Wolfgang Ullrich sur son rôle de conseiller auprès de l’ACO : « Ravi et fier d’occuper ce poste »

Le Dr Wolfgang Ullrich est un personnage incontournable de l’endurance. Fort de ses 13 succès aux 24 Heures du Mans avec Audi, il a décidé, après son retrait de ses fonctions au sein de la marque aux anneaux, de mettre toute son expérience du sport automobile et de l’endurance en particulier au profit du Mans et du FIA WEC. Il devrait intervenir à tous les niveaux que ce soit le sport, le marketing, ou encore la partie technique. Nous avons fait le point avec lui.

Quel sera votre rôle auprès de l’Automobile Club de l’Ouest ?

« L’ACO m’a demandé de travailler sur les futurs règlements de l’endurance. Je sais exactement où je vais pouvoir intervenir et comment leur faire bénéficier de toute mon expérience. »

Comment se sont faits les contacts ?

« Certains membres de l’ACO sont venus chez moi. Ca découle d’une longue et bonne relation que j’entretiens avec le Président de l’Automobile Club de l’Ouest, Pierre Fillon, et le patron du WEC, Gérard Neveu. Nous nous sommes rencontrés à deux reprises, nous avons pas mal discuté et j’avoue que l’idée m’a intéressé. Je suis ravi et fier d’occuper ce poste. »

Vous avez discuté, réfléchi puis accepté. Pourquoi ?

« J’ai accepté pour deux raisons. D’abord, l’endurance est quelque chose de très spécial dans le sport automobile. Je suis donc prêt à apporter tout mon soutien à cette catégorie. Ensuite, l’autre chose très importante, c’est les personnalités avec lesquelles j’ai de très bonnes relations depuis longtemps. Même lorsque je me trouvais de l’autre coté de la table des discussions, en tant que concurrent, j’ai toujours apprécié nos relations qui étaient vraiment excellentes. Lorsque j’ai pris cette décision, il était donc important de travailler pour et avec des personnes que j’apprécie au niveau personnalité. Cette collaboration va prendre une dimension différente grâce à cette entente. Comme je l’ai déjà précisé, je suis fier et impatient d’apporter à l’endurance ce qu’elle m’a apporté comme participant. »

Vous avez quitté l’endurance avec Audi et vous y revenez pour l’ACO. Vous ne pouvez plus vous passer de cette discipline ?

« Je pense que l’endurance représente tout ce que le sport automobile peut offrir de mieux. Les 24 Heures du Mans, mais aussi toutes les courses de six heures, sont devenues de véritables sprints. J’aime l’endurance car c’est l’équipe qui est au cœur de la victoire, c’est l’écurie qui est mise en valeur. La technologie de la voiture, sa préparation sont mises en valeur et si la structure a fait du bon travail, ils seront alors compétitifs à la fin. Pour moi, c’est l’idée du sport et, en particulier, celle du sport automobile. Et j’adore en faire partie… »

Quel est votre regard sur le plateau des 60 voitures invitées aux 24 Heures du Mans 2018 ?

« C’est tout simplement impressionnant surtout après tout ce qui a été dit depuis un an ou deux ans (après le retrait d’Audi et de Porsche). Je suis heureux de la direction qui a été prise. »

Allez-vous aussi assister aux courses de 6 Heures le reste de la Super Saison ?

« Avec l’ACO, nous n’avons pas encore complètement défini les courses auxquelles je vais assister, mais je devrais en faire. »

Ferez-vous partie des personnes qui font les règlements ? Serez-vous en contact direct avec les constructeurs et les équipes ?

« Je pense que je vais utiliser les contacts que j’ai auprès des constructeurs pour leur exposer et discuter mes idées. Que peut-on faire au niveau de l’endurance pour créer un futur positif ? Telle est la question à laquelle nous devons répondre. En même temps, je me dois aussi d’être proches des personnes qui travaillent au sein de l’ACO et mettent le règlement sur pied. J’espère qu’ils seront intéressés par mes idées et, qu’au moment de la création du règlement, ils vont en utiliser une ou deux. »

Quels sont les sujets qui vous semblent les plus importants pour le moment ? La réduction des coûts ? L’équivalence hybride / non hybride ?

« Je pense qu’il faut travailler sur tout ça en même temps. Cependant le problème reste toujours le même. Sur le moment, on peut travailler sur un sujet qui ne semble pas si important car il fonctionne bien. On a alors tendance à ne plus le regarder pour se focaliser sur les autres. Au final, c’est avec celui-là que ça va coincer. Alors il faut vraiment être vigilant, prendre tous les éléments ensemble, tous les considérer, même si une de ses composantes ne pose pas de souci à l’heure actuelle, qu’elle semble même être parfaite. Même le parfait a besoin d’être amélioré sinon le parfait sera dépassé par les autres à un moment donné. C’est ce que je veux éviter et j’y porterais une attention toute particulière. »