WEC / Le Mans

Urs Kuratle (Porsche Penske) : « Pas de différence massive entre Jota et Porsche Penske »

WEC
24 Heures du Mans
16 mai. 2024 • 14:00
par
EI
Avec deux victoires en trois courses disputées en 2024 en WEC, sans compter les succès en IMSA comme à Daytona, la Porsche 963 est l'Hypercar du début de saison. Une voiture que les équipes privées ont hissé devant l'équipe officielle en Belgique.
© MPS Agency

Une victoire et deux deuxièmes places, aucun doute, la Porsche 963 n°6 - Porsche Penske de Kévin Estre, Laurens Vanthoor et André Lotterer est la valeur étalon du début de saison WEC.

 

Une LMDh allemande qui a sérieusement progressé depuis l'an passé, principalement sur le plan de la fiabilité. Pourtant, sur le toboggan des Ardennes, ce sont les exemplaires privés qui ont damé le pion aux voitures officielles. D'un côté, Jota s'est imposé avec la n°12 de Callum Ilott et Will Stevens, de l'autre Proton, emmené par un Julien Andlauer étincelant et un Neel Jani toujours aussi solide, a longtemps mené, tout en étant impliqué dans bon nombre de dépassements en course.

 

Après le drapeau rouge, et malgré les stratégies pneus différentes, c'est bien la n°12 qui s'est montrée plus véloce que la n°6. Mais pas de quoi inquiéter l'équipe officielle.

 

« Les deux voitures, la 963 n°12 – Jota et la n°6 – Porsche Penske ont montré de belles performances, commente Urs Kuratle, directeur Factory Motorsport LMDh, lors d'une visio-conférence. Nous avons analysé les données : c’était bien de voir ces performances mais nous n’avons pas vu que la voiture de Jota était particulièrement rapide après le drapeau rouge. Cependant, les pneus ont pu faire la différence, nous ne savons pas. Porsche Penske Motorsport ne connaît pas les réglages exacts, même si nous avons un excellent échange avec nos équipes clientes. En prenant tout en considération, nous n’avons pas vu de différence massive de vitesse entre les deux voitures. »

Plus de pression au Mans ?

 

Le début de saison de Porsche Penske est on ne peut plus encourageant. Victoire à Daytona et Laguna Seca en IMSA, succès au Qatar en WEC, des 963 toujours dans le coup pour la victoire ou le podium. Forcément, l'alliance germano-américaine arrive sur sa lancée pour les 24 Heures du Mans (15-16 juin), avec l'étiquette de favori.

 

D'autant qu'un éventuel succès aurait un retentissement non-négligeable : 20e victoire pour Porsche, la première pour Roger Penske, que l'on sait plus que déterminé à épingler le double tour d'horloge sarthois au palmarès de son écurie, qui a signé à Laguna Seca sa 100e victoire en compétition de voitures de sport. Alors plus de pression pour Porsche Penske avant un mois de juin d'importance ?

 

« Je mentirai si je disais qu’il n’y a pas de pression, confesse Kuratle. Courir en tant que Porsche dans un tel championnat, vous devez performer. C’est la course. Roger a été le premier à congratuler Jota avant de repartir pour les Etats-Unis. Bien sûr qu’il y a de la pression. Il y a toujours de la pression. »

 

Pour préparer au mieux le rendez-vous manceau, l'équipe s'est une nouvelle fois testé au Paul Ricard ces derniers jours et peut s'appuyer sur le travail d'une année avec la 963.

 

« Nous avons beaucoup travaillé des deux côtés de l’Atlantique, enchaîne Kuratle. Nous avons travaillé en termes d’opérationnel, de fiabilité, qui est le plus grand changement par rapport à 2023. La troisième partie est la performance. Si vous participez en tant que Porsche Penske, que ce soit en WEC ou ailleurs, vous devez gagner. Tout le travail paye désormais. Et il ne faut pas oublier les écuries clientes.

 

Nous avons une très bonne relation avec les écuries clientes, et cela aide. Si quelque chose casse sur une voiture, l’information est transmise immédiatement aux autres autos. Si cela touche à la performance, à la course pure … Par exemple, après le drapeau rouge à Spa, il n’y a pas vraiment eu de conversations entre Porsche Penske et Jota, car les deux équipes se battaient pour la victoire. C'est une situation que Porsche souhaite, car cela montre que nous pouvons aussi le faire avec des voitures clientes. Il y a un échange entre les équipes, mais si cela touche aux réglages et à la performance, chacun travaille de son côté. Ce n’est pas évident à gérer mais cela se fait bien. »

 

Et si Roger Penske a été l'un des premiers à féliciter Jota pour le succès spadois, gageons que le patron américain souhaitera devancer les équipes clientes dans la Sarthe dans un mois.

Commentaires (3)

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LittleBen

16 mai. 2024 • 19:17

Article intéressant!
La relation entre les deux équipes est un peu comme j’estime qu’elle doit être: ils restent adversaires en piste mais roulent pour le même constructeur.
Ceci dit, qu’ils n’oublient pas non plus de discuter de temps en temps avec Proton, qui semblait avoir trouvé un bon setup à Spa en plus d’avoir des excellents pilotes au volant …

Zorro

17 mai. 2024 • 9:55

De toutes façons, comme dans les années 70, 80 ou 90, si c'est un client qui gagne la course, c'est quand même la marque Porsche qui gagne. En 84 et 85, le commun des mortels sait que c'est une Porsche qui a gagné. Pas forcément que c'est le team Joest. Et je ne parle pas des années 94, 96 et 97.....

Steve McQ

17 mai. 2024 • 10:15

L'approche de Porsche est intéressante pour le championnat car avec autant de voitures identiques mais néanmoins concurrentes en piste, on sait que le sandbagging est quasi impossible puisque les clients veulent battre l'usine et l'usine ne veut pas être battue par ses clients.
Vive les autos d'usine engagées par des privés.