A quoi ressemble un paddock de China GT ?
La question pourrait paraître sans fondement. Pourtant, à y regarder de plus près, le paddock China GT sur le Shanghai International Circuit possède de vraies particularités, comparé à ce que nous avons l'habitude de connaître en Europe, notamment en GT World Challenge Europe ou en WEC pour ce qui concerne les grandes séries accueillant le GT3.
Une organisation différente
Premièrement, et la principale différence qui saute aux yeux en arrivant : ne cherchez pas de camions derrière les box. Aucune semi-remorque n'est présente dans ce que l'on peut appeler le paddock principal. Ce qui le rend quelque peu vide, hormis les pneus qui chauffent au soleil.
D'une, plusieurs structures possédaient leurs propres locaux en bordure du circuit, comme Absolute Racing ou Origine Motorsport.
De deux, les équipes nous ont confirmé que la transformation des camions pour transporter des voitures de course sur le modèle que l'on voit en Europe ou aux Etats-Unis est assez compliquée ici. D'où leur absence.
D'autre part, les camions des support-client sont remplacés par des conteneurs, placés sur un parking tout près de l'une des entrées. Plus simple pour Audi Sport, Mercedes-AMG ou encore Porsche Motorsport Asia Pacific de gérer le stock de pièces, en lien avec les bases européennes, et pour des questions de transport.
Ensuite, question hospitalité, aucune semi-remorque n'accueille de structure temporaire sous les habituels auvents.
Sur le circuit de Shanghai, soit les équipes pouvaient déjeuner dans la grande loge servant de réceptif au championnat, soit dans les petits bâtiments disponibles à la location en face des box. Ainsi Phantom Global Racing pouvait compter sur deux espaces pour ses invités.
Une présentation au niveau
Dans les box, aucune surprise lorsque l'on connait les joutes européennes. Les structures chinoises se sont mises sur le même plan que les équipes occidentales, avec des habillages de stands.
L'expérience et les standards apportés par les responsables d'écurie venus d'Europe ou des Etats-Unis, a fait son oeuvre et les locaux ayant l'habitude des grandes épreuves comme les 24 Heures du Mans, de Spa, ou encore les 12 Heures de Bathurst, ont apporté le même soin à leur emplacement.
En revanche, s'il est un domaine où la Chine, et l'Asie plus globalement, a pris le pas sur les courses occidentales, c'est bien celui des livrées et décorations de voitures.
Des différentes collaborations, comme la Lamborghini Huracan GT3 EVO2 - Absolute Racing aux couleurs Ultraman, aux itérations des plus colorées, voire aux hommages comme la Porsche 911 GT3 Cup reprenant la livrée HB de l'Audi Quattro, l'ennui n'est jamais là pour les yeux.
En avance sur son temps
Si vous n'êtes jamais allé en Chine, sachez que le pays est quasiment 100% digitalisé. Vous voulez payer, commander un taxi ... WeChat / WePay ou AliPay seront vos meilleurs amis.
A l'aéroport de Shanghai, franchir les contrôles avec les formulaires préalablement remplis en amont de votre voyage apparait des plus simples avec prise d'empreintes ultra-rapide, reconnaissance faciale ... Alors qu'à Paris, nous en sommes encore à tenter de rendre disponible le système Parafe ...
Plus globalement, ne cherchez pas : la Chine possède « dix ans » d'avance sur nous en termes de technologie. Certes, la danse des robots sur la grille de départ peut faire sourire, mais cela montre surtout ce que peut faire le pays en termes de robotique, d'intelligence artificielle et de système logiciel.
L'accès au paddock se fait sur le même modèle via reconnaissance faciale, après un bref contrôle de sécurité. Si vous êtes attendu sur l'épreuve, vous passerez aisément. Vous nous rétorquerez que la question des données personnelles peut se poser. C'est un fait.
Idem pour les box. Avec la présence de la star Wang Yibo, impossible d'accéder au stand Uno Racing mais vous êtes prévenus en avance : un panneau avec les possibilités d'entrée selon votre pass est affiché devant chaque box.
Pas d'incertitudes comme parfois en Europe avec des vigiles aux entrées des stands. Ce qui se comprend cependant sur certaines épreuves.
L'expérience « public »
La présence de Wang Yibo, qui attire une foule pas forcément fan de la compétition automobile, fausse quelque peu la donne en matière d'audience mais, selon le promoteur Topspeed, les chiffres de fréquentation augmentent même sans la présence de l'acteur-chanteur.
Et pour satisfaire ce public nouveau, ce que l'on peut considérer comme le « village » du circuit de Shanghai aligne ses différents stands, offrant de multiples possibilités de restauration.
Sans oublier toutefois l'aspect commercial / activation, puisque plusieurs stands sont aux couleurs des partenaires de la série. Nous soulignerons peut-être le manque de merchandising centré sur le sport, sans miniatures par exemple.
Par contre, le public n'est pas présent dans le paddock de travail. Ce qui, avec la popularité de Wang Yibo, se comprend et pourrait logiquement poser des problèmes de sécurité.
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