Adrián Vallés (AVF by Adrián Vallés) : « Notre objectif reste les 24 Heures du Mans 2019 ! »

ADRIAN VALLES (ESP) TEAM MANAGER AVF BY ADRIAN VALLES

Adrián Vallés est le team principal de l’équipe AVF by Adrián Vallés. Créée en 2012, la structure était surtout spécialisée en monoplace (un titre Pilotes avec Tom Dillmann en 2016 en Formule Renault V8 3.5) avant de débarquer en endurance avec une Dallara P217 en European Le Mans Series pilotée par Henrique Chaves et Konstantin Tereschenko. Il ne faut pas oublier que l’ancien pilote espagnol a lui même roulé en endurance.

Pourquoi avez-vous décidé de venir en Endurance ?

« L’endurance est déjà quelque chose de populaire. De plus, aller en F1 est de plus en plus difficile. Pour des pilotes qui ont envie de faire une carrière dans le sport auto, je trouve que c’est une bonne discipline car il y a pas mal d’opportunités. Pour finir, j’ai moi-même fait de l’endurance, j’ai disputé les 24 Heures du Mans et je voulais faire quelque chose de similaire. Pour le moment, nous démarrons avec l’ELMS en LMP2 puis nous allons essayer de grandir étape par étape. »

Comment se sont passés vos premiers pas en endurance en tant que team manager ?

« Certes, ce n’est pas la même chose mais cela reste du sport auto. Il a fallu que nous apprenions les règles car elles sont différentes de ce que l’on a pu connaître auparavant et il faut aussi encadrer nos deux jeunes pilotes qui sont débutants en endurance. Nous avons fait de bons temps aux essais officiels ELMS au Castellet où nous avons même été surpris. Lors des 4 Heures du Castellet, ce fut plus dur avec la pression de la course. Nous avons été 3e à un moment, nous avons été compétitifs pour notre 1ere course. Il faut trouver l’équilibre entre pousser à tous les tours et savoir préserver la voiture pour 4 heures. »

Pourquoi avez-vous fait le choix du châssis Dallara ?

« D’abord, nous avons travaillé avec eux en monoplace (Formule Renault 3.5). Je connais donc bien les gens de chez Dallara. Ils ont un bon package et ils souhaitaient avoir plus d’équipes engagées. Dallara est revenu en endurance en 2017 et Il m’a semblé que c’était le bon moment pour mon équipe de basculer et de continuer avec eux. Notre relation est très bonne et nous continuons le développement de la voiture pour en extraire le maximum. Ils construisent des autos depuis des années, c’est juste une question de temps, pour mettre les choses les unes derrière les autres afin de connaître le succès. »

L’objectif est-il un podium ou est ce plus prendre de l’expérience ?

« Nous avons vu au Paul Ricard que nous étions en mesure de nous battre pour un podium. Notre but est donc d’intégrer le Top 5. Ensuite, gagner est une autre histoire même si on sait qu’une Dallara (celle de SMP Racing) a remporté une épreuve l’an dernier. Le niveau est relevé. »

Il n’y aura pas de 24 Heures du Mans cette année pour vous…

« Non car nous voulions nous assurer que tout fonctionne correctement. Même si nous sommes nouveaux dans cette discipline et que nous débarquons de la monoplace, l’équipe a de très bons professionnels et repose sur une mélange de personnes issues de l’endurance et de la monoplace. L’écurie est certes jeune mais nous voulons des résultats. Quant aux 24 Heures du Mans, ce sera notre objectif en 2019. »

Est-ce que le WEC est votre prochain but ?

« Le WEC est un gros championnat et il faut de gros partenaires. De plus, c’est long donc notre prochain but est Le Mans. Après si nous trouvons des sponsors ou des pilotes qui ont envie de faire la saison WEC complète, nous irons. Cependant, ce n’est pas dans nos têtes pour le moment, nous sommes concentrés sur l’ELMS et sur Dallara pour obtenir le meilleur package possible. Par contre, nous regardons du côté de Daytona, une course qui pourrait nous intéresser. »  

Vous avez participé aux 24 Heures du Mans 2008 sur une Epsilon Euskadi ee1 Judd avec Ángel Burgueño et Miguel Ángel de Castro. Vous en gardez un bon souvenir ?

« Je garde de très souvenirs de cette époque. Epsilon Euskadi avait construit sa première LMP1 et j’étais en charge du développement. Joan Villadelprat gérait le projet et j’ai beaucoup appris de lui car il venait de F1 (il a travaillé notamment pour McLaren, Ferrari, Tyrell et Benetton, ndlr). Ce fut une expérience incroyable pour moi. J’ai ensuite disputé quelques courses de Le Mans Series. Je me rappelle de la manche de Silverstone où j’avais pu qualifier la voiture pas très loin des Audi R10. Aux 24 Heures du Mans, ce fut évidemment difficile car la voiture était très jeune et nous n’avions pas fait de test de 24 heures avant de venir. Nous avons connu des soucis de transmission et avons dû abandonner. Cette période a été très enrichissante et si j’en suis là aujourd’hui, en tant que team principal, c’est en partie grâce à cette période. »