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L'avenir de l'Hypertech Alpine inquiète la ville de Viry-Châtillon

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9 fév. 2026 • 17:30
par
EI
© FIA WEC / DPPI

Conformément à ce qu'Endurance-Info vous a révélé fin janvier, l'avenir d'Alpine en WEC ainsi que celui du site historique de Renault à Viry-Châtillon s'écrivent en pointillés. Si aucun démenti n'a été pour le moment émis par le constructeur français, un communiqué de presse publié par la ville de Viry-Châtillon n'a fait qu'accroître ce sentiment d'inquiétude.

Le titre : Mensonges et trahison du groupe Renault, est pour le moins violent. concernant le site Alpine de Viry-Chatillon. Un communiqué de presse que vous pouvez retrouver ci-dessous, agrémenté d'une vidéo de son auteur, qui n'est autre que Jean-Marie Vilain, Maire de Viry-Chatillon et Conseiller régional d’Ile-de-France.

 

COMMUNIQUÉ DE PRESSE DU 08/02/2026 : MENSONGES ET TRAHISON DU GROUPE RENAULT CONCERNANT LE SITE ALPINE DE VIRY-CHATILLON

La ville de Viry-Chatillon, en lien avec les représentants du personnel d’Alpine, avait pris acte de la décision du groupe Renault, annoncée le 30 septembre 2024 en Comité Social et Economique, de mettre un terme au développement du moteur de Formule 1 sur le site Alpine de Viry-Chatillon.

Si la déception avait été grande, car cela signifiait la fin d’une belle aventure qui avait fait rayonner la France par les nombreux titres de champion du monde obtenus, la Ville, comme les salariés d’Alpine, avait affiché leur esprit de responsabilité en prenant également acte de la volonté du groupe Renault de créer un centre d’ingénierie d’excellence baptisé Hypertech Alpine, qui devait mettre en œuvre les projets de la future Supercar Alpine, le développement d’un moteur hydrogène, prendre en charge le développement des batteries de demain, des nouvelles technologies de moteur électrique, du programme motorsport, tout en participant au championnat du monde d’endurance (WEC) ainsi qu’au rallye Paris-Dakar.

Un comité de suivi, sous l’égide de la préfecture de l’Essonne, avait été mis en place qui s’est réuni deux fois les 8 octobre 2024 et 5 mars 2025 en présence de la préfète de l’Essonne, des dirigeants d’Alpine et de moi-même, pour suivre la mise en place de ce futur centre d’excellence et d’innovation en remplacement du centre de développement des moteurs F1.

 

 

Alors que nous souhaitions de nouveau réunir ce comité de suivi pour faire le point, postérieurement à l’arrivée fin juillet 2025 du nouveau dirigeant de Renault, François Provost, faisant suite au départ de Luca de Meo, quelle n’a pas été ma stupéfaction d’apprendre que Renault renonçait à ses engagements concernant le site Alpine, ce qu’il devrait annoncer lors d’un Comité Social d’Entreprise le 12 février prochain.

C’est tout bonnement scandaleux car cela fait fi de tous les engagements qui avaient été pris et réitérés à la Ville ainsi qu’aux salariés lors des deux précédents comités de suivi. C’est d’autant plus incompréhensible que Renault commençait à connaître de bons résultats après une première victoire historique de l’A424 au championnat du monde d’endurance (WEC) aux 6 Heures de Fuji en septembre dernier et une victoire il y a quelques jours au rallye Paris-Dakar.

Rappelons que le groupe a annoncé une hausse de près de 7 % de son chiffre d’affaires au troisième trimestre 2025. J’en appelle donc à la responsabilité des dirigeants du groupe Renault afin que les engagements pris soient respectés, ainsi qu’à l’intervention de l’Etat qui, en tant qu’actionnaire majeur de ce groupe, a le devoir d’intervenir pour assurer le respect de la parole donnée et celui de ses salariés.

Je me réserve le droit de mener toutes les actions possibles contre cette trahison, avec les élus municipaux et les personnels d’Alpine, afin que le site Alpine de Viry-Chatillon reste le centre d’excellence qu’il a toujours été, continuant ainsi de contribuer à la fierté de notre ville et au prestige de notre pays.

Si l’AFP a contacté une porte-parole d’Alpine, celle-ci n’a ni confirmé ni infirmé ces propos. Elle a cependant bien confirmé la tenue d’un CSE le 12 février, tout en précisant qu’aucun ordre du jour n’avait été rendu public.

 

UN PEU D'HISTOIRE...

 

© Artcurial Motorcars


Pour rappel, fondée par Amédée Gordini et reprise par Renault en 1976, l'usine de Viry-Châtillon (Essone) est – depuis toujours – le fief de Renault F1. Celle-ci est implanté au 1 avenue du Président Kennedy, au bord de l'autoroute A6. L’usine date de 1969 lorsque Renault reprend l’atelier d’Amédée Gordini, spécialiste des moteurs sportifs. C’est là que Renault Sport s’installe durablement à partir de 1976, après la fusion entre Renault-Gordini et la branche compétition Alpine, marquant le début de son engagement direct en F1.


Rapidement, Viry devient le cœur du développement et de la fabrication des moteurs de Formule 1 de Renault. Les ingénieurs de Viry innovent avec le premier moteur turbo en F1 dans les années 1980, puis conçoivent les célèbres V10 des années 1990, qui contribuent à de nombreux titres mondiaux avec Williams et Benetton. Dans les années 2000, les moteurs produits à Viry remportent deux titres constructeurs consécutifs avec l’équipe Renault, en 2005 et 2006.

Pendant près d’un demi-siècle, le site a symbolisé l’excellence technique française en sport automobile, concevant des unités de puissance qui ont équipé des monoplaces victorieuses sur tous les continents.

Après des décennies d’activité F1, Renault/Alpine a mis fin il y a quelques mois à la production de moteurs de Formule 1 à Viry-Châtillon à partir. En septembre 2024, il est annoncé que celui-ci va être renommé Hypertech Alpine et devenir un centre d’excellence qui réunira une ingénierie aux connaissances techniques de pointe et une expertise de l’automobile haute performance, au service d’Alpine et de Renault Group.

Commentaires (16)

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DRAPEAU Samuel

9 fév. 2026 • 20:20

Personnellement je ne comprend pas trop où on va avec le modèle actuel.
Pour etre franc contrairement a beaucoup de monde ici, je pense que l'idée de départ de ce règlement sur la base du lmdh et de la bop etait une super idée qui aurait pu relancer pour une voir deux décennies l'endurance mais plus le temps avance et plus je me demande si encore une fois on ne va pas connaître la même chose qu'en 1993.
En effet j'avais cru comprendre que le règlement etait basé sur une fenêtre aero facile a atteindre pour réduire les coûts avec un modèle économique pour que les usines puissent vendre des voitures style gt3.
Hors, je me demande encore pourquoi privé Proton de courir avec sa Porsche, Lamborghini de courir avec une seule voiture, et je ne parle pas d'Isota, glukenhaus.... au minima les accepter pour les 24h sachant qu'on se base sur la BOP constructeur...

Bref arrêtons la politique des grandes usines qui font et défont le championnat aselon leur intérêt et faisont confiance aux privés pour sauver cet âge d'or pour qu'il puisse durer .....

Oggy et les Kouffars

9 fév. 2026 • 21:09

@DRAPEAU Samuel: La situation de 1993 n'a rien à voir avec l'actuelle puisqu'à cette époque donc lors de l'apparition de la formule 3.5L en 1991, le but était de tuer l'endurance qui faisait de l'ombre à la F1 pour justement que les constructeurs viennent en F1. Ce qui n'a d'ailleurs pas si bien fonctionné. La situation est plutôt comparable au début des années 2000 mais avec un contexte économique bien plus défavorable.

Après, là où l'ACO et surtout la FIA ont fait une énorme erreur, c'est en surestimant le degré d'implication des constructeurs en pensant qu'avec leur nombre, ils étaient là pour durer et la BoP fournirait plus de spectacle sans prendre en considération le contexte économique très fragile dans lequel nous nous trouvons et qui est clairement amené à s'aggraver. Ils pensaient aussi que les privés s'impliqueraient davantage en catégorie reine, or, on constate qu'il n'en est rien et c'est à peine mieux en IMSA.
Ils reviendront... quand la plupart des constructeurs partiront.

TG-TO

10 fév. 2026 • 10:14

T inquiètes pas DRAPEAU Samuel...dans peu de temps l ACO va bientôt accepter toutes les privées tellement ils vont recolter leur semences et en subir les conséquences.
Tu pourras même engager ta propre voiture.

Greg78

10 fév. 2026 • 10:39

On dit souvent qu'il n'y a pas de fumée sans feu...
2ème article EI sur le futur d'Alpine...
On pourra reprocher ce que l'on veut à De Meo, mais il était passionné de bagnole au sens large... Son successeur n'est qu'un pur financier qui ne voit pas l'intérêt fe de cramer des millions dans des programmes sportifs...

Triste si le programme WEC Alpine s'arrête...
Quant aux décisions FIA /ACO d'obliger les concurrents à engager au moins 2 autos... ça a forcément écarté les privés... (qui sont pourtant le "noyau dur" des 24h du Mans)...
Esperons quand même que certains constructeurs resteront en WEC, pour (sans parler de BOP plus ou moins bancale) nous donner de belles courses.

Arnage

10 fév. 2026 • 11:36

Arretez de psychoter sue le règlement...Genesis Ford et des chinois vont arriver...cest la vie certains partent d’autres arrivent... le seul soucis cest l'obligation des deux voitures qui bloquent les privés !