Gunnar Jeannette : « Gagner Suzuka est une étape majeure pour AO Racing »
AO Racing a réalisé un coup de maître en remportant les 1000 km de Suzuka dans le cadre de l'Intercontinental GT Challenge. La Porsche 911 GT3 R EVO / AO by Absolute de Laurin Heinrich, Alessio Picariello et Julien Andlauer est venue à bout de la concurrence pour remporter son premier succès en Asie.
La Porsche a fait le show autant sur la piste qu'en dehors avec sa livrée Bushi Rex qui a cartonné au niveau des produits dérivés. Cette collaboration avec Absolute Racing va-t-elle en appeler d'autres ? Sans répondre franchement à la question, Gunnar Jeannette a laissé entendre qu'une participation à la Coupe du Monde FIA GT à Macao était dans les cartons. En attendant d'en savoir plus, le maître d'oeuvre de AO Racing est revenu sur l'importance de la victoire aux 1000 km de Suzuka.
Comment s’est construite cette idée de venir rouler à Suzuka avec Absolute Racing ?
Nous sommes encore une organisation relativement jeune, qui court principalement aux États-Unis et, depuis deux ans, également en Europe. Nous avons notamment connu un certain succès au Mans en LMP2. Avec AO Racing, nous faisons aussi les choses un peu différemment, notamment autour des personnages, des voitures et de leur histoire. Nous avons développé un public assez important, ainsi qu'une activité autour des produits dérivés, des jouets et de tout ce qui contribue à financer une partie de notre programme.
Vous avez constaté la présence de fans en Asie ?
Au cours des deux dernières années, nous avons constaté un très fort intérêt pour nos voitures et pour ce que nous faisons sur les marchés asiatiques, notamment en Chine et au Japon. Nous avions déjà couru à Fuji en WEC en 2023 et vécu une expérience absolument formidable. L’an dernier, certains membres de notre équipe, dont Laurin [Heinrich], ont participé aux 10 Heures de Suzuka. Ils sont revenus avec beaucoup de bonnes histoires et de très bons souvenirs. C’est vraiment à partir de là que Suzuka est apparu sur notre radar et que nous avons commencé à étudier la possibilité d’y participer cette année.
Nous avons d’abord contacté Volker Holzmeyer, le patron de Porsche Motorsport North America, pour avoir son avis. Il nous a ensuite mis en relation avec Porsche Motorsport Asia Pacific, notamment Alex Gibot et Hari Kalsia. Nous avons eu de très bonnes discussions, qui ont finalement conduit à notre mise en relation avec Fabien Fior et Absolute Racing.
Que représente une telle victoire pour une équipe comme la vôtre, notamment dans le cadre de vos relations avec Porsche ?
Notre relation avec Porsche remonte aux débuts de l’équipe, d’abord en GTD, puis immédiatement en GTD Pro, ainsi qu’en WEC lors de la dernière saison du GTE. Mais mon lien personnel avec Porsche remonte à bien plus loin. C’est toute ma vie. Mon père restaure des voitures de course Porsche et a également été chef d’équipe pour la marque, en travaillant notamment avec des pilotes comme Bob Wollek, Derek Bell, Brian Redman et beaucoup d’autres. C’est donc quelque chose qui coule dans mes veines. Pour l’équipe, c’est un moment très spécial puisqu’il s’agit de notre première victoire au classement général en GT.
Gagner au général reste un sentiment différent...
Parmi les grandes victoires que nous avons remportées avec notre programme GT, celle des 12 Heures de Sebring occupe évidemment une place particulière. Mais gagner au classement général une course aussi emblématique que Suzuka est, à mes yeux, encore plus marquant qu’une victoire de catégorie à Sebring. C’est assurément une étape majeure pour notre équipe. Et c’est formidable d’avoir accompli cela avec Absolute Racing et Porsche Motorsport Asia Pacific, de la manière dont cela s’est passé.
Que retenez-vous de cette relation avec Absolute Racing et PMAP ?
Ce n’est pas un projet que nous avons passé des années à construire en interne. C’était la première course de ce partenariat. C’est absolument incroyable et cela en dit long sur Porsche Motorsport Asia Pacific, sur Absolute Racing et sur ce que Fabien a réussi à mettre en place avec l’équipe. Nous sommes arrivés avec des ingénieurs et des pilotes avec lesquels nous avions déjà travaillé, ainsi qu’une voiture et un équipement de tout premier plan. Et nous avons finalement remporté l’une des courses d’endurance GT les plus prestigieuses au monde. Pour moi et pour toute notre organisation, cela en dit énormément.
Comme nous l’avons évoqué, cela nous enthousiasme aussi beaucoup quant aux projets que nous pourrions mener ensemble à l’avenir. Cette course et le programme de cette année constituaient, en quelque sorte, une première incursion pour voir s’il existait un potentiel de développement autour d’un partenariat et de nouvelles courses dans la région.
Avez-vous des ambitions plus larges pour courir en Asie dans les années à venir, au-delà de la simple défense de votre titre l’an prochain ?
Oui, tout à fait. Pour nous, et si l’on revient à l’image globale de la marque AO Racing, l’Asie représente un marché en plein essor, aussi bien dans l’automobile que dans la compétition. L’engouement des fans pour des livrées originales et attrayantes, mais aussi pour les histoires qui les accompagnent, nous offre de belles perspectives de développement dans cette région. J’ai toujours suivi de près le championnat GT japonais. Je ne me suis encore jamais rendu sur place pour assister à une course, mais je les regarde régulièrement. C’est donc certainement un sujet que nous aborderons sous peu.
Disputeriez-vous un éventuel programme sous les couleurs d’AO Racing ou privilégieriez-vous une association avec une autre équipe, comme c’est le cas avec Absolute Racing ?
Fabien et moi n’avons pas encore vraiment discuté de cette question dans le détail. Mais pour nous, compte tenu de la taille actuelle de notre organisation, il est parfaitement logique de travailler avec des partenaires qui disposent déjà de ressources et de compétences reconnues dans la région. C’est assez similaire à la manière dont nous gérons notre programme en ELMS et au Mans ces dernières années avec TF Sport. Ils ont une longue expérience de ces championnats et disposent de toutes les connaissances nécessaires.
J’apprécie aussi beaucoup de travailler avec des chefs d’équipe qui partagent notre état d’esprit et notre manière de fonctionner. Trouver des équipes et des personnes sur lesquelles nous pouvons compter, avec lesquelles nous avons plaisir à travailler et avec qui nous pouvons construire quelque chose ensemble, est donc extrêmement important pour nous.
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