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Jordan Boisson : « L’objectif est d’éviter les piges et de construire quelque chose dans la continuité »

GT World Challenge Europe
26 oct. 2026 • 16:00
par
Laurent Mercier, à Portimão

Après une saison particulièrement riche, Jordan Boisson peut regarder le chemin parcouru avec satisfaction. Entre les 24H Series, l’Intercontinental GT Challenge et les 24 Heures de Spa, le pilote français, qui a fait équipe avec Patrick Charlaix et Marvin Klein, ont multiplié les expériences au volant de la Mercedes-AMG GT3, avec en point d’orgue un podium de classe aux 24H de Spa. Une saison faite de découvertes, mais aussi d’une progression constante qui pousse désormais l’équipe à privilégier la stabilité. Pour la suite, la volonté est claire : poursuivre l’aventure avec Mercedes et GetSpeed, abandonner les programmes au coup par coup et construire un engagement complet autour d’un équipage stable. Jordan Boisson fait le point sur cette saison et dévoile les grandes lignes de la prochaine.

Photo : PCX Racing

Quel bilan tirez-vous de cette saison ?

La saison a été plutôt bonne et satisfaisante. Nous avions quand même des attentes élevées, notamment en 24H Series où nous visions le titre. Nous terminons finalement deuxièmes, donc forcément, il y a une petite déception. La saison s'est construite assez tard et nous avons découvert pas mal de choses en cours de route. Mais nous avons aussi vécu de très bons moments, notamment avec ce podium de classe aux 24 Heures de Spa. C'est quelque chose dont nous sommes très fiers.

 

Votre participation sur la finale GT World de Portimão n'était pourtant pas prévue initialement…

Non. Cela s'est décidé environ un mois et demi avant la course. Ce n'était donc pas complètement au dernier moment, mais ce n'était pas prévu au départ. La présence de Max Verstappen et l'envie de Patrick de rouler sur ce tracé nous ont amenés à regarder les possibilités. Une opportunité s'est présentée avec GetSpeed et nous l'avons saisie.

Avez-vous senti une progression de l'équipage au fil de la saison ?

Clairement. Il y a eu une vraie progression. Patrick a notamment beaucoup progressé dans son adaptation à Indianapolis. De mon côté, j'ai également continué à progresser. Marvin, qui ne disputait que sa troisième ou quatrième course avec nous cette année, commence vraiment à bien prendre en main la Mercedes. Nous sommes satisfaits de ce que nous produisons, même si nous savons qu'il reste encore du travail.

 

Cette saison a aussi été marquée par de nombreuses piges dans différents championnats. Comment avez-vous vécu cette adaptation permanente ?

Ce n'était pas toujours simple. Il fallait constamment s'adapter à de nouveaux championnats, à de nouvelles réglementations et parfois à des pneus différents. Nous sommes notamment passés de Pirelli à Michelin, avec toute la gestion des pneus froids que cela implique. Chaque championnat a ses spécificités.

À Indianapolis, par exemple, nous avons pris un drive-through à cause d'une règle très stricte concernant le fait de ne pas pouvoir se décaler au départ. Ce sont des choses que l'on apprend parfois à ses dépens. Malgré cela, nous retenons surtout les deux belles prestations réalisées sur les courses de 24 heures.

 

Vous avez également partagé le volant avec plusieurs pilotes officiels Mercedes. Est-ce que cela a été bénéfique ?

Oui, évidemment. C'était formidable de pouvoir travailler avec les trois vainqueurs de Bathurst. C'est toujours enrichissant de partager la voiture avec des pilotes de ce niveau et d'apprendre à leurs côtés. Mais pour construire quelque chose dans la durée, changer de coéquipier à chaque course n'est pas forcément idéal. Chacun a sa façon de travailler, ses habitudes et ses réglages. Pour la suite, nous aimerions donc avoir davantage de continuité, notamment avec un seul pilote professionnel.

Maro Engel a accompagné l'équipe en 24H Series au Paul Ricard (photo : Team PCX)

Justement, quelle sera la suite pour l'équipe ?

L'idée est de faire dans la continuité de cette saison. Nous avons appris énormément de choses et nous voulons pouvoir les mettre à profit plutôt que de repartir à zéro à chaque course.

 

Cela signifie que vous poursuivrez avec Mercedes et GetSpeed ?

La continuité est totale avec Mercedes et GetSpeed. Nous avons un engagement moral très fort avec eux et nous ne discutons actuellement avec aucune autre équipe. Nous apprécions énormément la qualité de l'accueil, le travail réalisé et les prestations proposées par GetSpeed. Il n'y a donc aucune raison d'aller voir ailleurs.

Photo : Team PCX

Vous souhaitez donc mettre fin aux programmes constitués de piges ponctuelles ?

C'est clairement l'objectif. Nous voulons éviter les piges et nous inscrire sur un programme complet. L'idée est de construire quelque chose sur l'ensemble d'une saison, avec une vraie continuité dans le travail.

 

Un programme complet en IGTC fait-il partie des possibilités ?

L'IGTC fait effectivement partie des réflexions. Il y a encore quelques interrogations, notamment parce que certaines manches nous posent davantage de problèmes ou nous font un peu peur, comme le Nürburgring. Nous devons encore prendre une décision, mais cela devrait se faire rapidement.

Marvin fera à nouveau partie de l'équipage en 2027 ?

C'est l'intention première. Pour le programme principal, nous souhaitons conserver Marvin. Si un deuxième programme compatible se présente, il pourrait éventuellement être réalisé avec un pilote officiel Mercedes-AMG, mais notre priorité reste la continuité.

 

Les 24 Heures de Spa sont-elles déjà au programme ?

C'est quasiment confirmé. Nous avons vraiment envie d'y retourner. La classe Pro-Am, ou Bronze, correspond particulièrement bien à notre équipage. De plus, je serai officiellement classé Bronze à partir du 1er janvier, donc cela ouvre des possibilités intéressantes.

Comment sera composé l'équipage à Spa ?

Marvin sera le troisième pilote. Pour le quatrième, nous cherchons quelqu'un de performant, évidemment, mais surtout quelqu'un qui soit compatible humainement avec nous. C'est un aspect très important. Il ne suffit pas de prendre le pilote le plus rapide possible : il faut aussi que la relation fonctionne et que tout le monde puisse travailler dans de bonnes conditions.

 

Pourquoi avoir écarté l'Asian Le Mans Series et certains autres programmes proposés par l'ACO ?

Il y a plusieurs raisons. Une partie des courses se déroule finalement en Europe, alors que nous cherchions plutôt quelque chose qui nous permette de courir au chaud pendant l'hiver. Mais il y a surtout la situation de Patrick, qui doit subir une opération de la hanche à la fin du mois. Cela a forcément compliqué certains projets. Nous avions notamment envisagé de participer à Kyalami avec Creventic en janvier, mais cela ne pourra finalement pas se faire.

 

Et Daytona ? L'IMSA a-t-elle été envisagée ?

Oui, nous avons discuté d'une participation à Daytona jusqu'à très tard dans la saison. Mais nous avons finalement préféré nous donner encore une année pour accumuler de l'expérience. Rouler à Daytona avec les GTP demande notamment de savoir gérer énormément de trafic et des différences de performances importantes. Nous préférons prendre le temps d'apprendre et d'arriver mieux préparés plutôt que de nous lancer trop tôt.

Quand le programme 2027 sera-t-il définitivement arrêté ?

Cela devrait être fait très rapidement, probablement sous une semaine. GetSpeed a besoin d'avoir de la visibilité, notamment avec ses engagements en IMSA, donc nous devons prendre notre décision rapidement.

 

Votre relation avec Mercedes semble donc appelée à durer. Est-ce également le cas à plus long terme ?

Nous avons déjà des discussions avec Mercedes concernant la future GT3, qui est attendue pour 2028. Nous sommes évidemment très intéressés par cette perspective et nous aimerions pouvoir contribuer à son développement si l'occasion se présente. Pour nous, c'est aussi une raison supplémentaire de poursuivre dans cette direction. Nous avons une bonne relation avec Mercedes et GetSpeed, nous avons encore beaucoup de choses à apprendre et nous voulons continuer à progresser ensemble. L'objectif est vraiment de construire quelque chose sur le long terme plutôt que de multiplier les programmes sans véritable continuité.

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