ELMS

Stéphane Tribaudini, sur tous les fronts des courses d'endurance

European Le Mans Series
22 oct. 2026 • 10:00
par
Laurent Mercier, à Portimão

Avec 22 week-ends de course au compteur, Stéphane Tribaudini a vécu une saison particulièrement intense. Entre ses engagements en GT3, ses apparitions en LMP3 en European Le Mans Series et sa découverte de la NP02 en Ultimate Cup Series, le pilote français a multiplié les expériences. 

Une année contrastée, marquée par des victoires, des titres, mais aussi des frustrations. À l'approche de la prochaine saison, ses ambitions restent intactes : poursuivre en endurance, retrouver un programme complet en prototype et, surtout, se donner les moyens de prendre un jour le départ des 24 Heures du Mans.

 

Vous avez effectué deux piges en LMP3 avec M Racing en European Le Mans Series, à Silverstone et à Portimão. Quel bilan tirez-vous de ces deux expériences ?

Le bilan est assez contrasté. À Silverstone, nous avons manqué de réussite. Lors de mon relais, nous avons connu trois périodes de neutralisation, ce qui m'a laissé seulement dix à douze minutes de roulage effectif sous drapeau vert. Ensuite, lors du relais de mon coéquipier, une panne de démarreur nous a fait perdre un tour. Dans ces conditions, il était difficile de faire un résultat.

À Portimão, c'était beaucoup plus positif dès les essais. Nous avons réalisé un bon travail de mise au point et la voiture avait un vrai potentiel. Au vu de ce que nous avons montré, nous pouvions viser au minimum le top 5, voire le top 3. J'avais rejoint l'équipe au dernier moment pour apporter ma contribution et essayer de faire progresser la performance globale. J'aimerais vraiment poursuivre en prototype et retrouver l'ELMS la saison prochaine.

Photo : MPS Agency

Vous avez également découvert la NP02 en Ultimate Cup Series avec COGEMO Racing Team. Quelles ont été les sensations au volant ?

J'ai découvert la voiture au Mugello et j'ai vraiment apprécié cette expérience. La NP02 est légère, facile à prendre en main et très instinctive à piloter. On trouve rapidement ses repères et on peut se concentrer sur le pilotage. Le plateau est aussi particulièrement intéressant, avec 35 voitures identiques et des pilotes de très haut niveau, comme Nicolas Prost, Nico Pino ou Neel Jani. Cela donne une vraie valeur à la compétition.

J'ai également été impressionné par le professionnalisme de COGEMO, encadrée par Georges Kaczka. L'organisation et la rigueur de l'équipe sont comparables à ce que l'on peut retrouver en ELMS. Il est aussi prévu que je participe à la finale de Portimão, sur une course de six heures, et l'objectif serait de disputer un championnat complet en NP02.

 

En parallèle, votre saison en 24H Series avec l'Audi / Saintéloc Racing a été particulièrement fructueuse...

L'Audi R8 LMS GT3 est probablement la voiture dans laquelle je me sens le mieux. C'est celle qui me permet de rouler à ma limite tout en conservant une grande confiance. Quand on connaît bien la voiture et que l'on se sent à l'aise à son volant, cela fait une vraie différence. Avec mon coéquipier Michael (Doppelmayr), nous avons disputé quatre courses sur les cinq prévues et décroché quatre podiums, dont deux victoires en Pro-Am. Le bilan est donc très positif.

Photo : 24H Series

Le point d'orgue reste évidemment les 24 Heures de Barcelone. Nous avons remporté la catégorie Pro-Am et décroché les titres au classement général et en Pro-Am. J'ai notamment effectué sept heures de relais individuel, ce qui représente un effort important.

La course est aussi particulière sur le plan stratégique, car le règlement des ravitaillements peut favoriser certains équipages Am. Il faut donc être performant, mais aussi gérer intelligemment l'ensemble de l'épreuve. Remporter ces titres est une vraie satisfaction.

 

Le GT World Challenge Europe (Endurance) sur une Mercedes s'est révélé plus compliqué. Comment analysez-vous cette saison partielle ?

C'est un championnat extrêmement relevé, dans lequel chaque dixième compte. Le niveau est très élevé et la moindre petite erreur peut coûter cher. Il y a aussi des situations de course parfois frustrantes, notamment avec les drapeaux bleus et les voitures de sécurité. Lorsqu'une voiture a pris un tour de retard et se retrouve neutralisée derrière un peloton, elle n'a pas toujours la possibilité de se dédoubler. Cela peut compliquer la course et créer des situations difficiles à gérer. Aux 24 Heures de Spa, nous avons malheureusement abandonné après seulement trois heures. Mon premier relais individuel s'était pourtant bien passé. C'est toujours décevant de voir une course aussi importante s'arrêter aussi tôt.

Vous étiez également engagé en Italian GT, cette fois sur une Lamborghini. Là encore, la fiabilité a pesé sur les résultats…

Nous avons connu deux casses moteur, une en Sprint et une autre en Endurance. Quand on perd autant de terrain à cause de problèmes mécaniques, cela devient compliqué de défendre ses chances. Nous aurions évidemment préféré pouvoir nous battre davantage sur la piste. À Imola, nous avons également vu une grille de 60 voitures. C'est impressionnant, mais cela rend les courses particulièrement denses. Il faut constamment composer avec le trafic et les différences de rythme.

 

Avec 22 week-ends de course, votre saison a été particulièrement chargée. Comment parvenez-vous à maintenir ce rythme ?

Il faut être passionné ! (rires) J'ai commencé le sport automobile il y a une dizaine d'années en Lamera Cup puis en Ginetta GT4. Depuis, j'ai eu la chance de découvrir différentes voitures, différents championnats et plusieurs formes d'endurance. Cette diversité est intéressante, car chaque programme apporte quelque chose. Les prototypes demandent une approche différente des GT3, et chaque championnat a ses propres exigences. Il faut savoir s'adapter rapidement, comprendre le fonctionnement de l'équipe et trouver le bon rythme. Avec autant de week-ends de course, l'organisation devient essentielle. Il faut aussi savoir gérer la fatigue et conserver suffisamment de fraîcheur pour être performant à chaque rendez-vous.

En dehors des circuits, vous développez également plusieurs projets entrepreneuriaux. Comment s'organisent-ils ?

Je travaille notamment sur l'ouverture d'une salle de sport au Mans au parc Manceau. Il s'agit d'un espace d'environ 1 500 m² autour du fitness et du concept Hyrox, avec également des activités de MMA et de cross-training. L'ouverture de On Air Fitness est prévue début janvier 2027. Je m'occupe d'une grande partie de l'aspect opérationnel : la gestion administrative, la préparation financière et le suivi des travaux. C'est un projet qui demande beaucoup de temps et d'investissement. Nous réfléchissons déjà à une deuxième salle, cette fois en centre-ville.

Je poursuis aussi le développement de l'application Race Link, destinée au milieu du sport automobile. L'idée est de continuer à la faire évoluer pour répondre aux besoins de cet environnement. Ces activités demandent une organisation rigoureuse, surtout avec un calendrier sportif aussi chargé. Mais j'aime entreprendre et développer des projets en parallèle de la compétition.

 

Quelles sont désormais vos priorités pour la saison prochaine ?

L'idée serait de repartir sur une base similaire en 24H Series, avec la même structure, et pourquoi pas d'aller courir à Kyalami, en Afrique du Sud, dès le mois de janvier. J'aimerais aussi réaliser une saison complète en NP02 en Ultimate Cup Series. C'est une voiture que j'ai appréciée dès mes premiers tours et le championnat propose un niveau de concurrence intéressant.

En parallèle, des discussions sont en cours pour retrouver un programme en ELMS, que ce soit en LMP3 ou en GT. Je cherche à voir quelles opportunités peuvent se présenter, y compris auprès d'équipes engagées en WEC. L'objectif est de continuer à progresser, de conserver cette diversité de programmes et, si possible, de me rapprocher encore un peu plus des 24 Heures du Mans.

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