Adrien Paviot : « Se faire plaisir, prendre de l’expérience et voir l’arrivée »
Adrien Paviot fait partie de ces personnalités incontournables du sport automobile que tout le monde connaît, sans forcément mettre un visage sur son nom. Et pour cause : sa spécialité, c’est le design de casques. Derrière les créations portées par Charles Leclerc, Isack Hadjar, Sébastien Ogier ou encore Pierre Gasly, on retrouve sa signature. Mais son talent ne s’arrête pas là : voitures de course, motos, avions, commentaires télé… Adrien Paviot donne vie à toutes sortes de projets dès lors qu’on lui confie une idée. Nous sommes bien placés pour le savoir et nous aurons l’occasion d’y revenir prochainement.
Au-delà de ses activités artistiques, Adrien Paviot est également un véritable pilote de course. Aperçu notamment en Championnat de France des Circuits, il s’est déjà illustré par plusieurs performances remarquées. Car non, il ne s’agit pas d’un designer qui rêve juste de piloter le week-end : Adrien Paviot est un compétiteur à part entière. Pour preuve, il prendra ce week-end le départ de ses premières 24 Heures du Nürburgring. Véritable monument de l’endurance, l’épreuve allemande demeure aujourd’hui l’une des dernières grandes classiques encore accessibles financièrement, tout en offrant de réelles opportunités grâce à un plateau toujours particulièrement relevé.
Après plusieurs manches de NLS disputées, place désormais à LA grande course, celle qui fait rêver bon nombre de pilotes professionnels, dont Max Verstappen, attendu au départ ce samedi. Adrien Paviot évoluera sur une BMW M240i engagée par l’expérimentée équipe WS Racing, avec à ses côtés Valentin Belgy, le peintre bien connu des casques, Dennis Garbe, pilote allemand suivi par plus de 100k abonnés sur Instagram, ainsi que le pilote-journaliste Michael Bräutigam. Assurément un équipage hétéroclite dans une catégorie BMW M240i particulièrement ouverte.
Alors qu’il était en route vers l’Enfer Vert, Adrien Paviot nous a parlé de son défi du moment, qui représente pour lui un véritable aboutissement.
« J’ai tellement hâte d’y être. Cela fait tellement longtemps que j’attends ça. Cette course est si extraordinaire et atypique. La préparation en amont a été compliquée car le premier rendez-vous NLS a été annulé à cause de la météo. En NLS3, j’ai connu une sortie de piste en qualifications, ce qui a limité le roulage. Par chance, j’ai disputé trois manches NLS en 2025 avec un podium de classe. En parallèle, j’ai roulé sur simulateur. »
Comment peut-on avoir une telle idée ?
« Tout est parti d’une discussion avec Racetivity, l’équipe de François Gagneux et Arnaud Fouquet, pour je roulais avec Nicolas Markiewicz en FFSA Tourisme. L’idée est née de là, car Racetivity a déjà engagé une Renault R.S.01 aux 24 Heures du Nürburgring pour Matthieu Vaxiviere, Manu Collard et François Perrodo. Malheureusement, Racetivity est très pris par ses différentes activités et cela n’a finalement pas pu se faire avec eux. Il a donc fallu partir à la recherche d’une équipe allemande et le choix s’est porté sur WS Racing. »
Arriver dans une équipe allemande est-il facile à gérer ?
« Nous avons fait le choix de l’humain avant tout. Le courant est tout de suite passé entre nous. Robert Hinzer, le patron de l’équipe, est en quelque sorte un Pascal Destembert allemand, dans le sens où la voiture est préparée avec énormément de minutie. Nous recherchions ce type de voiture que nous connaissions déjà grâce au TC France. De plus, c’est la voiture la plus puissante accessible avec le permis B. Initialement, nous devions être trois pilotes français puisque Nicolas devait nous rejoindre, avec Valentin et moi, accompagnés d’un pilote allemand en quatrième homme. Malheureusement, Nico n’a pas pu avoir suffisamment de roulage cette année et il a donc dû se retirer du programme. Sur les quatre pilotes, nous sommes finalement trois rookies. »
Quel est l’objectif ?
« Se faire plaisir, prendre de l’expérience et voir l’arrivée. Avant toute chose, il faut déjà passer la nuit. »
Des pilotes professionnels vous ont-ils donné des conseils ?
« J’ai beaucoup échangé avec Fred Mako, qui a remporté l’épreuve en 2018. Je peux même le considérer comme un coach. Lors de ma première course en marge des 24 Heures du Nürburgring 2023, dans le cadre d’une épreuve RCN, j’ai eu la chance de débriefer avec lui dans la loge Manthey. Patrick Pilet m’a aussi donné un bon coup de main. Avoir le retour de deux anciens vainqueurs est un vrai plus pour mieux appréhender l’épreuve. Je suis passionné d’endurance depuis très longtemps, mais je sais que les 24 Heures du Mans et les 24 Heures de Spa ne sont pas pour moi. Là, c’est la plus grande course de ma vie et un accomplissement majeur. Dès 2022, c’était l’objectif à atteindre. C’est la dernière grande course accessible pour un amateur comme moi, qui ne roule pas en essais privés et ne dispute jamais plus de deux ou trois courses par an. »
Vous tombez en plus l’année de Max Verstappen, avec qui vous avez collaboré dans le passé sur le design de casque…
« Pour être totalement honnête, je suis plutôt « Team Grello » avec Kévin Estre et Ayhancan Güven pour qui je collabore. Ils seront d'ailleurs nos voisins de stand. La présence de Max Verstappen est un véritable coup de projecteur pour l’épreuve. J’espère que, s’il l’emporte, ce sera à l’issue de belles bagarres en piste. Il faut simplement éviter que cela ne décrédibilise les pilotes d’endurance. Une chose est sûre : le mec est un vrai passionné. »
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