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McLaren F1 GTR 10R : le prototype devenu légende à plus de 30 millions d'euros

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4 Aoû. 2026 • 12:00
par
EI
Photo : Alex Penfold / RM Sotheby's

Peu de voitures jouissent d'une aura comparable à celle de la McLaren F1. Trente ans après son apparition, la supercar imaginée par Gordon Murray demeure une référence absolue, aussi bien pour ses performances que pour sa philosophie. On a encore pu s'en rendre compte le mois dernier à l'occasion de l'événement Le Mans Classic Legend. 

À l'origine, la McLaren F1 n'avait jamais été pensée pour la compétition. Son architecture, son châssis en carbone et son V12 BMW de 6,1 litres lui ont toutefois permis de devenir une formidable base pour la course. Adaptée aux exigences du BPR, la F1 GTR reprenait une grande partie des éléments de la voiture de route, auxquels s'ajoutaient une aérodynamique spécifique, un imposant aileron arrière et des freins carbone-céramique. Neuf exemplaires furent construits pour la saison 1995.

Le châssis 01R, conservé par McLaren comme voiture de développement, entra immédiatement dans l'histoire en remportant les 24 Heures du Mans 1995 grâce à Yannick Dalmas, Masanori Sekiya et JJ Lehto. 

L'arrivée de véritables GT de compétition, comme la Porsche 911 GT1, contraint McLaren à faire évoluer sa voiture pour 1996. La nouvelle F1 GTR reçoit une aérodynamique profondément revue avec des élargisseurs d'ailes, un splitter plus agressif et une boîte de vitesses allégée grâce à un carter en magnésium. Au total, près de 40 kg sont gagnés par rapport au modèle victorieux au Mans.

Photo : Alex Penfold / RM Sotheby's

Considérée par de nombreux spécialistes comme la version la plus performante de toutes les F1 GTR, y compris devant la « Longtail » de 1997, cette évolution ne sera produite qu'à neuf exemplaires.

Le premier d'entre eux porte le numéro de châssis 10R et c'est d'ailleurs celui-ci qui sera à vendre aux enchères à Monterey samedi 15 août. 

Assemblé à Woking en décembre 1995, le châssis 10R devient le prototype de développement de la nouvelle génération. Comme le 01R avant lui, il reste dans le giron de McLaren afin de participer aux essais de mise au point.

Pilotée notamment par le vainqueur JJ Lehto, la voiture est utilisée lors des essais hivernaux à Magny-Cours avant de servir de vitrine technologique sur plusieurs manches BPR. Sa spectaculaire livrée rouge « Blood Red » agrémentée d'inscriptions jaunes « 96 GTR » devient rapidement sa signature visuelle.

Au printemps 1996, le châssis participe également aux essais des 24 Heures du Mans avant d'être engagé lors des pré-qualifications sous les couleurs de Kokusai Kaihatsu Racing avec David Brabham dans le baquet. 

Même si la voiture ne dispute finalement pas la course – McLaren préférant engager le châssis 11R –, cette apparition contribue à renforcer son statut de prototype officiel.

Après avoir rempli sa mission de développement, le châssis 10R quitte finalement McLaren pour rejoindre la collection de Nick Mason, batteur de Pink Floyd et passionné d'automobile reconnu.

En 1999, McLaren transforme directement la voiture pour un usage routier avant que Paul Lanzante n'effectue les dernières adaptations. Le choix est tout sauf anodin : Lanzante dirigeait l'équipe Kokusai Kaihatsu Racing lors de la victoire mancelle de 1995 et deviendra par la suite la référence mondiale en matière de restauration et de conversion des McLaren F1.

Photo : Alex Penfold / RM Sotheby's

Durant vingt-cinq ans, Nick Mason fait entretenir le châssis 10R exclusivement par Paul puis Dean Lanzante. Le musicien est réputé pour ne jamais avoir fait le moindre compromis sur son entretien, renvoyant systématiquement la voiture dans les ateliers Lanzante après chaque utilisation importante.

La McLaren apparaît régulièrement lors d'événements prestigieux tels que Rétromobile, le Goodwood Members' Meeting, le Festival of Speed ou encore les rassemblements du 106 Drivers Club.

Deux restaurations complètes sont réalisées après des sorties de piste, la dernière permettant au châssis de retrouver un état proche du neuf.

En 2024, après un quart de siècle de propriété, Nick Mason se sépare finalement de la voiture, désormais proposée à la vente. La rareté a un prix et pour acquérir ce châssis 10R, il faudra débourser au moins 30 millions d'euros. Avis aux amateurs... très fortunés. 

Photo : Alex Penfold / RM Sotheby's

 

 

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