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David Perel, l'homme aux trois victoires de classe aux 24H de Spa

GT World Challenge Europe
28 Aoû. 2026 • 12:00
par
EI

Si vous suivez le GT World, vous connaissez forcément David Perel. Si vous faites partie des familiers de sim racing, vous connaissez certainement Coach David. Les deux ne font qu'un. A 41 ans, le Sud-Africain connaît les Ferrari GT comme personne. Cela fait maintenant une décennie qu'on le retrouve sur une GT de Maranello avec comme seule infidélité une participation aux 24 Heures de Spa 2016 sur une Bentley Continental GT3. 

Fidèle à Rinaldi Racing depuis 2018, David Perel voue comme qui dirait une vraie amitié à Michele Rinaldi. Fin juin, Coach David était au départ des 24 Heures de Spa au volant d'une Ferrari 296 GT3 EVO engagée en Silver Cup et partagée avec Rafael Duran, Alessandro Balzan et Dylan Medler. A l'arrivée, une victoire de classe pour son dixième départ sur la plus grande course GT au monde. 

David Perel est devenu le premier pilote à s’imposer dans trois classes différentes aux 24 Heures de Spa : en Am en 2017, en Pro-Am en 2018 et désormais en Silver Cup. Avec 10 heures et 5 minutes passées au volant, il a également été le pilote ayant accumulé le plus de temps de conduite durant l’épreuve.

« Nous avons vraiment souffert pendant le Prologue, a déclaré David Perel. Toutes les équipes utilisent un nouveau moteur à Spa, mais j’avais dit à Michele Rinaldi que nous devions l’essayer plus tôt, à Monza, afin de vérifier si notre problème de vitesse de pointe venait bien du moteur. Nous l’avons fait et nous avons réalisé une très bonne performance à Monza, ce qui m’a donné beaucoup de confiance.

« À Spa, la première séance du mardi s’est bien passée. Mais lorsque nous avons commencé les essais libres du jeudi matin… bon sang, nous étions complètement à côté de la plaque ! Michele Rinaldi est alors revenu à un réglage de l’année précédente et nous avons retrouvé notre rythme.

« Je me suis dit que si nous pouvions terminer dans les 35 premiers des qualifications combinées, je serais très heureux.

« Rafa et Dylan disputaient tous les deux leurs premières 24 Heures de Spa. Les qualifications sont extrêmement difficiles ici, mais ils ont fait du très bon travail. La vraie surprise est venue d’Alessandro, qui n’a pas beaucoup couru cette année et qui a pourtant réalisé un chrono proche des meilleurs.

« J’étais plutôt satisfait de mon tour, même s’il n’était pas parfait. Nous avons terminé à la 34e place, mais seuls les 32 premiers accédaient à la Superpole. »

Une course perdue d'avance ? Non pas vraiment... 

« D’un côté, nous étions contents, mais aussi un peu déçus d’avoir raté la Superpole d’aussi peu, regrette Perel. J’aime le nouveau format, parce qu’il donne leur chance à davantage de voitures. Mais j’ai dit à mon ingénieur, David : “Il est impossible que, sur environ 120 pilotes, personne n’ait fait d’erreur. Quelqu’un va forcément voir son chrono annulé.”

« Je n’ai pas réussi à dormir cette nuit-là. J’avais le sentiment que nous allions finalement être qualifiés pour la Superpole. J’ai à peine fermé l’œil, ce qui n’est évidemment pas idéal avant une course de 24 Heures !

« Je me suis réveillé le lendemain avec un message de David, vers six heures du matin : nous étions qualifiés et il fallait nous préparer. »

David Perel visait alors une place autour de la 25e position. Il allait faire nettement mieux. La Ferrari / Rinaldi Racing s’est classée 13e de la Superpole, avant de s’élancer depuis la 11e place de la grille après application des pénalités.

« C’était tout simplement incroyable, surtout pour Michele Rinaldi, se réjouit Perel. C’est un véritable passionné de course et, plus encore, des pilotes. Il m’a donné ma chance alors que je n’étais personne. Il a également donné sa chance à Nico Varrone alors qu’il n’était personne et, aujourd’hui, Nico court en Formule 2.

« Il y a toute une liste de pilotes auxquels Michele a donné leur chance. C’est un patron d’écurie exigeant. Il peut intervenir à la radio en plein relais et vous dire : “Hé, c’est un bon rythme pour un Bronze !” C’est simplement sa façon de vous dire : “Réveille-toi !” »

David Perel était chargé de prendre le départ :  « J’ai participé dix fois à cette course et je pense avoir pris le départ cinq ou six fois. Jusqu’à cette année, c’était toujours depuis les dernières lignes. Quand on arrive à La Source, la course a déjà commencé !

« Être en tête de grille, c’était génial. Descendre vers Eau Rouge pour le départ, c’était dingue. Et c’est aussi un énorme soulagement, car on est un peu plus éloigné des éventuels problèmes.

« Nous avons très bien commencé. Nous avions du rythme. Je crois que vers 20 ou 21 heures samedi soir, nous étions premiers de notre classe et neuvièmes au classement général.

« Notre stratégie pour toute la course était simple : si nous mettions un pilote inexpérimenté au volant pendant une heure, nous voulions ensuite enchaîner avec un pilote expérimenté pendant deux heures. Avec les nouvelles règles concernant les drapeaux bleus, notre objectif était de rester dans le tour de tête le plus longtemps possible.

« On ne pense plus seulement à sa position. On se répète : “Tour de tête, tour de tête, tour de tête !” »

Peu après le relais du Sud-Africain la Ferrari a chuté à la 47e place et, surtout, accusait un retard d’un tour et demi sur le leader.

« Comme j’ai vécu tellement de moments déchirants à Spa, j’ai immédiatement pensé que c’était terminé, se souvient Perel. On ne rattraperait jamais un tour et demi. Mais nos ingénieurs, David et Jörg, ont joué un rôle essentiel pour me maintenir motivé. Ils ont imaginé une stratégie : chaque fois qu’un drapeau jaune était déployé sur l’ensemble du circuit et que la voie des stands était ouverte, nous ferions un ravitaillement éclair de trois secondes afin de prolonger notre temps de conduite. Cela signifiait toutefois qu’Alessandro et moi allions devoir conduire énormément. »

Le véritable tournant de la course est arrivé lorsque David Perel a retrouvé la Porsche qui occupait alors la tête de la classe Silver : « La Porsche de tête m’a doublé et j’ai réussi à rouler à son rythme, en la gardant en vue pendant environ 30 minutes. Puis une voiture de sécurité est entrée en piste et la Porsche est rentrée aux stands pour réinitialiser son temps de conduite. La voiture de sécurité l’a rattrapée et j’ai pu remonter tout le peloton jusqu’à l’arrière.

« En gros, j’avais récupéré mon tour de retard. Et toutes ces voitures à l’arrière se sont alors retrouvées sous drapeaux bleus. Pour une fois, les drapeaux bleus jouaient en notre faveur !

« À la reprise, j’ai dû doubler une vingtaine de voitures pour revenir au contact des trois premiers de la Silver Cup. C’était comme si la mer s’était ouverte devant nous grâce aux drapeaux bleus. À la fin de mon relais, nous étions à portée de la Ferrari n°52 d’AF Corse. »

Perel passe alors le volant à Alessandro Balzan. L’Italien réalise un relais de bonne facture et permet à la Ferrari verte de remonter jusqu’à la troisième place. Pendant ce temps, la McLaren qui occupait la tête de la classe Silver reçoit une pénalité stop-and-go qui la sort pratiquement de la course. La BMW de Team WRT récupère donc la première place.

Balzan repasse ensuite le volant à Perel pour le dernier relais, à une heure et demie de l’arrivée.

« La BMW avait dix secondes d’avance, explique Perel. Honnêtement, compte tenu de la difficulté de la course et du temps qu’Alessandro et moi avions déjà passé au volant, j’étais très heureux d’être sur le podium.

« Lorsque l’équipe m’a annoncé que la BMW avait dix secondes d’avance et qu’il s’agissait d’une voiture WRT, je me suis dit : “Bon, nous n’allons jamais la rattraper !” Mais l’écart a commencé à fondre. 9,8 secondes… 8,7… 7,2… Et soudain, elle était juste devant moi. Ce n’est que lorsqu’elle a été là, tout près, que j’ai commencé à croire que nous pouvions vraiment gagner. »

Perel tente alors sa chance à deux reprises.

« Je n’arrivais pas à la dépasser, précise-t-il. Elle était rapide exactement là où il fallait. J’ai essayé deux fois et j’ai peut-être été un peu téméraire, pour être honnête. Mais le pilote, Ignacio Montenegro, m’a toujours laissé suffisamment d’espace. Tout mon respect à lui. Puis il s’est arrêté un peu plus tôt que prévu. L’équipe m’a appelé à la radio : “Dave, il te reste trois tours. Roule aussi vite que possible pour tenter l’overcut.”

« Je me suis dit : “Il va ressortir avec des pneus neufs et tout détruire !” Mais nous avons réussi à enchaîner trois tours très rapides. J’ai gagné environ une seconde et nous avons réussi l’overcut. Lorsque j’ai passé le volant à Balzan pour les 37 dernières minutes, nous avions une seconde d’avance. »

Alessandro Balzan a su gérer la fin de course et la Ferrari n°45 a franchi la ligne d’arrivée en tête de la Silver Cup.

Au-delà de son propre palmarès, David Perel retient surtout la victoire de Rinaldi Racing : « Michele veut simplement courir. C’est phénoménal. C’est tellement agréable d’avoir quelqu’un sans ego dans le monde de la course. On ne le voit même pas lorsque sa voiture gagne. Il ne monte jamais sur le podium. Il s’occupe du réglage de la voiture, il conduit le camion jusqu’aux courses. Après Spa, il a d’ailleurs conduit le camion jusqu’au Mans pour le Le Mans Classic. C’est fou, non ? Michele est simplement passionné. »

 

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