Garage 59 mal récompensé de sa belle prestation à Imola
À moins d’un an des débuts de McLaren dans la catégorie Hypercar, il aurait été regrettable de ne pas voir la marque représentée en LMGT3. Une fois le départ de United Autosports acté, afin de se concentrer sur le développement du prototype — dont le châssis est fourni par Dallara — encore fallait-il trouver une équipe capable d’aligner la 720S GT3 EVO sur la scène mondiale du GT.
Deux structures se sont rapidement démarquées : Garage 59 et Optimum Motorsport. C’est finalement la première qui a été retenue pour engager une paire de 720S GT3. Fondée en 2016 par Andrew Kirkaldy, Alexander West et Chris Goodwin, l’écurie britannique basée à Brackley s’est rapidement fait un nom dans les séries SRO avec McLaren, avant de collaborer avec Aston Martin, puis de revenir dans le giron McLaren en 2022.
Une semaine après avoir décroché la troisième place — assortie d’une victoire en Gold Cup — lors de l’ouverture du GT World Challenge Europe au Circuit Paul Ricard, Garage 59 lançait sa saison WEC à Imola avec ses deux 720S GT3 EVO. Sur les six pilotes engagés en 2026, quatre connaissent déjà bien la McLaren : Thomas Fleming (Silver), Alexander West (Bronze), Marvin Kirchhöfer (Platinum) et Benjamin Goethe (Gold). Antares Au (Bronze), fidèle à Porsche depuis ses débuts en compétition en 2017, ainsi que Finn Gehrsitz (Silver), transfuge de chez Akkodis ASP Team, complètent l’effectif.
Comme en GT World une semaine plus tôt, là aussi sur un format de six heures, Garage 59 a affiché de belles promesses, notamment avec la n°10 confiée au trio Antares Au – Thomas Fleming – Marvin Kirchhöfer. Dès ses débuts dans la série, l’équipage s’est illustré en décrochant la pole position grâce à un excellent relais de Fleming en Hyperpole, faisant suite au neuvième temps signé par Au en qualifications. La voiture sœur, en revanche, n’est pas parvenue à se hisser en Hyperpole. Dans le clan britannique, les espoirs étaient donc élevés avant le départ de cette course de six heures.
À l’image des 1812 km du Qatar 2025, une McLaren s’élançait depuis la pole en LMGT3. Mais contrairement à cette précédente occasion, la GT britannique semblait cette fois en mesure de viser la victoire. La n°10 est d’ailleurs restée dans la lutte aux avant-postes tout au long de l’épreuve. Malheureusement pour la n°10, un souci d’alternateur à trente minutes de l’arrivée a ruiné les ambitions de victoire.
« Après la troisième série d’arrêts aux stands, je suis monté dans la voiture et j’ai rapidement rattrapé la BMW qui me précédait, a confié Thomas Fleming à l’arrivée. Il semblait alors que la Corvette n°33 tentait de nous devancer en changeant moins de pneus que nous. J’ai donc dû d’abord me placer dans son sillage avant de pouvoir tenter une attaque. Finalement, en passant par la Variante Alta, j’ai réussi à préparer mon dépassement pour la ligne droite et à prendre l’intérieur comme je le souhaitais.
Le reste du relais a été assez tendu en raison des conditions changeantes. La piste était globalement sèche, mais certaines portions pouvaient devenir piégeuses à tout moment. Ce qui s’est passé à la fin est vraiment frustrant, surtout au vu du travail accompli par mes coéquipiers et toute l’équipe. Nous aurions mérité de repartir avec de gros points, mais la course peut se montrer cruelle. Cela dit, chacun peut être fier de ce qui a été réalisé aujourd’hui. »
Troisième au Circuit Paul Ricard une semaine plus tôt aux côtés de Louis Prette et Benjamin Goethe, Thomas Fleming peut se satisfaire de sa prestation. Déjà remarqué en GT World chez AF Corse en 2024, il a confirmé tout son potentiel, au point de recevoir le prix Goodyear Wingfoot décerné par le public. La 13e place finale ne reflète pas le niveau de performance affiché tout au long du week-end.
Du côté de la n°58, finalement septième sous le drapeau à damier, Benjamin Goethe dressait un bilan plus nuancé : « Dans l’ensemble, ce fut une course plutôt solide. Remonter de la 16e à la 7e place reste un résultat positif. La voiture avait un bon rythme et nous avons tous fait du bon travail. Malheureusement, les qualifications ne se sont pas déroulées comme prévu, mais nous avons démontré notre capacité à revenir dans le peloton.
Nous avions sans doute le potentiel pour terminer encore plus haut, mais la stratégie en a décidé autrement. Cela reste toutefois un résultat encourageant qui nous permet d’aborder 6 Heures de Spa avec confiance. »
Si jusqu’ici la McLaren 720S GT3 EVO ne compte qu’un seul succès en WEC — acquis à 6 Heures de COTA 2025 — Garage 59 a démontré dès Imola qu’il faudra désormais compter sur elle pour jouer aux avant-postes.
Cette performance met également en lumière le niveau particulièrement relevé des équipes engagées — ou passées — en GT World, encore trop souvent sous-estimées.
Le saviez-vous ? Alors que le n°59 n'est pas utilisé en WEC, Garage 59 n'a pas choisi son habituel numéro puisque les 720S GT3 EVO portent les dossards 10 et 58. On doit le 59 au numéro de la McLaren F1 GTR victorieuse au Mans en 1995. Lorsque Garage 59 évoluait en Aston Martin, l'équipe pouvait revendiquer le 59 qui est l'année de la victoire de la marque aux 24 Heures du Mans.
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