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Alpine, pari perdant à Fuji

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28 Sep. 2026 • 10:00
par
EI
Longtemps en tête et en position de l'emporter avant la dernière neutralisation, Alpine Endurance Team n'a pas vu sa stratégie tourner en sa faveur au Japon, et manque une belle occasion de signer une première victoire en 2026.
© DPPI / WEC

Il y a douze mois, c'est un choix stratégique payant qui avait offert sa première victoire en Hypercar à Alpine avec l'A424 en terre japonaise. En changeant seulement deux pneus sur la n°35, l'entité française s'était jouée de Peugeot et Porsche Penske dans le final de Fuji.

Un succès sur la 100e épreuve du WEC (en marge du 70e anniversaire de la marque de Dieppe) qui avait enfin récompensé le programme mené par Philippe Sinault et ses troupes.

Et depuis le début de semaine sur le Fuji Speedway, force est de constater que les A424, emmenées par des duos en lieu et place des habituels trios vus cette saison, menaient grand train, tant sur le sec que sous la pluie.

 

Coup perdant

Passé l'écueil du départ, les deux Alpine ont dominé le début de course, avec en menace principale les Aston Martin Valkyrie - Aston Martin THoR, très véloces depuis le coup d'envoi des premiers roulages japonais.

Sur une piste autorisant finalement les gommes slicks après la pluie de la veille, le clan français adoptait deux stratégies légèrement différentes sur les n°35 et n°36 des paires Charles Milesi - Ferdinand Habsburg et Jules Gounon - Victor Martins.

Avec un écart plutôt conséquent sur la concurrence (plus de 10" sur l'Aston Martin n°007 au cap des 5 heures de course), une deuxième victoire consécutive sur les terres de Toyota Racing paraissait se dessiner pour Alpine.

Mais la dernière neutralisation, après l'accident entre l'Aston Martin Vantage LMGT3 n°27 - The Heart of Racing et la McLaren 720S LMGT3 EVO n°58 - Garage 59, va causer la perte d'Alpine.

© DPPI / WEC

Autant la stratégie de 2025 avait poussé l'A424 n°35 vers la victoire, autant la neutralisation et le choix du muret un an plus tard vont coûter un doublé qui semblait tendre les bras aux Bleus.

Si la n°35 ne change pas de pneus, deux nouvelles gommes vont être montées sur le flanc gauche de la n°36. Mais ce sont surtout le choix de Toyota Racing et de BMW M Team WRT de privilégier la position en piste, et une séquence sous voiture de sécurité qui va s'étendre suffisamment pour offrir suffisamment de latitude en carburant la TR010 Hybrid n°8 de tête, qui vont faire reculer les deux Alpine.

Malgré un avantage pneu sur la n°36, Victor Martins ne pourra revenir sur Ryo Hirakawa.

« Le principal facteur clé était la dernière voiture de sécurité, explique Nicolas Lapierre, directeur sportif d'Alpine Endurance Team.

Nous ne voulions pas sacrifier une voiture, donc nous avons arrêté les deux voitures en même temps. Nous avons perdu du temps et nous nous sommes fait dépasser par quelques voitures.

Au final, je pense que nous aurions pu gagner la course et finir loin avec l'autre voiture si nous l'avions sacrifiée. Nous avons décidé de suivre l’esprit d’équipe et d’être finalement avec les deux voitures. C'était mon objectif, donc je l'assume à la fin. »

« C'est un bon résultat puisque nous montrons que nous sommes au niveau attendu mais c'est sûr nous sommes un peu déçus et il faut l'être parce que nous étions 80% de la course premier et deuxième, avoue de son côté Philippe Sinault.

La dernière voiture de sécurité tue notre stratégie et ce n'était pas facile à gérer dans cette situation et nous n'avions pas le choix que d'arrêter nos voitures en même temps. Victor a fait un énorme travail pour revenir en deuxième et se battre pour la victoire mais ce n'était pas suffisant.

C'est encore une fois un bon signal d'être déçu de ce type de résultat. Nous avons prouvé que nous sommes sur une bonne dynamique, et nous serons là à Barcelone et à Monza pour nous battre à nouveau. »

 

Le facteur carburant ?

Deuxième et quatrième sous le damier, le clan français peut logiquement afficher un peu de déception dans un contexte où l'avenir de l'équipe de Bourges (Cher) n'est pas encore acté pour 2027, avec le retrait de la marque française et les rumeurs autour d'un nouveau projet.

« Nous n'avons pas eu de chance avec la voiture de sécurité car nous avons dû prendre des risques, estime Victor Martins. C'était compliqué pour les deux voitures de faire un pari. Au final, nous avons décidé de mettre des pneus et peut-être trop de carburant. »

© DPPI / WEC

« Pour être honnête, je ressens des sentiments partagés, enchaîne Jules Gounon. Nous avons mené la quasi-totalité de la course avant la dernière intervention de la voiture de sécurité.

Nous nous sommes retrouvés dans une situation très délicate avec la voiture sœur et il a fallu gérer au mieux les arrêts des deux voitures. Nous avons pris le pari de monter deux pneus neufs. C'était un choix difficile au final, mais je reste très fier de l'équipe. »

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