La belle histoire du week-end avec Debard Automobiles : Ryo Hirakawa
Longtemps, Ryo Hirakawa a avancé à pas feutrés dans le paddock du Championnat du monde d’endurance. Un pilote rapide, propre, efficace, mais dont l’assurance semblait parfois en retrait face aux cadors qui l’entouraient. Ces deux dernières saisons, il a changé de dimension, ce qu'il a prouvé une fois de plus le week-end dernier, à l'occasion des 6 Heures d'Imola. Pas seulement par le résultat, mais par la manière : autoritaire, tranchant.
Dès les qualifications, le ton était donné. Dans un exercice devenu impitoyable avec le format Hyperpole, Hirakawa n’a pas simplement répondu présent : il a pris le contrôle. Sa lecture de la piste, piégeuse sur le tracé étroit et vallonné de l’Autodromo Enzo e Dino Ferrari, a impressionné. Un tour net, sans bavure, construit avec précision, comme s’il savait exactement où se situait le point de rupture,. Au final, il lui a manqué 0''011 pour chiper la pole position à Antonio Giovinazzi (Ferrari 499P n°51). Son compagnon d'écurie Nyck de Vries, lui, lui concède 0''294.
« Pour être honnête, j’avais un peu de mal avec la voiture et les pneus avant les qualifications, a pourtant reconnu après coup. J'ai continué à monter en rythme tout au long des qualifications, et finalement, l'Hyperpole s'est bien passée. J'ai reçu beaucoup de soutien de la part de l'équipe ; nous avons peaufiné les réglages et j'ai réalisé un tour presque parfait. Me qualifier en première ligne, c'est génial. »
Une performance confirmée en course, lui qui s'est vu confier la deuxième partie d'épreuve, Brendon Hartley débutant la partie et Sébastien Buemi l'achevant. Hirakawa a imposé un rythme et une constance qui ont structuré la stratégie victorieuse de la Toyota TR010 Hybrid n°8. Son pilotage a dégagé une forme de sérénité propre aux meilleurs pilotes d'Endurance. Le genre de relais qui ne fait pas de bruit, mais qui pèse lourd dans l’économie d’une course de six heures.
« On ne pouvait pas rêver mieux, lâchera-t-il après être monté pour la septième fois de sa carrière sur la plus haute marche du podium en WEC. Nous avons tous donné le maximum pour bien démarrer la saison. L'année dernière a été très difficile pour nous, personne n'en était satisfait, mais cette année, nous sommes de retour dans la course, donc je suis vraiment heureux. »
Au jeu du meilleur tour en course c'est également lui qui s'est montré le plus véloce du clan japonais. Toujours redoutable sur le Fuji Speedway, Ryo Hirakawa l'est désormais partout.
Cette maîtrise est le fruit d’une transformation progressive. À son arrivée dans l’environnement Toyota en WEC en 2022, Hirakawa traînait une forme de doute. Celui, tenace, de ne devoir sa place qu’à sa nationalité. Un sentiment jamais revendiqué publiquement, mais perceptible dans son approche, parfois en retrait face à des coéquipiers plus installés et qui ont tous ou presque goûté à la F1.
La Formule 1, justement, est-ce elle qui l'a changé ? Ses incursions dans son univers ont joué un rôle déterminant. Les séances d’essais et les roulages auxquels il participées avec le McLaren F1 Team et désormais le Haas F1 Team (dont il est le réserviste) lui ont - pour sûr - permis de franchir un cap mental. Plus que la vitesse pure, c’est sa capacité à se positionner, à s’affirmer comme un pilote de premier plan, qui s’est renforcée.
Ce gain de confiance est aujourd’hui visible. Dans son langage corporel, dans ses prises de parole, mais surtout dans son pilotage. Hirakawa ne se contente pas d’exécuter un rôle, il influence le résultat des courses. Sans sa superbe qualification, sur un Autodromo Enzo e Dino Ferrari où dépasser est mission complexe et où la position sur la grille est primordiale, peut-être la n°8 n'aurait-elle pas gagné.
Ce week-end italien pourrait bien marquer un nouveau tournant dans sa trajectoire. Non pas une révélation — les observateurs attentifs connaissaient déjà son potentiel — mais une confirmation. Celle d’un pilote désormais pleinement légitime au sommet de l’endurance mondiale.
Ryo Hirakawa n’est plus l'un des “pilotes japonais de Toyota”. Il est un leader de fait, capable de porter une voiture, une stratégie... voire même de peut-être s'inviter en tant que titulaire en F1 l'an prochain chez Haas. Ca valait bien La belle histoire du week-end avec Debard Automobiles...
Commentaires (1)
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Panoz81
21 avr. 2026 • 15:57
maintenant j'aimerai sho Tsuboï à la place de kobayashi pour voir ce qu'il donne