Team Virage accélère sur tous les fronts
De retour en European Le Mans Series en LMP2 après une année d’absence, Team Virage a retrouvé sa place parmi les équipes capables de se battre aux avant-postes sous la bannière Rossa Racing by Virage. Avec un premier podium à la clé et une saison encourageante malgré une concurrence relevée, la structure dirigée par Julien Gerbi et Philippe Gautheron entend poursuivre sur cette lancée.
Entre ambitions en LMP3, développement de jeunes pilotes, programmes déjà bien avancés pour la saison prochaine et réflexion sur la future réglementation LMP2 de 2028, l’équipe espagnole est bien occupée. Avant la finale European Le Mans Series, Julien Gerbi s'est entretenu avec Endurance-Info.
Quel bilan tirez-vous de votre retour en LMP2 cette saison ?
Le bilan est très positif. Après trois saisons complètes en ELMS, nous avions fait une pause d’un an dans cette catégorie. Ces saisons avaient parfois été frustrantes, et nous avions envie de revenir dans de meilleures conditions. Cette saison, nous avons franchi un cap en décrochant notre premier podium. Nous avons également réussi à nous battre avec le groupe des huit voitures capables de jouer le championnat.
Il faut aussi souligner que nous étions la seule équipe à aligner un équipage composé de deux pilotes Silver et d’un pilote Bronze. Dans ce contexte, parvenir à rivaliser avec des structures disposant d’équipages différents est une satisfaction. Cela confirme que nous avons le potentiel pour poursuivre notre progression.
L’objectif est donc de poursuivre en LMP2 la saison prochaine ?
Oui, nous allons déposer une candidature pour continuer en ELMS dans la classe Pro-Am. Notre équipage est déjà quasiment constitué et nous disposons d’une base solide. Nous voulons capitaliser sur ce que nous avons construit cette année et continuer à progresser.
Les 24 Heures du Mans font-elles partie de vos discussions ?
C’est évidemment un sujet que nous abordons en interne. Le Mans reste une échéance importante, mais notre priorité est de nous consolider en LMP2 en ELMS. Nous devons continuer à construire notre programme et à démontrer notre capacité à être compétitifs. Nous étudierons ensuite les possibilités de présenter un dossier pour les 24 Heures du Mans.
En LMP3, votre saison est plus frustrante après deux années de progression au championnat. Comment l’expliquez-vous ?
Nous avions terminé troisièmes du championnat en 2024, puis deuxièmes en 2025. Nous voulions continuer sur cette dynamique, mais les résultats de cette saison n'ont pas toujours reflété notre potentiel.
À Barcelone, nous avons terminé cinquièmes. Au Paul Ricard, notre stratégie décalée nous avait permis de nous retrouver en position de jouer la victoire, avant qu'une GT ne percute notre voiture en fin de course. À Imola, nous avons obtenu une troisième place. À Spa, nous visions également le podium, mais un nouvel accrochage avec une GT nous a fait perdre beaucoup de temps. Après un passage dans le bac et un tour perdu, nous avons réussi à remonter jusqu’à la cinquième place. Nous avons donc montré que nous pouvions jouer devant, mais plusieurs circonstances nous ont empêchés de concrétiser davantage.
Malgré ces incidents, le fonctionnement opérationnel de l’équipe semble avoir été un point fort.
C’est effectivement une grande satisfaction. Nous n’avons pas rencontré de problème technique majeur et nos ravitaillements se sont déroulés sans erreur. Le travail réalisé par l’équipe aux stands a été impeccable. Dans une catégorie aussi disputée, chaque détail compte. Nous devons conserver cette qualité d’exécution tout en continuant à travailler sur la performance globale.
Quel est l’objectif pour la prochaine saison en LMP3 ?
Nous voulons jouer le titre ELMS. C’est un objectif important, car le championnat offre également la possibilité de décrocher une invitation automatique aux 24 Heures du Mans. Nous savons que la concurrence sera forte, mais nous avons montré que nous avions les moyens de nous battre aux avant-postes. Il faut maintenant parvenir à transformer ce potentiel en résultats.
Vous semblez avoir pris de l’avance dans la préparation de la saison prochaine. Où en êtes-vous de vos différents programmes ?
Nous sommes dans une situation assez inédite pour nous : les programmes et les équipages se mettent en place très tôt. En ELMS, nous prévoyons une voiture en LMP2 Pro-Am et une en LMP3. En Michelin Le Mans Cup, une LMP3 est déjà signée, avec la possibilité d’en ajouter une deuxième en fonction de la demande et des places disponibles.
Nous poursuivons également notre programme en Ligier JS P4, avec une voiture déjà confirmée et deux autres en cours de finalisation. En Asian Le Mans Series, nous prévoyons une LMP3 avec un équipage composé de deux pilotes Silver, ainsi qu’une LMP2. Cette visibilité nous permet de préparer les programmes dans de bonnes conditions, aussi bien sur le plan sportif qu’au niveau de l’organisation et de la constitution des équipages.
Concernant la Michelin Le Mans Cup, pouvez-vous préciser le rôle des voitures engagées sous les différentes structures ?
La voiture n°16 d’Ajith Kumar était managée par notre équipe. En revanche, la n°36 d’Ajith Redant Racing, confiée à Karthikeyan et Patel, n’appartient pas à Team Virage. Nous avons apporté un soutien ponctuel à ce programme, mais il est important de distinguer les deux engagements.
Nous poursuivons par ailleurs notre collaboration avec Bretton Racing, en Ligier JS P4 et en LMP3. L’idée est notamment de permettre à des pilotes de progresser et d’évoluer dans un environnement qu’ils connaissent déjà. Ici à Portimão, cela représente un staff de 65 personnes.
La prochaine grande échéance technique en LMP2 est fixée à 2028, avec une nouvelle réglementation. Comment l’abordez-vous ?
Nous anticipons déjà cette échéance avec l’ambition d’aligner au moins une voiture neuve lorsque la nouvelle réglementation entrera en vigueur. C’est un sujet important, car un changement de génération représente toujours un moment stratégique pour une équipe. Nous étudions les propositions des deux constructeurs, ORECA et Ligier. Nous entretenons de très bonnes relations avec les deux et aucune décision n’a encore été prise.
Ligier reste-t-il une option privilégiée compte tenu de vos engagements en LMP3 ?
Nous avons une grande confiance dans Ligier, notamment grâce à notre expérience avec la LMP3. Nous connaissons le constructeur et nous avons une relation de travail solide. Mais nous devons aussi prendre en compte l’évolution du marché et les caractéristiques des différentes propositions.
L’arrivée de la nouvelle réglementation pourrait rebattre certaines cartes, avec de nouvelles équipes susceptibles de rejoindre la catégorie. Nous devons donc étudier l’ensemble des paramètres avant de prendre une décision. L’objectif est de faire le bon choix pour l’avenir de Team Virage.
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