WEC / Le Mans

Cadillac Team JOTA, l'occasion vraiment manquée

WEC
24 Heures du Mans
17 juin. 2026 • 8:20
par
Pierre Tassel
© MPS Agency

« Je pense que nous méritions mieux. » Comment ne pas sentir l'immense déception de Will Stevens, et de l'ensemble du clan Cadillac Team JOTA, dans ces paroles d'après-course ?

Aux avant-postes depuis les roulages de la Journée Test, l'équipe de Sam Hignett n'a pas réussi à conclure dans le money-time des 24 Heures du Mans face à Toyota Racing et BMW M Team WRT.

Pourtant le rythme était bien présent pour les Américaines en course. Malgré un choix de pneus différent au départ (gommes dures, contre des mediums pour Toyota et BMW), les V-Series.R pointent dans le bon wagon et initient le passage aux gommes tendres peu après 22h.

Après l'élimination de la n°38 dans la nuit, Will Stevens, Norman Nato et Louis Delétraz, tous trois brillants le week-end dernier et quasi irréprochables en piste (un unique drive-through pour non-respect d'un Full Course Yellow), ont maintenu le tempo suffisant pour émerger dans la lutte pour la victoire dans la matinée, alternant en tête avec les TR010 Hybrid n°7 et M Hybrid n°20.

Un mauvais timing lors du FCY à la mi-journée dimanche, avec un arrêt d'urgence suivi d'un second arrêt obligatoire, coûtera toutefois cher à la n°12, qui échouera même à monter sur la boîte.

« Vu le rythme affiché, nous aurions dû au moins monter sur le podium, assène Stevens. Nous étions toutefois plus présents dans le match que l'an dernier, ce qui est positif. Mais nous avions de plus grandes ambitions et le résultat final ne peut que nous décevoir. »

« Évidemment, c'est un excellent résultat, mais après avoir mené une grande partie de la course et avoir été devant toute la semaine, c'est toujours décevant, ajoute Delétraz. Mais je pense que nous avons fait le maximum que nous pouvions. Les circonstances ont fait en sorte que cela se passe ainsi.

Rapide en ligne droite, ce qui avait manqué l'an passé, la V-Series.R version 2026 a montré que l'évolution proposé par le clan américain répondait aux exigences du circuit sarthois, après avoir été en verve en qualifications mais plus absente des débats en 2025.

Donnée parmi les grandes favorites dès les premiers roulages, la marque Cadillac aura tout connu durant la semaine, entre la pole position perdue jeudi soir suite à un vrai imbroglio, la mise en régime rapide dès les premières heures de course et le crève-coeur de l'abandon de la n°38 de Sébastien Bourdais, Earl Bamber et Jack Aitken sur un souci de direction assistée.

« Dans l’ensemble, nous sommes plutôt satisfaits de notre performance, analysait Jeremy Moore, ingénieur en chef de Cadillac Racing. Nous avons amené une voiture compétitive et nous avions certainement une chance de la gagner. Mais comme toujours, c'est Le Mans qui vous choisi. Les gars ont bien performé dans la voiture. Les équipages et le staff ont fait un travail incroyable. La concurrence était comme toujours forte. Je suis juste heureux que nous ayons pu nous battre aussi longtemps, presque jusqu’au bout. »

Autre ombre au tableau, la prestation en course de la Cadillac n°101 - Cadillac Wayne Taylor Racing, elle aussi dans le match en terme de rythme tout au long de la semaine, mais là-encore un mauvais timing de FCY et surtout bien trop de pénalités pour non-respect des FCY, ont fait perdre le contact à la LMDh partagée par les frères Taylor et Filipe Albuquerque.

« Nous avions beaucoup d'espoirs parce que nous arrivions rester dans les trois premiers, nous confiait Albuquerque. Nous avons commencé à commettre quelques petites erreurs ici, quelque petites erreurs là. Le rythme a aussi progressivement baissé. Nous étions plus rapides qu'en 2025, mais nous avons un peu manqué de rythme. »

© MPS Agency

Depuis 1969, et la fin de l'ère Ford GT40, aucun constructeur américain n'a réussi à revenir sur la plus haute marche du podium. Cadillac a sans doute eu l'une des meilleures chances cette année pour briser la mauvaise série. Dès l'an prochain, Ford sera de retour avec, à terme, l'ambition également de remettre le « Stars and Stripes » au sommet. 

Commentaires (2)

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evaillant.tf1@gmail.com

17 juin. 2026 • 8:30

Le dernier FCY occasionné par la figure d’une BMW GT3 est incompréhensible. La voiture est immédiatement repartie et il n’y a pas eu la moindre intervention des commissaires de piste. Ce FCY a ruiné les fins de course de la Cadillac et de la Toy 8 les obligeant à un arrêt d’urgence en plus du pit stop…

fasthib

17 juin. 2026 • 9:31

« Je pense que nous méritions mieux. » Et bien honnêtement je ne crois pas.

Cadillac a gâché sa chance. La défaillance de la 38 n'aurait pas du arriver. La 101 a fait beaucoup trop d'erreur à ce niveau.

Il se sont retrouvé bien trop vite avec une seule voiture face aux 2 toyota. Sans marge sur le rythme et avec un erreur de FCY sur la 12, ça ne pouvait pas le faire.