LM Cup / IMSA

Éric Debard : « J’ai tout de suite vu quelque chose chez Jules Caranta »

Michelin Le Mans Cup
IMSA
1 oct. 2026 • 10:00
par
Laurent Mercier
Jules Caranta s'élancera depuis la pole des deux manches IMSA VP SportsCar Challenge à Road Atlanta. Le Français, soutenu par la Duqueine Academy by Debard Automobiles, peut compter sur le soutien d'Eric Debard pour aller de l'avant.
Photo : Forbush Performance

Jules Caranta est l’une des révélations de la saison en LMP3. À seulement 18 ans, le jeune pilote brille aussi bien en Michelin Le Mans Cup qu’aux États-Unis, dans le championnat labellisé IMSA. 

Ce week-end, le natif de St-Tropez sera seul en piste au volant de la Duqueine D09 LMP3 / Forbush Performance à Road Atlanta en marque du Petit Le Mans dans la série VP Racing SportsCar Challenge. De quoi se faire remarquer parmi les équipes présentes en IMSA, qui plus est avec deux poles à son actif. 

Photo : Forbush Performance

Sur les deux championnats, une Duqueine D09 LMP3 lui sert de monture. Une situation qui n’a rien d’anodin puisqu’il est le premier pensionnaire de la Duqueine Academy by Debard Automobiles.

Entre Jules Caranta et Éric Debard, pilote aux multiples facettes et entrepreneur engagé en sport automobile, le courant est immédiatement passé. Pour Endurance-Info, Éric Debard revient sur sa rencontre avec le jeune talent et sur la genèse d’une filière appelée à accompagner de nouveaux espoirs.

Photo : DR

Comment avez-vous découvert le jeune pilote Jules Caranta ?

J’ai repéré Jules en 2022, lors des FIA Motorsport Games sur le Circuit Paul Ricard. Il avait également attiré l’attention de Helmut Marko, qui l’a ensuite intégré à la filière Red Bull, où il est resté jusqu’à la fin de la saison 2025. Jules fait partie des quatre pilotes qui ont quitté le giron Red Bull à cette période.

Photo : DR

Qu’est-ce qui vous avait particulièrement marqué lors de cette compétition ?

Jules dominait la course et devait s’imposer, mais un fait de course a permis à un pilote brésilien de revenir dans la bataille. Jules a franchi la ligne en tête, avant d’être finalement pénalisé et privé de la victoire. Mais ce n’est pas tant le résultat qui m’a marqué que son comportement. Il n’avait que 14 ans et, au lieu de se plaindre ou de contester, il est allé féliciter son adversaire. J’ai été impressionné par sa maturité et par l’éducation qu’il avait reçue de ses parents. À ce moment-là, je lui ai promis que, le jour où il passerait du karting au sport automobile, je serais là pour l’aider.

Photo : DR

Quel a été son parcours en 2023 et 2024 ?

Jules a poursuivi sa carrière en karting en 2023 avant de passer en Formule 4 en 2024. Il m’a alors recontacté et j’ai tenu la promesse que je lui avais faite en lui apportant un soutien financier. Il a ensuite disputé l’Eurocup-3, où il s’est montré très rapide. Malheureusement, plusieurs problèmes mécaniques l’ont privé de résultats et il a abandonné près de la moitié des courses.

Photo : DR

La catégorie LMP3 était-elle la suite logique ?

J’estimais que la filière monoplace de haut niveau était devenue inaccessible à beaucoup de pilotes, car elle nécessite des budgets colossaux. La catégorie LMP3 offre, à mes yeux, de véritables possibilités de construire une carrière et, à terme, de vivre du sport automobile. Les essais hivernaux de Jules ont été très concluants et plusieurs équipes étaient intéressées par son profil. C’est alors que Gilles Duqueine nous a proposé de le faire rouler en LMP3 en France.

 

C’est de là qu’est née la filière Duqueine Academy by Debard Automobiles ?

J’ai accepté de fournir le budget nécessaire à la mise en place d’une véritable filière destinée aux jeunes pilotes, avec un retour marketing suffisant pour justifier mon engagement. L’idée n’était pas simplement de financer Jules, mais bien de construire une véritable filière autour de jeunes talents et de leur offrir une possibilité de progresser dans le sport automobile.

Photo : MPS Agency

Comment s’est concrétisée l’opportunité de courir aux États-Unis ?

Un client américain souhaitait acheter une LMP3. Duqueine Automotive, par l’intermédiaire de Sébastien Breuil, lui a proposé d’intégrer Jules afin qu’il puisse l’aider à prendre en main la voiture et à la régler. Le client a accepté et Jules est parti disputer deux courses aux États-Unis, dont une qu’il a disputée seul. L’expérience a été suffisamment concluante pour que la collaboration se poursuive.

Photo : Forbush Performance

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