Le Mans

La Peugeot 905 et la victoire au Mans : déjà 30 ans !

24 Heures du Mans
7 juin. 2022 • 8:00
par
lmercier
Il y a 30 ans, le Championnat du Monde d’Endurance alternait Sprint et Endurance. Trois décennies plus tard, on ne parle plus que de courses d’endurance qui s’apparentent à de véritables sprints longs. Alors qu’il va falloir patienter encore un an avant de voir la Peugeot 9X8 en découdre en Sarthe, la 905 partait pour la victoire aux 24 Heures du Mans 1992. Déjà 30 ans ! 

Pour la course de l’année, Peugeot Talbot Sport (oui à cette époque Talbot existait encore), devait modifier sa 905 pour aller chercher la couronne mancelle. Cinq points étaient travaillés par le constructeur français : 

 

- Aérodynamisme : suppression de la lame avant et braquage réduit de l’aileron arrière pour diminuer l’appui.

- Moteur : régime maxi abaissé de 2000 tours (12 800 tr/mn maxi) pour une meilleure fiabilité.

- Boîte de vitesses : la boîte était renforcée pour résister à la dureté de l’épreuve. 

- Pilotage : axé sur la régularité et la consommation en soignant particulièrement les changements de vitesse.

- Eclairage : imposé par la conduite de nuit, il entraîne l’installation de phares avec un équipement électrique renforcé. 

 

Contrairement à la 9X8 qui ne débutera qu’après les 24 Heures du Mans, Peugeot décida de faire rouler sa 905 au Mans dès 1991. La marque au Lion dévoilait les lignes de sa 905 le 8 février 1990 avant de disputer les deux dernières courses de fin de saison (Canada, Mexique). Quand on sait que le tout premier roulage a eu lieu le 25 juin 1990 à Monthléry, cela laisse rêveur sur le timing. 

 

En 1991, la participation avait pour but de découvrir l’événement pour emmagasiner de l’expérience. Entre novembre 1990 et juin 1991, pas moins de six tests d’endurance étaient bouclés.

 

Une organisation millimétrée a sans aucun doute permis à Peugeot se sortir vainqueur des 24 Heures du Mans 1992 grâce à la #1 de Yannick Dalmas, Derek Warwick et Mark Blundell, qui n’a plus quitté la tête depuis 17h35 avec comme seule alerte un changement de boîtier électronique le dimanche matin. 

 

L’organisation mise en place autour de Jean Todt a payé. L’homogénéité de l’équipage de la #1, les arrêts parfaits et une efficacité pneumatique ont été les éléments clés de cette victoire d’une voiture équipée d’un moteur atmosphérique, la dernière remontant à 1980 avec Jean Rondeau. 

 

Les trois pilotes ont décidé d’eux-mêmes de doubler les relais, ce qui permettait un gain de temps durant l’arrêt au stand, sans oublier une remise en action immédiate. Mark Blundell, le pilote rapporté pour l’occasion, s’est parfaitement acclimaté à Yannick Dalmas et Derek Warwick. 

 

L’équipe dans les stands a joué un rôle primordial dans ce succès avec un ballet impeccable. L’équipe a reconstruit la 905 d’Alain Ferté après un accrochage avec une Toyota. Il aura fallu seulement 42 minutes pour remplacer les deux demi-trains avant, les ailes, la face avant, le flanc gauche et le pare-brise. Lors de la défaillance du boîtier électronique constaté sur la #1 de tête, Peugeot a vite compris que ce n’était pas grave. Tout s’est fait sans précipitation. 

 

Le troisième élément clé de la victoire est l’efficacité pneumatique. La collaboration avec Michelin a permis à Peugeot de profiter de la supériorité des gommes ‘pluie’. Les Goodyear des Toyota ne pouvaient pas rivaliser sous la pluie. 

 

Sous le damier, la Peugeot #1 devançait de 6 tours la Toyota TS010 #33. La dernière marche du podium revenait à la Peugeot 905 de Mauro Baldi, Philippe Alliot et Jean-Pierre Jabouille. Le moteur a causé bien des déboires à la 905 #31 d’Alain Ferté, Karl Wendlinger et Eric dan de Poele qui n’a pas vu l’arrivée.

Commentaires (4)

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vvf36

7 juin. 2022 • 10:57

1992/1993 fut des années charnières pour les 24h avec la fin du Groupe C: c'était soit l'indépendance de l'épreuve face a la FIA (merci Bernie) soit la mort des 24h.
Pour notre plus grand plaisir, ils ont survécu et nous sommes là, aussi, trente ans plus tard.

Tique

7 juin. 2022 • 10:21

Et déjà une "BOP" hyper favorable des sport 3.5 versus les groupes C pour être sure. Une époque très amère oui.

jules.spitz@gmx.net

7 juin. 2022 • 9:34

Les Jaguar victorieuses en 88 et 90 avaient un moteur turbo?
Moi qui croyait que leurs V12 étaient atmosphériques... *lol*

Cabrelbeuk

7 juin. 2022 • 8:49

Période étrange, bonheur teinté d'amertume devant la mort sur WSC et de la quasi fin de l'endurance (que l'ACO a réussi a faire survivre).