Fred Mako : « Nous aurons beaucoup de choses à apprendre »

Même s’il ne va pas rempiler en FIA WEC, Fred Mako va connaître une année 2018 bien remplie. Entre la Blancpain GT Series Endurance Cup et l’Intercontinental GT Challenge avec le Manthey Racing, les quatre courses longues du championnat IMSA sur une 911 RSR , quelques manches VLN avec les 24 Heures du Nürburgring et pour couronner le tout les 24 Heures du Mans, le néo-montpelliérain va avoir l’occasion de montrer son talent aux quatre coins du monde. On le retrouvera dès les prochains jours à Daytona à l’occasion du Roar Before the Rolex 24 avant le rookie test en Formula E chez TECHEETACH dans les rues de Marrakesh.

Que retenir de la saison 2017 ?

« Globalement, elle a été positive. Avec Richard (Lietz), nous nous sommes battus pour le titre jusqu’à la dernière manche. Les erreurs ont été rares avec une belle constance. On ne peut rien se reprocher car nous avons tout donné pour aller chercher le titre. Il faut tout de même retenir quelques points négatifs, notamment un manque de performance. Il nous a manqué quelques dixièmes. On attend toujours beaucoup d’une nouvelle voiture. Bravo à Ferrari qui mérite son titre. Pour notre part, il nous a manqué une ou deux victoires. »

La nouvelle 911 RSR est bien née ?

« Il fallait déjà apprendre la nouvelle philosophie de l’auto mais aussi les nouvelles règles concernant les pneumatiques. Nous avions bouclé pas mal de kilomètres en amont du championnat mais la course reste la course. »

Cette nouvelle règle de limitation des pneumatiques va dans le bon sens ?

« Un pilote aime aller vite sur l’intégralité d’un relais car il sait qu’en rentrant on lui changera les gommes. Là, il a fallu faire face à une nouvelle règle. Lors des essais d’avant-saison, notre point fort était la constance. Lorsqu’on est arrivé en course, c’est l’inverse qui s’est produit. Nous avons rencontré pas mal de soucis pour faire fonctionner les pneus. »

La saison a été moins polémique au niveau des écarts entre les autos. La BOP automatique est positive ?

« Ce qui est positif, c’est que les courses ont été plus serrées que par le passé. Cependant, il est toujours possible de réfléchir à comment contourner cette règle. La BOP automatique permet de ne plus de voir des écarts de deux secondes comme auparavant. Tout le monde travaille dans son coin pour avoir la meilleure auto au Mans. »

L’arrivée de la Super Saison va changer les choses ?

« Avoir un championnat qui se termine par les 24 Heures du Mans peut changer la stratégie. Il est encore trop tôt pour mettre le FIA WEC et Le Mans sur un même pied d’égalité. A l’heure actuelle, Le Mans compte beaucoup par rapport aux autres manches du championnat. »

Pour ou contre l’arrivée des GTP ?

« L’époque GT1 m’a fait rêver. C’est toujours une question de compromis. Si le GTP doit être aussi cher que les LMP1 hybrides, il n’y a pas d’intérêt. Il faut aussi que les constructeurs puissent avoir de la visibilité. Si les GTP devaient avoir le look des autos de la fin des années 90, cela compliquerait la donne pour les marques qui n’ont pas de Hypercars. Certaines marques généralistes peuvent avoir un intérêt à concourir dans la catégorie reine. »

Votre programme 2018 vous satisfait ?

« Disputer les grandes courses d’endurance au monde est forcément excitant. Je suis très content de ce qui m’attend cette année même si je suis un peu déçu de ne pas pouvoir rempiler en FIA WEC même si j’ai vraiment apprécié la saison en IMSA. Rouler en FIA WEC offre plus de possibilités pour faire autre chose en parallèle. La saison 2018 va débuter par un gros morceau avec les 24 Heures de Daytona. La concurrence va être rude car tout le monde a bien l’intention de gagner. »

Vous revenez dans un environnement connu avec la Blancpain GT Series…

« Le championnat a beaucoup évolué ces dernières saisons. Je suis très content de rouler avec Romain et Dirk. Porsche arrive officiellement, ce qui représente un gros challenge. Nous aurons beaucoup de choses à apprendre. Il va falloir monter en puissance malgré une 911 GT3-R à bout d’évolution. En fonction de la BOP, nous pourrons répondre présents. La 911 GT3-R a des points forts mais aussi des points faibles. Porsche ne vient pas pour faire de la figuration même si nous manquons de référence dans un championnat qui se veut très spécifique. J’ai bon espoir pour cette saison. »

Le rookie test en Formula E chez TECHEETAH est une belle surprise…

« Je dois ce test en grande partie à Léo Thomas, l’ingénieur de l’équipe. On se connaît depuis les essais réalisés avec Peugeot du temps de la 908. Par la suite, nous avons collaboré chez Sébastien Loeb Racing. Léo est quelqu’un que j’apprécie beaucoup. Il a pensé à moi pour ce test sachant que je connaissais déjà le pilotage de l’auto. C’est quelque chose de totalement différent. Avoir 200 kW entre deux murs n’est pas un exercice facile. »