Le Mans, l'IMSA, la Genesis GT3, la convergence : Cyril Abiteboul fait le point
La prudence est de mise pour les troupes de Cyril Abiteboul. Dans la foulée de deux premières manches WEC marquées par tant un premier résultat comptable à Spa avec une septième place que des soucis techniques sur la GMR-001, Genesis Magma Racing entame son « Everest » aux 24 Heures du Mans comme le décrit le président de Hyundai Motorsport.
Après 500 jours de gestation, le projet LMDh de l'entité satellite de la firme coréenne a pris son envol plus tôt dans l'année à Imola, affrontant fort logiquement les soucis de jeunesse qui se présentent pour un tel projet technique. Le responsable français nous indiquait après les 6 Heures de Spa être « heureux mais inquiet » après les deux premières courses 2026.
D'autant que le test endurance programmé entre Spa et Le Mans n'a pas vu Genesis Magma Racing tourner entièrement durant 24 heures.
« Nous avons perdu des heures, confirme Cyril Abiteboul ce mardi dans le paddock sarthois. C'est d'ailleurs pour cela que nous avons continué à rouler avec des pièces très fortement kilométrées sur la Journée Test pour continuer d'accumuler de la distance sur ces pièces et de voir où est-ce qu'elles en sont.
Nous n'avons pas découvert de nouveaux problèmes lors de ce test d'endurance mais nous avons été effectivement confrontés à des problèmes connus sur lesquels il y a des modifications qui ont été faites depuis. Nous nous heurtons à la difficulté d'avoir des opportunités de validation de ces solutions. Nous ne savons pas encore si ce sont des solutions complètes à ces stable.
Il y a de vraies zones d'anxiété dans la voiture. Elles ne sont pas très nombreuses, sont connues et bien identifiées. De l'autre côté, nous savons s'il y a des problèmes exactement quoi faire et être capable de réagir de façon à perdre le moins de temps possible. »
Cyril Abiteboul mentionne à cet effet l'une des faiblesses du projet en terme de banc d'essais pour une validation, tout en reconnaissant être toutefois satisfait de l'état du projet et l'importance du Mans en terme d'apprentissage.
« Nous apprenons sur tous les aspects quand on tourne sur 24 heures : la partie humaine, matérielle, logicielle, la voiture ... enchaîne le Français. Nous avons déjà appris beaucoup dimanche y compris sur les limitations sur certaines zones de notre voiture. Donc à chaque fois que nous apprenons, nous sommes en position de nous améliorer. »
Convergence et IMSA ...
Si Genesis Magma Racing demeure le dernier grand constructeur arrivé en WEC, la marque coréenne regarde forcément vers l'avenir. Et qui avenir en Endurance dit futur règlement technique à l'horizon 2030. Impliqué dans les discussions, Genesis parait un défenseur de l'aspect convergence entre les deux règlementations techniques.
« Déjà sportivement, personnellement et Genesis, c'est vrai que nous préfèrerions un sport qui a un peu moins de discussion autour de la BoP et un peu plus de méritocratie directe et transparente pour tout le monde, avoue Cyril Abiteboul.
A ce titre-là, je pense que la convergence est une nécessité parce que si nous continuons d'avoir deux règlements, il y a pas d'autres façon que de faire une forte BoP pour faire cohabiter deux règlements. La convergence, nous y sommes est favorables.
Je pense aussi qu'il est possible d'imaginer différentes formules où l'on peut accommoder les différents souhaits entre ceux qui veulent acheter des pièces un peu « sur l'étagère » et puis ceux qui veulent les faire eux-mêmes. Je pense que c'est possible. Euh je pense que on vient assez fort alignement là-dessus.
Par ailleurs, il ne faut pas oublier que nous parlons d'un règlement qui va être sur la période 2030-2035 environ et que le monde sera quand même fortement différent. Il ne faut donc pas qu'arrive un règlement qui corresponde à la situation actuelle.
Il faut se projeter un peu. Les valeurs de ce championnat sont aussi des valeurs de développement et de laboratoire technologique. Il ne faudrait pas que nous rations cette opportunité. Et après, nous pouvons discuter sur ce que doit être l'aspect de liberté ou de laboratoire technologique. En tout cas, nous souhaitons rappeler absolument à l'ensemble des personnes qui réfléchissent à ce règlement que cet aspect-là, il est essentiel dans la construction de notre implication et du retour sur investissement. »
L'autre question autour de l'avenir de Genesis reste la possible arrivée en IMSA. Si Cyril Abiteboul nous avait avoué que l'horizon 2028 paraissait le plus logique, le responsable de Hyundai Motorsport a donné plus de précisions sur ce sujet au regard des différentes annonces dont le retrait d'Acura en fin d'année 2026.
« Nous sommes toujours sur le principe d'avoir un programme en IMSA. Nous sommes sur les modalités et le calendrier. Nous nous pouvons pas ignorer l'annonce d'Acura, sans oublier les autres spéculations, qui ne sont que des spéculations. De notre côté, nous avons effectivement envie de rejoindre un championnat dans lequel il y a un maximum de de marques et de participants.
Avant tout, nous voulons nous assurer que le volet WEC est solide. Si c'est le cas, nous nous autoriserons à étendre le programme. Il faut aussi rappeler que c'est un outil marketing. Nous allons travailler avec la filiale américaine autour de l'épreuve du COTA.
Nous allons avoir un dispositif d'activation assez important aux Etats-Unis. Ce sera un moment important pour décider justement autour de l'IMSA. Je pense que c'est trop tard pour 2027, mais en revanche, nous continuons d'avoir 2028 en ligne de mire. »
Cyril Abiteboul précise que ce programme, s'il était lancé, serait bien réalisé en association avec une équipe déjà engagée en IMSA. Questionné par Endurance-Info sur la possibilité de débarquer dès 2027 via le LMP2 sur le modèle dessiné avec IDEC Sport en ELMS avant le WEC, le président de Hyundai Motorsport confirme l'hypothèse.
« C'est c'est quelque chose que nous nous autorisons à réfléchir. Cela a bien fonctionné que ce soit autour des pilotes, de passer un peu du temps dans le paddock, rencontrer du monde ... Cela a a clairement porté ses fruits. C'est une vraie option ça de faire ça en 2027. » Avec une équipe qui pourrait dans la foulée porter le programme IMSA GTP.
Le GT3 présenté au Mans ? Autre questionnement initié lors de l'annonce de l'arrivée de Genesis en compétition : le GT3. Rapidement, la possibilité de voir une voiture répondant à une telle réglementation a émergé, sans que quelque chose de concret ne soit pour le moment revenu dans les discussions avec l'encadrement coréen. Les 24 Heures du Mans 2026 pourraient changer la donne. « Je ne veux pas spoiler des annonces qui seront faites ou des présentations surtout qui seront faites, indique Cyril Abiteboul interrogé sur ce sujet. Nous allons vite sur le développement produit, en tout cas sur des inspirations de produits. Vous allez voir de beaux objets tout le long de la semaine. Nous sommes plutôt là sur une expression vis-à-vis du grand public sur la direction où nous souhaitons aller en tant que marque, en tant que segment de marché. Comment le fera-t-on exactement ? L'emplacement moteur ... Nous ne reparlerons. » Rendez-vous en fin de semaine dans la Sarthe.
Commentaires (3)
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AB17
9 juin. 2026 • 13:47
"des solutions complètes à ces stable"
"Euh je pense que on vient assez fort alignement là-dessus"
"un maximum de de marques et de participants"
Steve McQ
9 juin. 2026 • 14:15
Cela dit, s'il y a besoin d'aide pour ce genre de travail d'édition, je suis dispo !
MotorsportColors
9 juin. 2026 • 14:54