les années, nous manquons parfois de recul, nous oublions tout ce qui fait, les outils que nous avons, l’organisation que cela requiert. Pour des gens venant de l’extérieur, tout ce staff, tout ce qui est mis en place pour préparer et gérer la voiture, les pneus, la stratégie, c’est impressionnant. Tout cela apporte un peu de fraicheur et c’est sympa. Nous renouvèlerons certainement l’expérience à l’avenir.
Quelle est la finalité de cette équipe ? Le VTT est-elle une 1ère étape ?
Nous voulons nous battre au plus haut niveau et être une entité reconnue de la discipline. Attention car c’est très compétitif, avec des équipes officielles qui ont de gros moyens. Pour être en final, il faut être dans les 30 premiers des qualifs chaque weekend. C’est comme si après les qualifications des 24 Heures du Mans, on ne prenait qu’un tiers du peloton pour la course !
Est-ce qu’il y aura d’autres disciplines ?
Pourquoi pas. Elton a des idées. J’en ai aussi. Nous avons un point commun : la volonté d’entreprendre et de ne pas avoir peur d’essayer. C’est bien de sortir de sa zone de confort et de se réinventer.
Finalement, le cyclisme, quel qu’il soit, et le sport auto ont pas mal de similitudes…
Clairement. Ce sont deux sports de haut niveau, deux sports mécaniques. Donc tous ces éléments, tels que les suspensions, les freins, les pneus… L’approche de la compétition, la gestion des pilotes… Il y a beaucoup de parallèles. On peut appliquer certaines choses d’une discipline à l’autre, apporter des idées d’une à l’autre… C’est passionnant.
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