Matteo Ferrer-Aza : de la Ligier JS11/15 à la Corvette DP
Tous les pilotes ne rêvent pas de course automobile depuis l’enfance. Pour Mattero Ferrer-aza, la passion est venue presque par hasard, à la suite d’une simple journée de karting qui allait changer le cours de sa vie. De ses débuts tardifs en monoplace à son passage par les formules de promotion, jusqu’à son retour inattendu en Formule 1 historique avec une Ligier JS11/15, son parcours est loin d’être classique. On le retrouve aussi au volant d'une Corvette DP ex-Wayne Taylor Racing. Entretien...
Qu’est-ce qui a déclenché votre passion pour le sport automobile ?
Honnêtement, rien ne me prédestinait à la course. Mon père regardait la F1 à la télévision, mais je n’avais aucun intérêt particulier pour ça. J’aimais les voitures, bien sûr, mais j’étais surtout passionné par les dinosaures et les avions. Le vrai déclic est venu vers 14 ou 15 ans, lors d’une journée de karting à Buckmore Park, en Angleterre. J’ai adoré cette expérience et j’ai su immédiatement que je voulais devenir pilote.
Votre famille vous a-t-elle soutenu dès le début ?
Pas du tout. Mon père était totalement opposé à ce projet pour des raisons logiques : le coût, les risques, les incertitudes. Mais mon parrain a joué un rôle décisif en me mettant en contact avec Alfonso de Orleans Borbon, patron de l’écurie Racing Engineering en GP2. Cela m’a permis de rencontrer un coach de pilotage, Peter Collins, qui a cru en moi et m’a offert une chance.
Comment avez-vous débuté en compétition ?
Après une journée d’essai concluante, j’ai pu disputer une saison en Formule Intersteps en 2012 avec Fortec. Les résultats ont été encourageants, ce qui m’a permis d’obtenir un budget pour continuer en Formula Renault 2.0 UK. J’y ai progressé rapidement et me suis battu pour le championnat lors de ma deuxième saison.
Pourquoi être parti courir en Nouvelle-Zélande ?
La Toyota Racing Series est une excellente école. J’y ai couru en 2014 et 2015. C’était une expérience incroyable, mais aussi très exigeante. Malgré de bons moments, les difficultés sportives et personnelles m’ont peu à peu éloigné de la course, au point de tout arrêter.
Pourquoi ce retour par la course historique ?
Un ami m’a convaincu d’essayer une voiture historique lors d’une course en Nouvelle-Zélande. Ce fut une révélation. J’y ai retrouvé le plaisir pur du pilotage. J’ai alors décidé de me consacrer pleinement aux courses historiques, avec comme objectif la Formule 1 historique.
Comment êtes-vous arrivé en Formule 1 historique ?
Avec mon père, nous avons acheté une Ligier JS11/15 chez Hall & Hall en 2018. Cinq jours après avoir appris que la voiture était disponible, nous étions à Paris pour la voir et nous l’avons achetée immédiatement. Ce fut le début d’une formidable aventure.
Quels ont été vos meilleurs résultats en Masters Historic F1 ?
Après une première saison d’apprentissage en 2018, nous avons remporté le championnat en 2019. Gagner le dernier titre officiel FIA en Formule 1 historique reste l’un des plus grands moments de ma vie.
Courez-vous toujours pour gagner ?
Absolument. Même en courses historiques, je ne pourrais pas piloter sans viser la victoire. La compétition fait partie intégrante de ma personnalité.
Votre meilleur souvenir en course ?
Monaco 2021. Parti 18e après un problème mécanique en qualifications, j’ai terminé troisième. Un podium à Monaco en remontant tout le peloton, c’est inoubliable.
Et votre pire moment ?
Le Grand Prix de Nouvelle-Zélande 2015. J’avais énormément d’espoirs, mais tout s’est effondré. J’ai terminé loin du podium et j’ai eu l’impression d’avoir déçu toute mon équipe.
La meilleure voiture que vous ayez pilotée ?
Sans hésiter, la Ligier de Formule 1. Une F1 reste la quintessence de la voiture de course.
La moins agréable ?
La Ferrari 488 Challenge : lourde, peu agile, manquant de sensations et d’aéro.
Vos circuits préférés ?
En Europe : Oulton Park, Estoril et Dijon. Dans le monde : Road Atlanta et surtout Teretonga Park, un circuit à l’ancienne, très exigeant.
Vos rivaux les plus redoutables ?
Michael Lyons et Martin Stretton. Courir contre eux est toujours intense et passionnant.
Votre meilleur ami dans le paddock ?
Mon coéquipier Alex Müller. Mais plus largement, l’ambiance du Masters est exceptionnelle, conviviale et respectueuse.
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