In memoriam : Bob Tullius (1930-2026)
Le sport automobile a perdu l'une de ses figures américaines avec la disparition de Robert Charles Tullius, dit Bob Tullius, à l'âge de 95 ans.
Ancien membre de l'armée de l'air américaine, c'est en moto qu'il débute la compétition avant de passer sur quatre roues avec la marque Triumph au début des années 60. Tullius évolue ainsi en SCCA avec la firme et glane ses premiers titres, notamment avec la TR4. Il débute aux 24 Heures du Mans en 1964 sur une Triumph Spitfire qui terminera salement accidentée. Bob Tullius restera aussi comme l'un des pilotes de la Howmet TX au Mans en 1968, avant de revenir à deux reprises en Sarthe dans les années 80.
En 1965, le tournant majeur intervient avec la création de l'équipe Group 44, avec Dick Gilmartin, qui avait apporté le sponsoring de Quaker State et le mécanicien Brian Fuerstenau. Group 44 deviendra par la suite une entreprise de marketing et de préparation de voitures de sport.
Sous cette bannière, Tullius, avec le soutien de British Leyland (maison-mère de Triumph), poursuit sa carrière avec de nouveaux titres en SCCA avant une nouvelle étape majeure dans les années 70.
C'est en effet avec Jaguar que Bob Tullius va commencer à évoluer à compter de 1975. Toujours victorieux en SCCA, Tullius s'attaque aussi au Trans-Am (titre Category 1 en 1977 et 1978, avec la couronne Constructeurs pour Jaguar cette seconde année).
Sans pour autant lâcher les autres marques de British Leyland, puisqu'une victoire de classe aux 12 Heures de Sebring en 1980 avec une Triumph TR8 s'ajoute à son palmarès.
La suite logique ? L'IMSA et le GTP. La XJR-5 est lancée au début des années 80 et se montre elle aussi victorieuse face notamment aux Porsche 962. 10 victoires dans la catégorie viennent grossir son palmarès. Mais le grand fait d'armes de la période pour Bob Tullius reste le retour de Jaguar aux 24 Heures du Mans.
Alors cinq fois lauréate, la marque anglaise retrouve la Sarthe en 1984 avec la XJR-5, qui s'impose en GTP l'année suivante avec Tullius, associé à Claude Ballot-Léna et Chip Robinson. La Jaguar n°44 figurait d'ailleurs sur le poster officiel de l'édition 1985.
L’édition 1985 des 24 Heures du Mans est restée marquée par l’importance accordée à la consommation de carburant, une orientation qui déplaisait fortement à Bob Tullius. « Grâce à un ordinateur, nous avons analysé notre consommation en fonction de deux paramètres essentiels : la vitesse et le poids, expliquait-il à l’époque. Mais la technologie requise est beaucoup trop coûteuse. Seules les grandes équipes officielles peuvent se le permettre. De notre côté, nous travaillons avec des moyens de garagistes. Les équipes d'usine, elles, semblent désormais installées dans des laboratoires. »
Tullius adoptait également une réflexion plus large : « En Europe, la technologie est devenue une véritable institution. Aux États-Unis, nous privilégions le spectacle. Or, pour offrir un bon spectacle, il faut que les voitures ne soient jamais contraintes de ralentir. » Quatre décennies plus tard...
Par ailleurs, une rumeur circulait en 1985 au sujet d’une rivalité avec Tom Walkinshaw, qui prévoyait lui aussi d’engager des Jaguar XJR-5. Selon certains, ce conflit aurait empêché l’arrivée de certaines pièces en Angleterre, contraignant finalement Walkinshaw à renoncer à son projet.
Les premiers jalons avant le retour sur la plus haute marche du podium pour Jaguar en 1988 et 1990 avec les XJR-9 puis XJR-12.
Après l'ère Jaguar, Group 44 évoluera notamment avec Audi et Hurley Haywood en Trans-Am (titre en 1988). Group 44 comptera 14 titres et plus de 300 victoires dans les différentes séries disputées.
Un livre retraçant l'histoire de Group 44 doit sortir sous peu. Plus d'infos ICI.
La rédaction d'Endurance-Info adresse ses sincères condoléances à la famille et aux proches de Bob Tullius.
Commentaires (2)
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sergebellamy
18 Mar. 2026 • 9:18
Je souhaite un beau livre sur group 44,avec un peu de français en commentaires...
sergebellamy
18 Mar. 2026 • 9:20