Frédéric Lequien : « Le WEC avait besoin d'une neuvième course »
Pourquoi ce choix d'une 9e manche WEC en 2026 ?
Cette réflexion n'est pas nouvelle. Voilà près de deux ans que nous échangeons avec les constructeurs sur la possibilité d'ajouter une course supplémentaire à l'horizon 2027. Nous avons trouvé un accord qui satisfait l'ensemble des parties prenantes. Nous sommes convaincus qu'il était nécessaire d'étoffer le calendrier. Lorsque l'on observe les réactions des fans, notamment sur les réseaux sociaux, Silverstone revient très régulièrement parmi les circuits réclamés. C'est un véritable temple du sport automobile et sa place au sein du championnat est naturelle.
Nous sommes d'accord que l'affluence s'annonce déjà positive ?
Très honnêtement, nous n'avons pas d'inquiétude à ce sujet. Le championnat est très attendu au Royaume-Uni et nous sommes persuadés que le public répondra présent. La seule contrainte est de concentrer davantage d'épreuves dans la première partie de saison. Concernant notre accord avec Silverstone, il s'inscrit dans une perspective de moyen terme.
L'arrivée d'Aston Martin et de McLaren en Hypercar a-t-elle pesé dans la décision ?
Non. Les discussions concernant Silverstone ont débuté avant même l'annonce de l'arrivée de ces deux constructeurs. Leur présence contribuera naturellement à renforcer l'attractivité de l'événement auprès du public britannique, mais elle n'a pas été un facteur déterminant dans notre choix.
Est-il possible d'associer le WEC et l'European Le Mans Series sur un même week-end à Silverstone ?
Malgré les infrastructures du circuit et la présence de deux paddocks, les dimensions actuelles du WEC et de l'European Le Mans Series rendent cette option impossible. Les deux championnats ont considérablement grandi et il serait très difficile de les accueillir simultanément dans de bonnes conditions.
Les tensions géopolitiques au Moyen-Orient inquiètent-elles LMEM concernant les manches du Qatar et de Bahreïn ?
Bien sûr. C'est un sujet que nous suivons quotidiennement car la situation évolue très rapidement. Aujourd'hui, nous pourrions décider de ne pas nous rendre dans la région, mais nous estimons qu'il est encore trop tôt pour prendre une décision définitive. Nous disposons encore de plusieurs mois avant les épreuves concernées. Notre priorité absolue reste la sécurité de tous les acteurs du championnat.
Quand une décision sera-t-elle prise ?
Nous devrions avoir une vision plus claire vers le milieu de l'été. Quelle que soit la décision retenue, elle sera partagée avec l'ensemble du paddock. Si nous maintenons les épreuves au Moyen-Orient, ce sera uniquement parce que toutes les garanties de sécurité seront réunies.
Existe-t-il déjà un plan alternatif ?
Oui. Nous avons identifié plusieurs circuits européens capables d'accueillir les épreuves si nécessaire. Les dates potentielles ont également été étudiées. Ce qui est certain, c'est que le championnat conservera huit manches. En cas d'activation du plan B, les courses se disputeraient sur un format de six heures. La date de la finale de Bahreïn pourrait être modifiée.
La situation est-elle identique pour l'Asian Le Mans Series ?
Nous suivons exactement la même logique. Le calendrier initial prévoyait Yas Marina et Dubai en fin d'année, puis Sepang début 2027. Si ce programme ne peut être maintenu, nous avons élaboré une solution de repli en Europe. Notre volonté est très claire : nous ne voulons pas annuler la série. Le championnat aura lieu en janvier et février si le calendrier initial ne peut pas être tenu, et en Europe. Nous discutons avec cinq circuits différents mais rien n’est finalisé. Le paramètre météorologique est clairement à prendre en compte. Plus les circuits sont au sud, plus cela nous réconforte.
Pourquoi est-il si important de préserver l'Asian Le Mans Series ?
Parce qu'elle joue un rôle essentiel pour les équipes. Au-delà de l'intérêt sportif, elle leur permet de générer de l'activité économique pendant l'hiver et d'accumuler du roulage. C'est un championnat très utile dans l'écosystème de l'endurance.
Où en est le projet d'intégration des Hypercars en Asian Le Mans Series ?
Nous constatons un véritable intérêt. Plusieurs constructeurs et équipes ont reçu des sollicitations. En revanche, il est encore trop tôt pour connaître précisément le niveau de participation. Aujourd'hui, je serais incapable de dire si nous aurons trois, cinq ou huit Hypercars sur la grille.
L'équipe championne en Hypercar recevra-t-elle une invitation automatique pour les 24 Heures du Mans 2027 ?
Nous tenons à préserver la valeur des invitations. La catégorie LMP2 demeure extrêmement importante à nos yeux et les invitations doivent être attribuées avec discernement. Il ne faut pas céder à la tentation d'en distribuer trop largement. Pour de nombreux pilotes Bronze, rouler en Hypercar représente l'accomplissement d'un rêve. Les invitations attribuées aux catégories LMP2 et GT3 en Asian Le Mans Series sont quant à elles conservées.
Quel impact l'arrivée des Hypercars aura-t-elle sur la catégorie LMP3 ?
La catégorie LMP3 sera naturellement un peu plus en retrait. Nous constations déjà une baisse du nombre de voitures engagées. C'est l'une des raisons qui nous ont poussés à lancer l'Asian Le Mans Cup, un championnat construit sur un modèle proche de celui de la Michelin Le Mans Cup avec LMP3 et GT3.
Commentaires (3)
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LedZeppelin
15 juin. 2026 • 12:13
Japon, Corée, Chine, Turquie, Inde, Thaïlande, Malaisie ou même pourquoi pas l'Australie, ça ne serait pas possible?
EricQ
15 juin. 2026 • 12:30
Sam Piroton
15 juin. 2026 • 12:35