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Voile et Endurance : deux mondes, une même quête

Endurance Info
25 oct. 2026 • 14:00
par
Laurent Mercier, à Saint-Malo

La voile a des similitudes avec le sport automobile, mais aussi de profondes différences. Vous n’avez pas, par exemple, de course sur circuit organisée tous les quatre ans. Quand vous quittez les 24 Heures du Mans, vous n’avez qu’un an à attendre avant de retrouver la classique sarthoise, contre quatre pour la Route du Rhum - Destination Guadeloupe. Quatre années durant lesquelles les navigateurs se préparent à affronter la mythique course transatlantique en solitaire entre Saint-Malo et Pointe-à-Pitre, longue de 3 542 milles nautiques, soit plus de 6 500 km.

Organisée pour la première fois en 1978 à l’initiative de Michel Etevenon, la Route du Rhum ne connaît ni catégorisation FIA, ni classes Pro, Gold, Silver, Bronze ou Pro-Am. Cela ne signifie pas pour autant que tous les concurrents prennent le départ avec un bateau identique. 

Six catégories sont représentées :

  • ULTIM : maxi-trimarans pouvant atteindre 32 mètres de long, avec des mâts culminant à environ 35 mètres et plus de 50 noeuds, soit près de 100 km/h sur l'eau.
  • OCEAN FIFTY : trimarans de 50 pieds, soit 15,24 mètres, avec des mâts d'environ 26 mètres.
  • IMOCA : monocoques de 60 pieds, soit 18,28 mètres, équipés de mâts pouvant dépasser 28 mètres.
  • CLASS40 : monocoques de 40 pieds, soit 12,19 mètres, avec des mâts d'environ 19 mètres.
  • VINTAGE MONO : monocoques classiques.
  • VINTAGE MULTI : multicoques historiques.

 

Avec deux catégories Vintage, c'est un peu comme si on réunissait sur une même course les 24 Heures du Mans et Le Mans Classic. Comme en Endurance, pas de classement séparé masculin/féminin mais bien un seul classement. 

La grande différence avec le sport automobile tient également à la visibilité de la course. En dehors du départ et de l’arrivée, difficile de voir les bateaux évoluer en direct. Contrairement au Vendée Globe, qui s’étend sur plusieurs mois, la Route du Rhum se dispute sur une durée bien plus courte. Le record est détenu par Charles Caudrelier, vainqueur de l’édition 2022 en 6 jours, 19 heures et 47 minutes. Une performance à comparer aux 23 jours, 6 heures et 59 minutes réalisés par Mike Birch lors de la première édition, en 1978, à bord d’Olympus Photo. 1978, l'année de la disparition d'Alain Colas sur Manureva, mis en chanson par Serge Gainsbourg pour Alain Chamfort.

Ici, pas de Balance de Performance pour rapprocher les performances des concurrents. Et pourtant, les écarts peuvent être infimes. En 1978, Mike Birch avait devancé Michel Malinovsky de seulement 98 secondes à l’arrivée. Quarante ans plus tard, en 2018, Francis Joyon s’imposait face à François Gabart avec 428 secondes d’avance. 

Comme en endurance automobile, la technologie et les budgets peuvent atteindre des sommets. Avec près de 20 tonnes, le Maxi Edmond de Rothschild et son équipe représentent un investissement qui dépasse largement celui d’un prototype Hypercar. Le projet Gitana 18 est estimé à plus de 20 millions d’euros, avec plus de 200 000 heures de chantier et 50 000 heures consacrées à la conception.

Et puisque l’on parle d’Hypercar, impossible de ne pas faire le rapprochement avec Ferrari. La marque italienne s’est récemment lancée dans la course au large avec Ferrari Hypersail, un projet qui fait directement le lien entre ses deux univers.

« Hypersail est un nouveau défi qui nous pousse à repousser nos limites et à élargir nos horizons technologiques, expliquait John Elkann, président de Ferrari, après les 24 Heures du Mans 2025. En même temps, ce projet s’inscrit parfaitement dans la tradition de Ferrari, en s’inspirant de notre Hypercar, triple vainqueur des 24 Heures du Mans. Concevoir un yacht destiné à la course au large est peut-être l’expression ultime de l’endurance. »

Deux disciplines différentes, donc, mais une même quête : aller toujours plus vite, plus loin et repousser les limites de la technologie.

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