Avec 35 millions d'euros, t'es plutôt McLaren F1 GTR ou Ferrari Luce ?
À ma droite, la McLaren F1 GTR châssis #10R. À ma gauche, la Ferrari Luce châssis #0. Deux voitures que tout oppose, ou presque. La première possède une histoire, un pedigree et une aura qui ne cessent de grandir avec le temps. La seconde a été accueillie avec beaucoup moins d'enthousiasme par les passionnés lors de sa présentation, si bien que certains la jetteraient même aux orties. Pourtant, toutes deux ont marqué la vente organisée par RM Sotheby's à Monterey, qui a totalisé 376 millions de dollars, soit environ 327 millions d'euros.
La McLaren et la Ferrari ont surtout contribué à faire bondir le résultat global de 50 % par rapport à août 2025. Deux autos exceptionnelles, mais pour des raisons radicalement différentes. Alors, si vous deviez n'en choisir qu'une, laquelle prendriez-vous ? Sans trop prendre de risques, on peut imaginer que la McLaren aurait largement la faveur des suffrages.
La McLaren, l'histoire contre l'exclusivité
Le châssis #10R est sans doute l'une des McLaren F1 GTR les plus convoitées. Après avoir participé aux essais des 24 Heures du Mans 1996, cette F1 GTR « Longtail » a été convertie pour un usage routier. Elle a ensuite appartenu pendant près d'un quart de siècle à Nick Mason, le cofondateur et batteur de Pink Floyd, qui l'a régulièrement utilisée.
Sa rareté ajoute encore à son attrait. Le châssis #10R est l'un des deux prototypes F1 GTR à carrosserie « courte », avec le châssis #01R, vainqueur des 24 Heures du Mans 1995. Un pedigree qui explique en grande partie les quelque 30 millions d'euros atteints sous le marteau.
Mais fallait-il pour autant s'attendre à ce qu'elle soit la vedette absolue de la vente ? Pas forcément.
La Ferrari Luce, un pari électrique à 40 millions de dollars
La surprise est venue de la Ferrari Luce châssis #0, adjugée 40 millions de dollars, soit environ 34,5 millions d'euros. Une somme considérable pour une voiture qui n'a ni passé en compétition ni palmarès à faire valoir.
Son argument est ailleurs : elle est LA première Ferrari 100 % électrique. Et cette pièce unique a été confiée au programme Tailor Made de Ferrari pour recevoir une configuration qui ne sera pas reproduite.
La carrosserie arbore une teinte Madreperla Semi-Gloss, dont les pigments font varier les reflets du vert au violet en fonction de l'angle et de l'intensité de la lumière. À l'intérieur, le cuir Perla Le Mans vient compléter cette configuration exclusive.
Quarante millions de dollars pour une voiture sans histoire sportive, c'est évidemment beaucoup. Mais la question est désormais différente : combien vaudra cette Ferrari dans dix ans ? Dans vingt ans ? Sa valeur future dépendra notamment de la manière dont le marché considérera les premières automobiles électriques de Ferrari. La Luce pourrait alors devenir une curiosité historique majeure… ou rester une pièce très particulière de l'histoire du constructeur.
Il faut également rappeler que, malgré l'ouverture des enchères aux participants du monde entier, la Luce proposée à Monterey a été construite selon les spécifications américaines. Pour un acquéreur situé hors des États-Unis, toutes les responsabilités liées à l'exportation, à l'importation et à une éventuelle mise en conformité avec la réglementation fédérale lui incombaient. Qui a sorti le chéquier ? Aucune information officielle même si différents médias sortent les noms de David Lee et Carlos Slim.
La vente possédait enfin une dimension particulière puisque Ferrari s'est engagée à reverser l'intégralité du produit de la vente à de futures initiatives éducatives par l'intermédiaire de la Fondation Ferrari.
Autre enseignement de cette vente : une Ferrari F40 affichant seulement 515 km au compteur a ainsi trouvé preneur pour plus de 7 millions d'euros.
Commentaires (2)
Connectez-vous pour commenter l'article
Guyom
16 Aoû. 2026 • 19:15
david.olsztynski@orange.fr
16 Aoû. 2026 • 19:39