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Alex Imperatori : « Il fallait redonner de la stabilité à la Porsche Carrera Cup Japan »

18 Sep. 2026 • 8:00
par
Laurent Mercier, à Suzuka

Créé en 2001, le championnat Porsche Carrera Cup Japan connaît un nouveau souffle cette saison. Reprise en main par Porsche Motorsport Asia Pacific avec à sa tête Alexandre Imperatori, la série dispose pour la dernière année de la version 992. 

Le calendrier alléchant offre la possibilité de rouler en marge de la Formule 1, de la Super Formula, de l'Intercontinental GT Challenge et du WEC. La Porsche Carrera Cup Japan est appelée à prendre de l'ampleur dans les années à venir grâce à l'appui de PMAP. Avant la finale de Fuji en marge du WEC, Alexandre Imperatori a échangé avec Endurance-Info sur la reprise de la Porsche Carrera Cup Japan. 

Alex Imperatori avec Alessio Picariello en PCCA

Quel bilan tirez-vous de cette saison Porsche Carrera Cup Japan ? Peut-on parler d’une année 2026 de remise en ordre ?

La saison est assez particulière et forcément compliquée, car le marché japonais fonctionne différemment de l’Europe ou de la Chine. Il a fallu comprendre certaines spécificités locales et surtout s’adapter rapidement pour remettre la Carrera Cup Japan sur de bons rails. Le championnat traversait une période qui n’était pas forcément la meilleure de son histoire. Nous avons donc travaillé sur plusieurs aspects, que ce soit la qualité générale du championnat, le fonctionnement du paddock ou encore la direction de course. Seiji Ara et Joao Paulo de Oliveira travaillent à nos côtés. 

La Carrera Cup Japan était auparavant gérée par un promoteur extérieur à Porsche ?

La Cup Japan était auparavant confiée à un promoteur totalement externe à Porsche. Le fait de pouvoir désormais s’appuyer sur des personnes reconnues et respectées dans le paddock permet d’apporter davantage de crédibilité au championnat et de stabilité dans son fonctionnement.

 

Le contrôle technique a également fait l’objet d’un important travail ?

Nous avons beaucoup renforcé le niveau d’exigence du contrôle technique. Cela est passé par un investissement dans le matériel et l’outillage, mais aussi par la formation de l’équipe locale. Des spécialistes européens qui travaillent notamment sur la Supercup, la Carrera Cup Allemagne ou la Carrera Cup Asia sont venus au début de l’année afin de former les personnes présentes au Japon et de remettre l’organisation technique au niveau attendu.

 

Lorsque vous avez repris le projet, quelles ont été les principales difficultés ?

Nous avons repris le projet assez tard, à la fin de l’année 2025. À ce moment-là, une grande partie de la grille était déjà constituée. Il était donc difficile de convaincre immédiatement les équipes et les pilotes de nous suivre, car nous devions d’abord leur montrer concrètement l’impact des changements que nous voulions mettre en place. Beaucoup ont préféré attendre et voir les résultats avant de prendre une décision.

Peut-on désormais considérer la Carrera Cup Japan comme étant au niveau de la Carrera Cup Asia ?

Pas encore. La structure que nous avons reconstruite est encore trop jeune pour pouvoir prétendre être au même niveau que la Carrera Cup Asia ou la Supercup. Il reste du travail à accomplir. 

 

Cette équipe est-elle essentiellement locale ?

Elle est entièrement japonaise. C’est quelque chose d’important pour nous, car pour travailler efficacement au Japon, il faut maîtriser la langue mais aussi comprendre la culture et la manière de fonctionner localement. On ne peut pas simplement arriver avec une méthode européenne et penser qu’elle va fonctionner de la même façon ici.

 

L’arrivée de la nouvelle 911 GT3 Cup 992.2 peut-elle constituer un véritable tournant ?

Oui, clairement. L’arrivée de la nouvelle voiture la saison prochaine devrait créer un véritable déclic. Nous avons d’ailleurs la chance de présenter physiquement la nouvelle 992 GT3 Cup au Japon ce week-end, dans notre espace d’hospitalité. C’est un moment important, car cela permet aux équipes et aux pilotes de découvrir concrètement la voiture.

Quels sont vos objectifs en matière de grille pour la saison prochaine ?

Les premiers retours depuis l’ouverture des ventes de la nouvelle voiture sont très positifs. Nous avons de bonnes raisons d’être optimistes. L’objectif est clairement d'avoir au moins 20 voitures sur la grille. Ce serait une étape importante pour le championnat.

 

Le calendrier actuel de la Carrera Cup Japan est aussi un atout ?

Il est vraiment attractif. Nous avons deux rendez-vous à Fuji, deux à Suzuka, ainsi que des épreuves à Okayama et Sugo. Surtout, nous sommes intégrés à des événements majeurs du calendrier japonais et international, avec notamment la Formule 1, le WEC, la Super Formula ou encore l’IGTC. C’est une excellente vitrine pour le championnat.

 

Avez-vous envisagé d'organiser des courses à l’étranger, comme d'autres Carrera Cup ?

Ce n’est pas quelque chose qui est prévu actuellement. Organiser une course en dehors du Japon représente des coûts importants, aussi bien pour l’organisation que pour les équipes. À ce stade, nous préférons donc nous concentrer sur le développement du championnat au Japon.

 

La Carrera Cup Japan est-elle réellement ouverte à l’arrivée de pilotes européens ou internationaux ?

Absolument. Il existait peut-être auparavant l’idée que les Japonais n’étaient pas forcément favorables à la présence de pilotes étrangers, mais les retours que nous avons aujourd’hui de la part des acteurs locaux sont très positifs. Lors de la manche disputée avec la Formule 1 à Suzuka, nous avions même une grille qui était proche de la parité entre pilotes japonais et internationaux.

Pour nous, le plus important reste le niveau de pilotage et le comportement en piste. Il faut que les pilotes roulent proprement et évitent les accrochages. Si ces conditions sont réunies, leur nationalité n’est pas un problème.

Comment les pilotes japonais accueillent-ils la présence de pilotes expérimentés comme Robert De Haan ?

Dans la catégorie Pro, les pilotes japonais apprécient justement de pouvoir se mesurer à des références internationales. Cela leur permet de progresser et de se comparer directement à des pilotes ayant une expérience différente. La principale interrogation concernait davantage la catégorie Am, mais finalement l’intégration s’est faite de manière très naturelle.

 

Que vont devenir les voitures de l’actuelle génération de Cup la saison prochaine ?

Elles ne rouleront plus dans la Carrera Cup Japan, mais elles pourront continuer à être utilisées dans le Porsche Sprint Challenge Japan.

 

Quelle est la philosophie de ce championnat ?

Le Sprint Challenge Japan est davantage destiné aux pilotes amateurs qui disposent de peu de temps. Les meetings sont organisés sur une seule journée, en plus des essais, avec des formats de course plus courts. Cela permet de proposer une formule beaucoup plus accessible à ceux qui ne peuvent pas consacrer un week-end complet à la compétition.

 

Quel rôle joue aujourd’hui le programme de détection des jeunes pilotes ?

Nous avons fait évoluer l'ancien programme junior vers un Talent Pool. L’idée est de pouvoir répartir le budget disponible sur un plus grand nombre de jeunes talents plutôt que de nous concentrer sur un seul pilote. Une journée de sélection a notamment été organisée en janvier au Porsche Experience Center de Tokyo, avec huit candidats.

 

Avez-vous déjà pu constater les premiers résultats de ce programme ?

Taichi Watarai, qui faisait partie du Talent Pool, a énormément progressé et a obtenu un volant en Super GT dans la catégorie GT300. C’est exactement ce que nous voulons démontrer : la Carrera Cup doit pouvoir constituer un véritable tremplin pour les jeunes pilotes japonais, que ce soit vers le Super GT ou ensuite vers le GT3, en Asie comme en Europe.

 

Recevez-vous davantage de sollicitations de pilotes européens ou francophones souhaitant venir courir au Japon ?

Oui, cela commence à arriver. Nous avons notamment eu la participation de Jules Tréluyer qui a également participé aux sélections. La Carrera Cup Asia reste encore beaucoup plus connue des pilotes internationaux, mais je pense que le Japon commence progressivement à susciter davantage d'intérêt.

 

Pour terminer, depuis combien de temps êtes-vous installé en Asie ?

Je suis arrivé en Chine pour la première fois en 2004 et j'y vis de manière permanente depuis 2006. Cela fait donc maintenant vingt ans que je suis présent dans la région.

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