Patrick Arkenau (Manthey Racing) : « Nous apprenons en tant qu'équipe »
WEC, Nordschleife, DTM, IGTC ... Manthey Racing aligne avec succès ses Porsche 911 depuis 30 ans sur la plupart des circuits mondiaux, mais a réussi à trouver un nouveau défi en cette saison anniversaire pour la structure allemande.
Pour la première fois de son histoire, l'équipe fondée par Olaf Manthey s'est attaquée à un vrai programme outre-Atlantique via l'engagement de deux 911 GT3 R EVO en IMSA Endurance Cup.
Une présence déjà réussie puisque la fameuse « Grello » a triomphé en GTD PRO aux 12 Heures de Sebring avec Klaus Bachler, Thomas Preining et Ricardo Feller.
Un premier jalon pour une campagne où l'entité allemande a dû apprendre les codes de la course à l'américaine.
« L'étape la plus importante pour nous a sans aucun doute eu lieu lors des essais officiels en novembre et durant le Roar before the Rolex (essais officiels des 24 Heures de Daytona), avoue Patrick Arkenau, directeur de la compétition de Manthey Racing, cité par l'IMSA.
Il a fallu installer correctement les systèmes vidéo et apprendre à gérer une situation très différente de ce que nous connaissons en Europe : avoir une base dans le paddock alors que les stands se trouvent ailleurs, ce qui revient, en quelque sorte, à disposer de deux bases sur le circuit. Tout cela était nouveau pour nous.
Nous avons la chance de compter dans notre équipe technique des personnes ayant déjà travaillé sur des programmes IMSA, aussi bien en GT qu'en GTP.
Cela nous a un peu aidés, mais nous avons beaucoup appris et dû nous adapter sur de nombreux points... les relances de course, par exemple, sont très différentes. Nous avons donc beaucoup appris et il nous reste encore beaucoup à apprendre, mais je suis très satisfait de nos progrès. »
Sans aide extérieure
Spécificité pour Manthey : la volonté d'apprentissage en interne et par leurs propres moyens, sans recours à du personnel rompu à l'exercice des épreuves IMSA.
« Nous apprenons tous ensemble, poursuit Arkenau. Nous n’avons pas fait appel à un ingénieur américain ou autre. Nous gérons tout avec notre équipe Manthey à temps plein, principalement pour garantir que toutes les connaissances acquises restent ici, au sein de l'équipe.
Nous apprenons toujours en groupe. Ce n’est pas un individu isolé qui apprend, mais bien le groupe tout entier, et nous apprenons les uns des autres au quotidien. C’est cette approche que nous voulons poursuivre en IMSA. Nous apprendrons peut-être certaines choses à la dure, mais nous veillons au moins que si nous apprenons, nous apprenons en tant qu'équipe. »
L'équipe allemande insiste également sur l'intérêt des épreuves IMSA pour son développement, tant sur le plan commercial (les Etats-Unis demeurant un marché important pour Porsche) que sportif.
Avec en outre la possibilité d'utiliser l'immense expérience acquise tout au long des 30 années de compétition autour du monde.
« Nous avons eu du succès en Europe, en Asian Le Mans Series, en Australie à Bathurst mais l’Amérique du Nord est un point noir sur notre carte des mystères, décrit le responsable.
Nous avons réalisé plusieurs tentatives à Daytona les années précédentes où nous n’avons pas vraiment réussi, c’est donc quelque chose où nous devons prouver que nous pouvons réussir.
L'IMSA est un bon mélange de courses d'endurance mais quand on arrive dans les dernières heures, cela ressemble plus à du DTM où la dernière heure est généralement un sprint.
C'est donc une combinaison parfaite de toutes les séries auxquelles nous participons actuellement, nous pouvons donc utiliser les connaissances d'autres séries et les combiner dans l'IMSA. C'est donc unique et super intéressant pour nous. »
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