Misano 2015-2026 : onze ans et un paddock entièrement renouvelé
Il y a onze ans, le GT World Challenge Europe Sprint – alors appelé Blancpain Sprint Series – découvrait le tracé de Misano. 2015, vous allez me dire : c'était hier. Vraiment ?
À l'époque, 36 pilotes étaient engagés. Pourtant, aucun d'entre eux ne sera au départ ce week-end sur les rives de l'Adriatique. Plus frappant encore, une seule équipe présente en 2015 est toujours de la partie : WRT. À l'époque, la structure belge alignait quatre Audi R8 LMS GT3 ultra.
Qui se souvient encore de Jeroen Mul, Alexey Karachev, Marko Asmer, Thomas Fjordbach, Atila Abreu, Valdeno Brito, Jules Szymkowiak, Alexey Vasiliev, Max Van Splunteren ou Craig Dolby ? Il y a pourtant onze ans, ces pilotes faisaient vivre le championnat Sprint aux côtés de références comme Laurens Vanthoor, Cacá Bueno, Robin Frijns, Christopher Mies, Stéphane Ortelli, Markus Winkelhock, Mirko Bortolotti, Christophe Bouchut, Marco Bonanomi, Vincent Abril ou encore Nick Catsburg.
La saison 2015 marquait également les débuts en compétition de la Lamborghini Huracán GT3. Déjà, Mirko Bortolotti défendait les couleurs du Grasser Racing Team, associé à Patrick Kujala qui faisait les beaux jours du Super Trofeo Europe. Fait oublié, Reiter Engineering continuait de faire confiance à la Lamborghini Gallardo LP560-4 R-EX car seul le Grasser Racing Team pouvait faire rouler la nouvelle Huracán GT3.
La Mercedes SLS AMG GT3 poursuivait sa carrière avec GT Russian Team, tandis que Bentley confiait son programme Sprint à HTP Motorsport. Le duo Maximilian Buhk – Vincent Abril faisait figure de référence sur la Continental GT3. De son côté, Always Evolving Motorsport représentait Nissan avec une GT-R GT3 NISMO confiée à Sean Walkinshaw et Craig Dolby.
Ferrari n'était représentée que par une seule voiture : la 458 Italia GT3 verte de Rinaldi Racing, pilotée par Marco Seefried et Norbert Siedler. Un équipage qui allait tout simplement remporter les deux courses du week-end. Impossible également d'oublier la livrée des deux BMW Z4 GT3 d'AH Competições Team Brasil ou les équipages des quatre Audi du Belgian Audi Club Team WRT.
Le week-end avait aussi été marqué par un spectaculaire accident lors de la course qualificative, impliquant l'Audi WRT de Laurens Vanthoor et la Bentley HTP de Jules Szymkowiak. Touché à une cheville, le Belge, alors associé à Robin Frijns, devait renoncer à la course principale.
En lever de rideau, la GT4 European Series était elle aussi à Misano. Le contraste avec aujourd'hui est saisissant : seulement 13 voitures composaient la grille, contre 38 engagées en 2026. La première course était remportée par la Chevron GR8 de Marcus Clutton et Jordan Witt. Les noms de Rob Severs, Peter Ebner, Sascha Halek, Heinz Halek, Carlo Curti, Lino Curti, Barrie Baxter, Jelle Beelen, Marcel Nooren ou Andreas Gülden évoquent désormais bien peu de souvenirs. Un pilote était toutefois déjà présent et sera de nouveau au départ cette année : Hendrik Still. En 2015, l'Allemand évoluait sur une Sin R1 GT4 de Sofia Car Motorsport ; en 2026, il défend les couleurs de W&S Motorsport sur Porsche.
La GT2 European Series n'existait pas encore, mais Misano accueillait la finale de la toute première saison du GT Sports Club, la série réservée aux gentlemen drivers en GT3. Mario Cordoni s'imposait à deux reprises sur une Ferrari 458 Italia GT3 d'AF Corse, tandis que Max Bianchi décrochait le titre au volant d'une Ferrari engagée par Kessel Racing.
Alors, avec onze années de recul, une génération complète de pilotes renouvelée, des constructeurs qui ont quitté la compétition, d'autres qui ont rejoint le peloton, et un paddock qui n'a plus grand-chose à voir avec celui de l'époque… est-on vraiment certain que 2015, c'était hier ?
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