Takuma Aoki (srt41) : « Dans ma tête, je suis prêt pour Le Mans »

Takuma Aoki est l’un des trois pilotes de la Ligier JS P3 #84 du srt41 de Frédéric Sausset en VdeV Endurance Series, aux côtés de Nigel Bailly et de Snoussi Ben Moussa.

Le pilote japonais est celui des trois qui a le plus de vécu en compétition. Il a débuté par la moto. Après deux titres de Superbike au Japon, il a fait une saison complète de Moto GP dans la catégorie reine, les 500 cm3, en 1997 (après avoir participé au seul GP du Japon de 1993 à 1996, avec une troisième place en 1995). Il termine à la cinquième place du classement, le championnat étant remporté par Michael Doohan, après avoir fait trois podiums dont une deuxième place lors du dernier GP de la saison, le GP d’Australie. Ce sera sa dernière course en moto puisqu’au cours d’essais au Japon en février il est accidenté et restera paralysé des deux jambes. Takuma n’abandonnera pas les sports mécaniques pour autant, occupant des postes importants chez Honda.

Après les années 2000, il passe aux voitures et participera même au Rallye Paris-Dakar en 2009 avec une Isuzu spécialement aménagée. Il passera ensuite au circuit avec bonheur, prenant la deuxième place du classement pilotes du championnat GT Asia 2014 en catégorie GTM avec une Lamborghini Gallardo et remportant le titre GT Cup en Asian Le Mans Series dans la saison 2016/2017, sur une Porsche Cup.

Takuma Aoki est donc passé maintenant aux prototypes. Nous l’avons rencontré dimanche après la course de 4 heures au cours de laquelle la Ligier #84 a pris une belle onzième place.

Takuma, connaissiez-vous le circuit Bugatti ?

« Non, car le Grand Prix de France Moto en 1997 a eu leu sur le circuit Paul Ricard, donc j’ai dû l’apprendre. »

Qu’en pensez-vous ?

« Il me plaît bien, c’est un circuit intéressant. »

Courir en auto a des parallèles avec la moto ?

« A la base, c’est de la compétition dans les deux cas, donc il faut donner son maximum. Mais c’est quand même très différent. En moto, il faut chercher les meilleurs angles, il faut balancer la moto de la meilleure façon, en auto, si la voiture est bien équilibrée, il faut choisir la meilleure trajectoire pour avoir le meilleur comportement en courbe. »

Physiquement, qu’est-ce qui est le plus dur ?

« Je dirais la moto. Une course de Moto GP, c’est très éprouvant, il n’y a pas de moment de repos, on est toujours en action. En auto, au Japon, j’ai conduit des grosses voitures de Tourisme, des grosses GT comme des Lamborghini ou des Porsche, et là avec un poids élevé, ça peut être aussi fatigant. Avec la Ligier, physiquement, c’est mieux. »

Comment trouvez-vous la Ligier ?

« C’est une très bonne voiture. Même si je dois encore mieux faire et bien connaître tous les systèmes, c’est une voiture qui répond bien, qui est maniable, puissante, et qui est agréable à piloter. »

Vous avez fait le Paris-Dakar, c’était comment ?

« Très dur, je pilotais une Isuzu D-MAX que je connaissais, j’avais gagné avec une Isuzu en Asian Cross Contry Rally l’année d’avant. C’était un gros pick-up, et la course a été très dure, c’est plus facile maintenant… »

Comment jugez-vous votre saison ?

« Je suis assez satisfait, nous nous entendons bien. Frédéric Sausset est quelqu’un de très bien. Il nous donne le courage d’avancer.

Je pense que mes coéquipiers et moi avons fait des progrès depuis le début de l’année. (Christophe Tinseau, qui tient le rôle de coach au sein du Team SRT41, nous l’a confirmé et nous a indiqué que les pilotes avaient réduit de moitié l’écart les séparant des meilleurs des pilotes LMP3 depuis le début de la saison, Frédéric Sausset nous disant pour sa part que les trois pilotes avaient pris beaucoup de confiance, NDLR). Cependant, je crois que je peux encore m’améliorer et je suis sûr que ce sera encore mieux l’année prochaine… »

Votre objectif à tous, ce sont les 24 Heures du Mans en 2020….

« Oui, c’est cela ; Je ne sais pas si nous pourrons y arriver, mais dans ma tête je suis prêt pour Le Mans! »

Il ne reste plus qu’une course d’ici la fin de l’année à Estoril. Qu’allez-vous faire pendant l’intersaison ?

« Me reposer d’abord, nous en aurons besoin. Mais bien sûr je m’entraînerai aussi, c’est très important. »