GT3

Eric Debard, enfin au bout du rêve manceau

GT3 Revival Series
20 Juil. 2026 • 9:00
par
Laurent Mercier, au Mans

Il aura fallu attendre trente ans de licence pour que Eric Debard découvre enfin le grand Circuit des 24 Heures du Mans. Une première longtemps attendue pour l'entrepreneur français qui était en piste sur l'événement Le Mans Classic Legend dans le cadre du GT3 Revival Series au volant d'une Ford GT ex-Matech couvée par Racetivity. 

Cette expérience unique lui a permis de croiser le fer avec son compère Jean-Luc Beaubelique face à qui il a bataillé en FFSA GT sur le circuit Bugatti du Mans. 

 

Après trente ans de carrière, vous avez enfin roulé sur le grand Circuit du Mans. Qu'avez-vous ressenti ?

C'était un moment particulier. J'avais déjà roulé de nombreuses fois sur le Bugatti, mais jamais sur le grand tracé. Forcément, quand on arrive enfin à découvrir ce circuit, il y a beaucoup d'émotion. Quand tu te retrouves dans les Hunaudières, avec les arbres de chaque côté, tu te dis : « Mais p***… c'est le plus beau circuit du monde. » On comprend tout de suite pourquoi cette piste est aussi mythique. Je considère un peu cette participation comme mon jubilé. C'était un vrai plaisir.

Y avait-il aussi une dimension personnelle dans cette première ?

Oui, parce que j'ai retrouvé beaucoup de personnes que je connais depuis longtemps. J'ai notamment partagé la piste avec Jérôme Policand, qui a été mon patron d'équipe. Ce sont des moments qui comptent quand on regarde le chemin parcouru.

 

Techniquement, qu'est-ce qui vous a le plus marqué sur ce circuit ?

Les longues lignes droites peuvent donner l'impression que c'est facile, mais ce n'est pas du tout le cas. Le plus compliqué, c'est de rester totalement concentré. Après plusieurs kilomètres à pleine vitesse, il ne faut surtout pas manquer son point de freinage avant les chicanes. Le Mans demande énormément de rigueur.

 

Quel est votre secteur préféré ?

Sans hésiter, les virages Porsche. C'est un enchaînement exceptionnel. Rapide, fluide, technique… on prend énormément de plaisir à cet endroit-là.

Beaucoup s'étonnent que vous découvriez ce circuit aussi tard. Pourquoi avoir attendu si longtemps ?

Parce que ma carrière s'est construite autrement. Pendant longtemps, j'ai privilégié les 24 Heures de Spa, que j'ai disputées à sept reprises. À l'époque, c'était mon objectif principal.

 

Vous avez pourtant été proche de participer aux 24 Heures du Mans…

Oui. En 2009, je roulais en GT1 avec Olivier Panis chez DKR Engineering. L'équipe de Luc Alphand m'avait proposé de participer aux 24 Heures du Mans. Avec le recul, c'est forcément un regret.

Pourquoi avoir refusé ?

À cette époque, j'avais aussi une vraie limite : ma vision nocturne. Sur une course comme Le Mans, où la nuit représente une partie essentielle de l'épreuve, il faut être totalement en confiance. Ce n'était pas mon cas.

 

Aujourd'hui, vous évoluez en Porsche Carrera Cup France. Qu'est-ce qui vous plaît dans cette catégorie ?

Le fait que ce soit une vraie compétition entre les pilotes et les équipes. Il n'y a pas de Balance of Performance. Si tu es devant, c'est parce que ton équipe a bien travaillé et que tu as bien piloté. J'apprécie énormément cette philosophie.

 

L'ambiance est-elle différente de celle des grands championnats GT ?

Oui, complètement. Il y a beaucoup de respect entre tout le monde. Les amateurs roulent avec les professionnels sans problème. On ne ressent pas les tensions que l'on peut parfois retrouver ailleurs. L'ambiance est très saine et c'est quelque chose que j'apprécie beaucoup.

Vous évoquez régulièrement la fin de votre carrière. Est-ce vraiment le dernier chapitre ?

Je pense qu'on s'en approche. Après, on ne sait jamais. Si un pilote est malade et qu'une équipe m'appelle pour faire un remplacement aux 24 Heures du Mans... (rires) Mais aujourd'hui, je prends surtout du plaisir à rouler.

 

Après cette découverte du grand Circuit du Mans, avez-vous le sentiment d'avoir bouclé la boucle ?

Clairement. J'aurais évidemment aimé découvrir Le Mans plus tôt, voire disputer les 24 Heures. Mais au final, avoir eu la chance de rouler sur ce circuit reste un immense plaisir. Quand on aime le sport automobile, il y a des endroits qui sont particuliers. Le Mans en fait partie. Maintenant, je peux dire que j'y ai roulé et je comprends encore mieux pourquoi il fait autant rêver les pilotes.

 

En dehors de l'automobile, vous êtes toujours très investi en athlétisme ? 

Oui, j'aime énormément cette discipline. Malheureusement, une tendinite m'a obligé à arrêter de courir. J'espérais participer à une échéance importante en fin d'année à Épinal, mais cela paraît désormais compromis. L'objectif est surtout de bien récupérer pour pouvoir reprendre l'entraînement et revenir la saison prochaine.

 

 

Commentaires (1)

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stessier

20 Juil. 2026 • 13:02

Eric la personne la plus humble, qui a toujours un bon coup de volant