Présent et avenir d'Origine Motorsport avec Ray Li
À la tête d’Origine Motorsport qui a pris le relais de R&B Racing, Ray Li accompagne depuis plusieurs années la montée en puissance de la structure chinoise sur la scène GT asiatique et au-delà. Engagée notamment en GT World Challenge Asia et en China GT, l’équipe s’est imposée comme l’une des références de la région en Porsche. Entre développement du marché chinois, soutien de Porsche Motorsport Asia Pacific et ambitions internationales, Ray Li s'est entretenu avec Endurance-Info pour parler du développement de l'équipe et des plans futurs.
Quel est votre regard sur le China GT ?
Le China GT se développe très rapidement. L’année dernière encore, la grille était relativement réduite, alors que cette saison, nous voyons arriver de nombreux constructeurs et des pilotes de très haut niveau, aussi bien des Platinum que des Gold.
Le championnat est encore jeune, mais son niveau progresse très vite. Nous avons remporté beaucoup de courses ces dernières années, mais la situation évolue. La concurrence devient de plus en plus forte et il faut désormais être beaucoup mieux préparé pour gagner.
Quel bilan tirez-vous du meeting de Shanghai ?
C’est toujours positif de voir le niveau de compétition augmenter, particulièrement lors de nos courses à domicile. Lors de la course 1, nous avons toutefois été assez déçus car nous manquions de vitesse par rapport à la Ferrari. Nous avions une opportunité de reprendre la tête dans la deuxième partie de la course, mais celle-ci a malheureusement été interrompue après un accident. Heureusement, le pilote a pu être extrait de son habitacle. Après un accident aussi impressionnant, c’était évidemment le plus important. Nous avons donc manqué une occasion de nous battre pour la victoire. Sur la course 2, il y avait là aussi un bon coup à jouer mais une pénalité de 5'' après l'arrivée n'a pas permis de conserver notre victoire.
À quel point la présence de pilotes européens a-t-elle été importante dans la construction et le développement de l’équipe ?
C’est une véritable opportunité pour nous, notamment grâce au soutien de Porsche Motorsport Asia Pacific. Dès la création de l’équipe, Porsche nous a envoyé certains de ses meilleurs pilotes. Leur expérience de la catégorie GT3 nous a énormément aidés. Ils savaient exactement ce qui fonctionnait et ce qui ne fonctionnait pas, et cela nous a permis de gagner beaucoup de temps dans la recherche des bons réglages.
Aujourd’hui, nous avons beaucoup plus d’expérience et nous maîtrisons mieux la voiture. Mais au début de notre aventure, leurs conseils nous ont permis d’éviter beaucoup de détours. C’était extrêmement important pour une jeune équipe comme la nôtre.
Porsche Motorsport Asia Pacific est-il donc un partenaire déterminant pour Origine Motorsport ?
Absolument. Nous travaillons ensemble depuis de nombreuses années et leur soutien a toujours été très important. Grâce à cette collaboration, nous avons obtenu de très bons résultats en Asie, notamment en GT World Challenge Asia. C’est une relation que nous apprécions énormément et qui a joué un rôle important dans notre développement.
Quels sont vos projets pour la saison prochaine ?
Nous allons poursuivre notre engagement en GT World Challenge Asia. Nous avons déjà remporté le championnat pilotes à deux reprises et le championnat équipes à trois reprises. Cette saison encore, nous sommes en tête du classement pilotes et notre objectif est évidemment de sécuriser le titre.
Nous reviendrons ensuite l’année prochaine avec la même ambition. Pour le China GT, nous prévoyons également de poursuivre notre programme au moins une saison supplémentaire.
Peut-on imaginer Origine Motorsport avec un programme à plein temps en Europe ?
Pas vraiment, principalement pour des raisons économiques et logistiques. La majorité de notre personnel est basée en Asie, ce qui est beaucoup plus efficace financièrement. C’est également un avantage pour travailler avec nos clients chinois, dont certains ne parlent pas couramment anglais. S’installer en Europe entraînerait des coûts beaucoup plus importants que pour une structure européenne déjà implantée localement.
Ce n’est absolument pas une question de peur du défi. Nous affrontons déjà de grandes équipes en Asian Le Mans Series. Mais engager toute notre structure à 100 % en Europe ne serait pas rationnel économiquement.
Est-ce encore plus compliqué avec l'Asian Le Mans Series qui sera une série européenne cet hiver ?
Oui, et c’est probablement pour cette raison que nous n’y participerons pas l'hiver prochain. Lorsque certaines épreuves se déroulaient au Moyen-Orient, la situation était différente. Les coûts de transport étaient relativement équilibrés puisque la région se trouvait à mi-chemin pour les équipes européennes et asiatiques. Aujourd’hui, transporter notre matériel et notre personnel jusqu’en Europe représente une contrainte beaucoup plus importante, aussi bien en termes de temps que de logistique.
La Coupe du Monde FIA GT à Macao fait-elle partie de vos projets ?
Pas cette année, mais peut-être l’année prochaine. Cette saison, certains de nos sponsors nous ont contactés trop tard alors que les inscriptions pour la Coupe du Monde fermaient très tôt. Nous avons donc manqué l'occasion. L’année prochaine, nous commencerons les discussions beaucoup plus tôt avec nos partenaires afin de pouvoir prendre une décision et nous inscrire dans les délais.
Les 24 Heures du Mans constituent-elles toujours un objectif pour Origine Motorsport ?
Notre engagement en Asian Le Mans Series avait précisément pour objectif ultime d'obtenir une invitation pour les 24 Heures du Mans. Nous avons tenté l’expérience pendant deux saisons. La première année, nous avions sous-estimé le niveau de la compétition et nous manquions également de préparation spécifique aux courses d’endurance, notamment dans l’exploitation des pneumatiques Michelin.
La deuxième année, nous étions beaucoup mieux préparés, mais nous avons manqué de réussite face à des adversaires très solides. Avec l’évolution de la série vers un championnat hivernal lié à l’European Le Mans Series et la blessure de notre pilote Yuan Bo, nous avons finalement préféré attendre une année.
Mais ce projet n’est pas abandonné. À l’avenir, nous retenterons notre chance. Nous pourrions également envisager un engagement complet en WEC, ce qui nous permettrait de viser directement une participation aux 24 Heures du Mans.
Et les 24 Heures de Spa ?
Nous avons déjà participé deux fois aux 24 Heures de Spa en accompagnant certains de nos pilotes au sein d’équipes européennes. Engager notre propre structure pour une seule course est toutefois très coûteux, notamment en raison du fret. Pour le moment, nous préférons donc envisager d’autres grandes épreuves internationales. Bathurst et Suzuka font notamment partie des courses auxquelles nous aimerions participer à plus court terme.
Notre ambition est de continuer à nous développer en Asie tout en trouvant progressivement les bonnes opportunités pour nous mesurer aux meilleures équipes internationales.
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