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Toyota aux 24 Heures du Mans, de la Tom's 85C à la TR010 Hybrid

WEC
24 Heures du Mans
9 jan. 2026 • 18:00
par
EI
En dévoilant la TR010 Hybrid, Toyota Racing perpétue une histoire commencée en proto et en Endurance aux 24 Heures du Mans en 1985, avec certains modèles des plus iconiques. Plongeon dans le passé.
© Toyota Racing WEC

Avec cinq victoires aux 24 Heures du Mans, Toyota Racing, nouvelle appellation du Toyota Gazoo Racing, possède un palmarès qui compte dans l'histoire de la classique mancelle.

 

Le constructeur japonais s'intercale aujourd'hui entre Bentley et Alfa Romeo, et devance des icônes du sport automobile comme Matra, Peugeot, Aston Martin ou BMW.

 

Un bilan comptable qui « pèse », sans oublier les titres mondiaux en WEC depuis l'arrivée de la firme d'Aichi en 2012 au moment du renouveau du Championnat du Monde d'Endurance (sept couronnes Constructeurs et six titres Pilotes).

 

Mais pour en arriver-là, Toyota a longtemps tourné autour du Graal que constituent les 24 Heures du Mans.

 

Les années 80, la découverte

 

Si Toyota était de la partie aux 24 Heures du Mans en tant que motoriste dans les années 70, c'est bien en 1985 que la première voiture Toyota débarque dans la Sarthe. Une décennie qui marque l'offensive nette des marques japonaises, comme en témoigne le début du programme Nismo.

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Avec le soutien de l'équipe Tom's, les 85C, développées par Dome et propulsées par un 4 cylindres turbo, sont les premières à affronter le double tour d'horloge. Avec une 12e place à la clé, les premiers pas sont encourageants. Suivront les 86C en 1986, mais aucune ne verra l'arrivée, avec des soucis de moteur et de turbo.

© Toyota Gazoo Racing

En 1987, Toyota Team Tom's aligne ses 87C. Les espoirs sont grands, d'autant que les protos japonais se montrent en verve dans les premières heures. Mais comme l'année précédente, la fiabilité n'est pas encore la force des Toyota, qui renoncent avant la sixième heure.

 

12e et 24e en 1988 avec les 88C-V, dont le châssis est désormais propulsé par un V8 bi-turbo, Toyota s'aligne sur l'ensemble de la saison 1989 du Championnat du Monde des Voitures de Sport pour pouvoir s'engager aux 24 Heures du Mans. 88C et 89C sont toutes deux de la partie dans la Sarthe, mais sans briller.

© Toyota Gazoo Racing

Tout près du but, une première fois ...

 

En 1990, Toyota s'offre son meilleur résultat en date, une sixième place pour la 90C-V de Geoff Lees, Masanori Sekiya et Hitoshi Ogawa ... derrière la première Nissan RC90. Absente en 1991, le temps de développer sa TS010 mue par un nouveau bloc V10, Toyota monte sur son premier podium en 1992 avec Masanori Sekiya, Pierre-Henri Raphanel et Kenny Acheson derrière la Peugeot 905 de Yannick Dalmas, Derek Warwick et Mark Blundell.

© Toyota Gazoo Racing

Comptant parmi les favoris en 1993, les Toyota ne peuvent contrer les 905 EVO qui signent un retentissant triplé. En 1994, avec un changement de règlementation, Toyota concentre ses efforts sur la 94C-V, descendante de la 92C-V et de la 93C-V, qui avaient couru en parallèle de la TS010. Mais Eddie Irvine, Mauro Martini, Jeff Krosnoff et Team SARD échouent une nouvelle fois à la deuxième place.

© Toyota Gazoo Racing

En 1995, le GT prend le relais pour la catégorie reine des 24 Heures du Mans et pousse Toyota à développer l'un de ses modèles phares : la Supra. La version GT-LM, répondant à la règlemention LM-GT1 ne rencontre pas la même réussite que les années précédentes. Ni en 1995, ni en 1996, les Supra ne se montrent en lice pour la victoire.

 

Le mythe GT-One

 

Il faut attendre 1998 pour retrouver Toyota dans la Sarthe. Et avec quelle voiture ! Mythe absolu pour beaucoup, la TS020, aussi connue sous le patronyme GT-One, débarque avec ses lignes et sa livrée restées dans toutes les mémoires et son V8 3,6 litres bi-turbo. Un temps aux commandes de la course, deux des trois TS020 lâchent prise sur un souci de transmission et un accident. La troisième voiture termine 9e. Douze mois plus tard, la GT-One, répondant désormais au règlement LMGTP avance en grande favorite.

© Toyota Gazoo Racing

Si deux TS020 sont éliminées sur des accidents, dont celui qui failli coûter la vie à Thierry Boutsen, la troisième voiture d'Ukyo Katayama, Keiichi Tsuchiya et Toshio Suzuki termine 2e après avoir entrevu la victoire avant une crevaison. Les années 2000 marquent une large pause dans le programme Endurance de Toyota. Tout comme le WRC est mis en sommeil après le dernier titre Constructeur en date ramené par les Corolla de Didier Auriol et Carlos Sainz, les 24 Heures du Mans sont mises de côté pour privilégier la F1.

© MPS Agency

Le crève-coeur de 2016

 

2012 marque le renouveau du Championnat du Monde d'Endurance et le retour de Toyota au plus haut niveau de la discipline. Pour cela, la marque japonaise, pionnière de l'hybridation de ses modèles routiers, profite d'un règlement faisant la part belle à ce mode de propulsion pour développer sa TS030 Hybrid, présentée au Paul Ricard en janvier 2012.

© EI / Julie Sueur

La première année ne marque pas de résultat majeur pour le proto LMP1, en 2013, la firme japonaise retrouve la deuxième place avec Anthony Davidson, Stéphane Sarrazin et Sébastien Buemi.

© MPS Agency / VSA

En 2014, l'évolution TS040 Hybrid compte parmi les favorites dans la Sarthe. Mais seule une 3e place vient conclure l'épreuve, avant que Toyota ne décroche les sacres Pilotes et Constructeurs en WEC.

© Toyota

C'est sans aucun doute la TS050 Hybrid qui approche le plus la première victoire de Toyota au Mans. Leader au moment d'entamer le dernier tour en 2016, la n°5 de Kazuki Nakajima s'arrête sur le côté de la piste. Crève-coeur absolu pour le clan Toyota et les hommes d'Hugues de Chaunac, Oreca jouant un rôle majeur dans le programme Endurance. Des images gravées dans la mémoire de tous.

 

© MPS Agency / VSA

La consécration

 

Il faut finalement attendre 2018 pour voir la première victoire de la marque d'Aichi. Si Audi et Porsche ne sont plus de la partie, Toyota réalise toutefois la course parfaite, et Sébastien Buemi, Fernando Alonso, venu de la F1 pour viser la Triple Couronne, et Kazuki Nakajima empochent les premiers lauriers de Toyota au Mans. Nakajima est le premier Japonais à gagner dans une voiture japonaise, alors que Toyota rejoint Mazda (1991 avec la 787B) au palmarès.

© Toyota

Les Japonais enchaîneront ensuite quatre autres victoires consécutives jusqu'en 2022, les deux dernières avec la nouvelle LMH GR010 Hybrid.

© MPS Agency

Depuis 2023, Toyota a toutefois cédé son trône sarthois à Ferrari, lauréate des trois dernières éditions avec sa 499P, sans que Toyota n'ait démérité, notamment en 2023 et 2024.

© MPS Agency

Avec l'arrivée de la TR010 Hybrid, Toyota Racing visera à égaler Bentley cette année. Paris ouverts ?

Commentaires (3)

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LedZeppelin

9 jan. 2026 • 22:37

Ce final 2016, entre la Toyota qui passe au ralenti et surtout de voir Fréderic Sausset sortir de la voie des stands pour boucler un dernier tour, ce fut beaucoup d'émotions.

Dom-San

9 jan. 2026 • 23:33

C'est terrible mais je lis ce résumé y a qu'une chose qui me vient en tête entre Toyota et Le Mans; l'éternel 2ème.

Et c'est pas les 5 victoires sans réelles concurrences qui me feront penser le contraire (sans minimiser ce qu'ils ont fait, une victoire reste une victoire, il faut quand-même aller les chercher).

PierreBid

9 jan. 2026 • 23:55

Deux faits marquant Toyota pour moi , la sortie de Boutsen en GTone au Dunlop en 1999.j'étais en face.
Et l'arrêt de Nakajima en 2016, j'étais dans la tribune Motul au virage Ford...un silence et la stupeur dans la tribune...

ah oui, une autre anecdote en 1993..le retour avorté d'une Ferrari au 24h(348lm) sortie au Warm up par Eddie Irvine et la magnifique TS010