Le Mans

Bob Wollek et Le Mans 1992 : "Question pilotage, cette course ne vaut pas tripette"

24 Heures du Mans
8 juin. 2022 • 8:00
par
lmercier
Bob Wollek a toujours été connu pour ne pas avoir sa langue dans sa poche. Il y a tout juste 30 ans, l'Alsacien disputait les 24H du Mans sur une Cougar. L'édition 1992 ne restera pas dans les annales pour son nombre d'engagés. La tournure des événements avait de quoi faire pester Bob Wollek qui se demandait encore ce qu'il faisait là.
Photo : DPPI

Il y a 30 ans, la liste des engagés des 24H du Mans était nettement moins fournie que celle de 2022. Avec 29 autos au départ, il n’y avait pas de quoi se réjouir. Cette année-là, Bob Wollek roulait avec ses potes Henri Pescarolo et Jean-Louis Ricci sur une Cougar-Porsche. L’Alsacien, toujours en quête d’un premier succès au Mans, jugeait cette édition 1992 comme un fiasco. Sur le papier, le trio de la Cougar-Porsche #54 avait pourtant tout pour séduire, combinant expérience et amitié. Suffisant pour contenter le Strasbourgeois ? Pas sûr…

 

« Le Mans 1992 est un fiasco », se désolait Bob Wollek avant le départ. « Est-ce que quelqu’un connaît d’abord la vérité ? Je crois que l’on pourrait parler de ce sujet pendant 24 heures. Il y a eu des conneries de faites. La Fédération n’a pas voulu arranger les choses et certains dirigeants d’écuries ont enfoncé le clou. Ils se reconnaîtront. De toute façon, ils ne méritent pas les lauriers de la victoire, tout du moins en ce qui concerne les décideurs. Pour ce qui est des mécanos et techniciens, ils ont fait leur boulot. A la limite, je dirai que leurs voitures sont déjà bonnes à jeter, car il n’y aura plus de championnat bientôt. Tout ça est d’un ridicule… A peine trente voitures au départ… Ils ont tout cassé en deux ans. Quatre, voire cinq années vont être nécessaires pour tout reconstruire. »

 

Le vainqueur des 24H de Daytona 1991 vantait les mérites de l’équivalence, déjà il y a 30 ans : « De toute façon, il faut trouver une formule d’équivalence avec des autos moins coûteuses. Ce serait quand même mieux que de prendre exemple sur le Championnat d’Allemagne où tout le monde se rentre dedans. C’est n’importe quoi. Question pilotage, ce type de course ne vaut pas tripette. » 

 

En 1992, Bob Wollek faisait le service minimum avec Daytona et Le Mans : « Seul un nouveau championnat élargi à d’autres voitures pourrait m’inciter à poursuivre l’aventure de la course. Quand je suis chez moi, je me dis que je ferai mieux de tout arrêter et puis quand je reviens ici au Mans, ça va mieux. Je n’ai pas envie de me faire chier. Je pilote pour le plaisir, je fais de la course pour m’amuser, je ne suis pas de ceux qui paient pour piloter une voiture. Franchement, c’est comme toi, ouvrier, tu payais de ta poche pour travailler. Mais où va-t-on ? Je suis parti de chez Joest parce que je ne m’amusais plus. Il y a des limites quand même. » 

 

Bob Wollek, Henri Pescarolo et Jean-Louis Ricci terminaient les 24H du Mans à la 6e place à 25 tours des vainqueurs.

Commentaires (1)

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vvf36

8 juin. 2022 • 9:45

Pilote haut en couleur. Les groupes C arrivaient toutes en fin de cycle. Problème, la nouvelle réglementation n'a fédéré aucun constructeur majeur sauf Peugeot et Toyota (déjà). La deuxième lame fut le tandem Ecclestone/Mosley avec leur vision unique du sport auto : la F1.
On peut faire un parallèle avec aujourd'hui période creuse après les années fastes (2014 à 2017). Une grosse différence, l'ACO a cherché (et réussi), grâce à l'IMSA, à faire une réglementation attractive (dans la difficulté tout de même)