Racing Technology : former, accompagner et faire progresser
Avant la reprise à Zandvoort, Sylvain Noël dresse un bilan positif du parcours de Racing Technology en Porsche Carrera Cup France. Entre la performance des pilotes, le niveau de compétition particulièrement relevé, l'évolution de la structure et la préparation de l'avenir, le team manager revient sur les choix qui façonnent l'équipe. Une structure qui revendique son statut d'équipe « artisanale », avec la volonté de servir de passerelle entre le Porsche Sprint Challenge et la Carrera Cup France, tout en accordant une place importante à la formation des jeunes talents.
Quel sentiment tirez-vous du déroulement de cette première partie de saison ?
C'est une saison constructive et sérieuse, qui correspond globalement à nos attentes. Nous avons une excellente ambiance de travail avec les pilotes et l'apprentissage se fait de manière de plus en plus construite. On avance dans la bonne direction, avec une équipe qui progresse collectivement.
Quel regard portez-vous sur les performances de vos différents pilotes ?
Malo (Bolliet) est un vrai talent. Il arrive de la F4 avec encore très peu d'expérience en voiture et son bilan est positif. Nous savons ce dont il est capable. Jérôme (Boullery) réalise de belles choses, notamment lors des essais libres. Il montre également qu'il est capable d'aller régulièrement chercher le top 10 en qualifications. Il reste très proche des meilleurs et il y a de bonnes choses à retenir de son début de saison.
Fred (Lacore), de son côté, est un pilote amateur qui ne réalise pas de tests. Malgré cela, il progresse très bien dans son apprentissage de la Cup. C'est une satisfaction de le voir évoluer au fil des meetings. Laurent (Cochard) nous rejoint après Dijon pour participer à la dernière partie de la saison.
Comment expliquez-vous cette densité de la compétition cette année ?
Le niveau est vraiment très élevé et les écarts se sont énormément resserrés avec l'arrivée de la nouvelle 992. Aujourd'hui, une infime erreur dans le setup ou dans le pilotage se traduit immédiatement par plusieurs places perdues. C'est ce qui rend la compétition particulièrement exigeante. Il faut être précis partout, aussi bien dans la préparation de la voiture que dans la performance du pilote.
Racing Technology doit-elle composer avec des moyens différents de ceux des grosses structures ?
Nous sommes une structure artisanale et nous n'avons pas de sponsor titre. Nous ne pouvons pas fonctionner comme certaines grosses équipes qui disposent de budgets très importants et peuvent être engagées simultanément en Supercup et en Cup allemande. Notre positionnement est plutôt celui d'une passerelle entre le Porsche Sprint Challenge et la Porsche Carrera Cup France. Nous voulons accompagner les pilotes dans leur progression et construire quelque chose de cohérent à notre échelle.
Justement, comment fonctionne votre stratégie de recrutement ?
Nous essayons de mixer de jeunes talents qui débutent avec des pilotes typés gentlemen. L'idée est notamment d'accompagner chaque année un jeune pilote issu de la monoplace, généralement de la F4, pour sa première saison en Cup. Ce pilote devient une forme de référence pour l'équipe. Il doit nous permettre de progresser et, à son tour, tirer toute la structure vers le haut. C'est un fonctionnement qui nous correspond bien.
Le management humain a-t-il également évolué en sport automobile ?
Oui, énormément. La passion ne peut plus être un prétexte pour négliger le confort des personnes qui travaillent dans les équipes. Aujourd'hui, il faut être beaucoup plus exigeant sur la qualité de l'encadrement et les conditions de vie du personnel. Les hôtels, les conditions de travail, l'organisation générale… Tout cela compte. Si l'on veut être professionnel et rester attractif, il faut prendre en considération ces aspects.
Quels sont vos projets concernant votre parc de Porsche ?
Nous allons vendre deux de nos Porsche 911 992 actuelles et en conserver deux qui seront dédiées au Club, donc au Sprint Challenge. En parallèle, nous allons investir dans trois 992 de nouvelle génération. C'est une évolution importante pour Racing Technology et cela doit nous permettre de préparer les prochaines saisons dans de bonnes conditions.
Pourquoi avoir décidé d'arrêter l'exploitation des Cayman GT4 RS GT4 ?
L'amortissement de ces voitures est compliqué parce qu'elles ne roulent pas suffisamment. Nous avons une voiture qui prend quasiment la poussière et une autre qui n'est exploitée qu'à moitié. Ce n'est donc pas forcément pertinent économiquement. Par ailleurs, l'environnement de pilotage de la 911 est plus gratifiant. Pour les pilotes, la valeur ajoutée d'une 911 est également plus importante que celle d'un Cayman. Nous avons donc fait un choix qui nous paraît plus cohérent avec notre activité.
Peut-on vous voir ponctuellement en Porsche Sprint Challenge à l'avenir ?
C'est possible. Nous pourrions faire quelques apparitions exceptionnelles en Sprint Challenge, soit pour préparer les saisons futures, soit pour amortir certaines voitures. En revanche, nous ne souhaitons pas nous lancer dans des programmes d'endurance qui engendreraient trop de kilomètres et des coûts importants. Notre priorité reste la Cup et un fonctionnement maîtrisé.
Vous êtes également confrontés à de nouveaux profils de clients. Comment les accompagnez-vous ?
Nous voyons arriver des clients qui, parfois, veulent brûler les étapes. Certains pensent qu'avec un budget suffisant, ils pourront arriver aux 24 Heures du Mans en trois ans. Notre rôle est alors de les recadrer et de les encadrer. Il faut leur expliquer qu'il existe une pyramide de l'apprentissage et qu'on ne peut pas passer directement d'une voiture de série à la compétition de haut niveau. Il faut commencer par des stages de pilotage, apprendre, rouler avec des voitures de série performantes, puis passer progressivement à la compétition. L'argent permet d'accélérer certaines choses, mais il ne remplace pas l'expérience.
Cyril Caillot est le parfait exemple de cette philosophie ?
Sans aucun doute. Il avait débuté par un simple stage acheté sur internet. Ensuite, il a progressé en GT3 RS de série avant de passer quatre années en Club Porsche. Et seulement après, il a atteint la Carrera Cup. C'est exactement le parcours que nous souhaitons promouvoir : apprendre, progresser, accumuler de l'expérience et franchir les étapes les unes après les autres.
Quel peut être l'avenir de vos pilotes actuels ?
Certains, comme Fred, pourraient rempiler avec nous. Pour Malo, c'est différent. Il est probable qu'il quitte Racing Technology pour rejoindre une structure plus importante qui pourrait lui proposer un double programme en Carrera Cup France et en Supercup. Ce serait finalement une évolution logique par rapport à son talent. Notre objectif n'est pas nécessairement de conserver éternellement les jeunes pilotes que nous accompagnons. S'ils peuvent franchir une nouvelle étape dans une structure plus importante, cela signifie aussi que nous avons fait notre travail.
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