Le Mans

Derek Bell, 85 ans et une vie au rythme de Porsche

24 Heures du Mans
31 oct. 2026 • 10:00
par
EI
Photo : Porsche

Derek Bell appartient à cette génération de pilotes qui ont contribué à écrire les grandes heures de l’endurance internationale au fil des décennies. Ce 31 octobre 2026, l’ancien pilote officiel Porsche célèbre son 85e anniversaire.

« Derek Bell incarne une époque où l’innovation technique et l’endurance humaine formaient un tout indissociable en sport automobile, souligne Thomas Laudenbach, directeur de Porsche Motorsport. Ses victoires, sa connaissance des voitures et son esprit d’équipe ont été précieux pour Porsche durant une période charnière de l’histoire du sport automobile. Nous le remercions pour cette contribution majeure à l’histoire de Porsche et lui adressons nos meilleurs vœux pour ses 85 ans. »

Derek Bell en 1970 avec Steve McQueen et les pilotes qui ont pris part au film Le Mans (photo : Porsche)

Précision, patience et sens de la distance

Derek Bell est né le 31 octobre 1941 à Pinner, dans la banlieue londonienne. Son parcours vers le sport automobile professionnel emprunte les chemins traditionnels : après ses débuts en compétition dans les courses de clubs britanniques, il passe par la Formule 3, puis la Formule 2.

On retrouve Derek Bell pour la première fois aux 24 Heures du Mans en 1970 au volant d'une Ferrari 512S partagée avec Ronnie Peterson (abandon sur accident). Ses premiers contacts avec Porsche remontent au début des années 1970, en endurance. En 1971, il dispute les 24 Heures du Mans au volant d'une Porsche 917 LH en compagnie de Jo Siffert, l'une des voitures de course les plus rapides de son époque, conçue pour atteindre des vitesses maximales dans les longues lignes droites du circuit de la Sarthe. Cette participation marque le début d'une histoire qui allait durer plusieurs décennies.

Photo : Porsche

Les années 956 et 962

Les années 1980 et l'ère du Groupe C constituent le cœur de son parcours avec Porsche. Les 956, puis 962, sont des prototypes qui inaugurent un nouvel équilibre entre aérodynamique, efficacité et stabilité. La 956 ouvre un nouveau chapitre de l'endurance. L'effet de sol et la technologie turbo permettent d'atteindre des vitesses de passage en courbe inédites.

La réglementation du Groupe C ne se concentre pas uniquement sur les performances, mais également sur la consommation de carburant. Les pilotes doivent donc trouver le juste équilibre entre vitesse et autonomie. Dans cet environnement, Bell s'impose comme l'un des grands spécialistes de l'endurance de sa génération.

Aux côtés de coéquipiers comme Jacky Ickx, Hans-Joachim Stuck et Al Holbert, il remporte de nombreuses courses et plusieurs titres. Son association avec Ickx est particulièrement marquante. Pendant plusieurs saisons, les deux hommes forment l'un des équipages les plus réguliers du sport automobile.

En 1985 et 1986, Derek Bell décroche le titre de champion du monde d'endurance. Il remporte également cinq fois les 24 Heures du Mans, dont quatre succès avec Porsche : en 1981 sur une Porsche 936, en 1982 avec la Porsche 956, puis en 1986 et 1987 au volant de la Porsche 962.

Photo : Porsche

Son talent sur les longues distances s'exprime également à Daytona. Il remporte les 24 Heures à trois reprises, en 1986, 1987 et 1989, à chaque fois avec une Porsche 962.

Un moment particulièrement fort de sa carrière chez Porsche reste le fait d'avoir partagé le volant avec son fils Justin. En 1992, Derek Bell, Justin Bell et Tiff Needell se relaient au volant d'une Porsche 962 C aux 24 Heures du Mans. Le trio termine l'épreuve à la 12e place.

Des souvenirs sans nostalgie, toujours liés à Porsche

Ses anciens coéquipiers et les ingénieurs qui ont travaillé avec lui décrivent régulièrement Derek Bell comme un homme calme, attentif et particulièrement accessible.

Klaus Ludwig, Hans-Joachim Stuck et Derek Bell (photo : Porsche)

Lorsqu'il évoque ses premières années au Mans, il aime raconter une anecdote précise de sa première participation avec Porsche, en 1971 : les 396 km/h atteints dans la ligne droite des Hunaudières. Plus tard, il comparera l'accélération de la 917 LH à celle d'un avion au moment du décollage.

Même après avoir mis un terme à sa carrière de pilote professionnel, Bell est resté très proche de Porsche. Lors des événements historiques, des interviews et des présentations, il aime raconter cette époque où ingénieurs, mécaniciens et pilotes travaillaient main dans la main pour trouver des solutions, souvent sous une pression considérable.

Photo : Porsche

Lors d'une réunion organisée il y a quelques années pour célébrer les 40 ans du Groupe C, Derek Bell avait résumé cette période en quelques mots : « Nous avons travaillé comme des fous. » Par ce « nous », il désignait l'ensemble des pilotes qui avaient évolué au volant des Porsche 956 et 962, qu'il considérait comme les voitures de course ultimes. À cette occasion, il faisait notamment référence à Jochen Mass, Hans-Joachim Stuck et Bernd Schneider.

Sa dernière apparition au Mans était en 1996 sur une McLaren F1 GTR LM aux couleurs Harrod's engagée par David Price Racing et partagée avec Olivier Grouillard et Andy Wallace (5e en GT1). Il compte seulement 7 abandons sur 26 départs. 

Aujourd'hui installé en Floride, Derek Bell peut regarder derrière lui une carrière qui a traversé plusieurs générations techniques de l'endurance, de la Porsche 917 du début des années 1970 aux prototypes du Groupe C des années 1980.

Photo : Porsche

 

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