Jordan Boisson et Patrick Charlaix, un projet d’endurance bâti sur la confiance
Dans le paddock, certains projets se distinguent moins par leur bruit médiatique que par leur cohérence humaine. Celui mené par Jordan Boisson et son coéquipier Patrick Charlaix appartient à cette catégorie. Deux pilotes amateurs, issus des formules Porsche Cup, qui ont choisi de progresser ensemble, sans brûler les étapes… quitte parfois à les réorganiser.
Leur cap est clair, assumé et partagé : atteindre un jour la grille de départ des 24 Heures du Mans, côte à côte. Ce sera l’un avec l’autre et pas l’un sans l’autre.

Leur première saison en GT2 n’a rien eu d’un long fleuve tranquille en Maserati GT2, déjà alignée par TFT Racing, leur équipe de coeur. Jordan Boisson se souvient d’une voiture exigeante, difficile à comprendre, et d’un week-end au Paul Ricard particulièrement éprouvant. « On a beaucoup appris, mais c’était dur », résume-t-il. À cette difficulté technique s’ajoute un plateau clairsemé, avec une poignée de voitures engagées seulement.
Loin de se décourager, le duo analyse la situation avec lucidité. Leur projet initial était de suivre scrupuleusement la pyramide SRO, en poursuivant un apprentissage progressif après la Porsche Carrera Cup France. Mais une opportunité va accélérer le calendrier : un test réalisé directement avec AMG. Le verdict est immédiat. Les sensations sont là, la structure est solide, et la suite semble évidente. Le passage en GT3 est décidé, plus tôt que prévu avec TFT Racing, la structure de Tony Pereira.

Rester chez Porsche aurait été logique. Mais Jordan et Patrick font un choix pragmatique, presque intime : la Mercedes-AMG GT3. Une voiture réputée plus accessible pour les pilotes amateurs, plus tolérante, et surtout en adéquation avec leur manière d’apprendre. Pour eux, il n’est pas question de brûler les étapes.
Tout s’enchaîne très vite. La voiture est trouvée grâce à l’équipe auprès de Akkodis ASP, l’écurie de Jérôme Policand. La Mercedes est en fait le châssis utilisé en 2022 par Marciello/Boguslavskiy en GTWC Europe (Sprint). Trois semaines à peine séparent le premier roulage de la première course en Ultimate Cup Series.
Une transition éclair, rendue possible par une relation de confiance avec Mercedes-AMG, qui dépasse le simple cadre sportif. Les deux pilotes rencontrent Stefan Wendl, patron de la compétition-client, participent à des stages de pilotage sur glace en Suède et s’inscrivent déjà dans la durée, avec l’intention de commander le futur modèle dès sa sortie prévue en 2028.

Le Mans n’est jamais prononcé comme un rêve abstrait. Chez Jordan Boisson et Patrick Charlaix, c’est un objectif. Concret. Structurant. Et surtout indissociable. « Nous ne tenterons pas l’aventure l’un sans l’autre », affirme Jordan sans détour.
Pour y parvenir, le duo refuse de se cantonner à un rôle purement amateur. Ils choisissent de s’entourer de pilotes professionnels reconnus : Maro Engel, Nico Bastian ou encore Marvin Klein. Des références, mais aussi des passeurs de savoir. L’impact de Maro Engel est particulièrement marquant. « Rouler avec lui, c’est gagner cinq week-ends de course d’un coup », confie Jordan.

Leur terrain de jeu actuel est l’endurance, avec un programme centré en 24H Series. Une école exigeante, où la performance se conjugue avec la gestion, la fatigue et l’écoute de l’autre. L’équipage vise également les épreuves endurance de l’Italian GT, notamment pour apprivoiser les pneumatiques Pirelli, réputés plus délicats que les Michelin.
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