Hydrogène, Hypercar 2030 et nouveaux stands, les grands chantiers du Mans avec Pierre Fillon
À l’issue de la conférence de presse de l’Automobile Club de l’Ouest organisée dans le cadre des 24 Heures du Mans, Pierre Fillon a détaillé en privé plusieurs dossiers majeurs pour l’avenir des 24 Heures du Mans : l’arrivée de l’hydrogène en compétition, la future réglementation Hypercar 2030 et la transformation du bâtiment des stands.
« Aujourd’hui, le règlement est clair »
L’hydrogène a constitué l’un des sujets centraux de cette conférence de presse. Pour Pierre Fillon, l’officialisation du règlement marque une étape importante dans le développement de cette technologie en compétition.
« C’est une belle officialisation que nous faisons aujourd’hui, a confié Pierre Fillon à une poignée de médias. Toyota est déjà bien engagé avec l’hydrogène. Il y a eu cette première mondiale hier et l’on reverra la voiture en piste ce samedi. Aujourd’hui, le règlement est clair et tous les constructeurs peuvent travailler. »
Le président de l’ACO voit dans cette annonce le point de départ d’une évolution progressive du paysage de l’Endurance : « C’est aussi le début d’une nouvelle ère pour la technologie. Il faut s’attendre à une montée en puissance petit à petit. À l’horizon 2034-2035, j’espère que nous aurons plusieurs constructeurs. »
Selon lui, les premiers retours des constructeurs déjà engagés en Hypercar sont particulièrement encourageants : « Tous les constructeurs présents actuellement en Hypercar sont positifs, surtout avec le moteur à combustion interne et l’hydrogène liquide. »
La prudence reste toutefois de mise concernant les infrastructures nécessaires.
« Il reste encore beaucoup de travail à fournir car il faut tenir compte du ravitaillement et de l’infrastructure à installer, qui se doit d’être la plus mobile possible, souligne Pierre Fillon. Pour nous, il est très important de préparer l’avenir décarboné. Avec ce règlement, nous envoyons un signal fort car nous sommes les premiers à inscrire dans un règlement cette nouvelle technologie. »
Un passage possible par le Garage 56
Avant une intégration complète à la compétition, l’hydrogène pourrait faire ses premiers pas par la voie du Garage 56.
« Rien n’est acté à ce jour mais il est possible que cela commence par un Garage 56, déclare le président de l'ACO. Aujourd’hui, on connaît parfaitement les Hypercars classiques, ce qui n’est pas encore le cas de la technologie hydrogène. »
L’ACO souhaite avant tout garantir une équité sportive totale.
« Nous avançons en marchant et non en courant, tient à préciser Pierre Fillon. Nous ne voulons pas donner un avantage à l’hydrogène par rapport aux Hypercars. Ce ne serait pas équitable. Notre objectif est de les mettre à égalité. »
Pierre Fillon a tenu à rappeler l’importance de cette technologie dans la stratégie environnementale du championnat.
Il n’exclut pas non plus que certains constructeurs choisissent de développer simultanément plusieurs programmes : « Tout est ouvert car il sera possible d’avoir des constructeurs qui joueront sur les deux tableaux, à savoir Hypercar et Hydrogène. Je pense que certains ne mettront pas tous leurs œufs dans le même panier. »
Hypercar 2030 : vers la fin du débat LMH/LMDh
Pierre Fillon est également revenu sur la future réglementation Hypercar qui entrera en vigueur à partir de 2030 avec une convergence en Hypercar : « Nous avons réuni tous les constructeurs et tout le monde était d’accord pour faire une plateforme unique, qu’on arrête de parler de LMH et de LMDh même si ce n’est pas forcément un vrai débat. »
L’objectif est de simplifier le paysage réglementaire tout en conservant l’ADN de la catégorie : « Il n’y aura plus de sujet de discussion car tout le monde sera en deux-roues motrices. Certains constructeurs veulent continuer à développer leurs propres autos de A à Z. Ils pourront aussi continuer avec un des quatre constructeurs retenus. »
Le futur règlement reposera sur des bases techniques communes avec un cahier des charges identique pour tout le monde sur le plan de l'aéro, le plancher de la voiture et le système hybride. Cela doit aussi permettre d'arrêter de spéculer sur la Balance de Performance.
« Nous souhaitons laisser de la liberté au design »
Si l’architecture technique sera davantage harmonisée, les constructeurs conserveront une marge de manœuvre en matière de style.
« La voiture va rester aux alentours de 1 040 kg. La puissance sera contrôlée tout comme la fenêtre aéro sera contrôlée comme elle l’est actuellement. Cette fenêtre permet de mettre tout le monde dans la même performance. »
L’identité visuelle des marques reste une priorité.
« Nous souhaitons aussi laisser de la liberté au design pour que l’on reconnaisse facilement toutes les autos. Aujourd’hui, nous avons montré que cela fonctionne. Le nouveau règlement permet aussi d’attirer de nouveaux constructeurs. »
Un bâtiment des stands repensé pour les décennies à venir
Au-delà de l’aspect sportif, l’ACO prépare également une transformation majeure de ses infrastructures.
« On ne peut pas se retrouver une année sans 24 Heures du Mans, c’est quelque chose d’inconcevable, martèle Pierre Fillon. Ce sont de gros travaux qui vont prendre plusieurs années. Le timing sera fait pour ne pas impacter notre saison sportive, donc les travaux se feront par tranche. »
Construit en 1990, le bâtiment actuel ne répond plus aux attentes modernes.
« À cette époque, les normes n’étaient pas les mêmes que maintenant. Toutes les loges ne disposent pas de toilettes, il n’y a pas d’espace traiteur, on voit les poubelles dans les coursives. Tout cela n’est plus adapté aux standards d’aujourd’hui. »
Le projet prévoit une rénovation lourde plutôt qu’une reconstruction complète : « Le plan est de déshabiller ce bâtiment pour en faire de grandes loges modulables. Le bâtiment actuel sera approfondi car on ne peut pas tout raser et reconstruire. Les équipes disposeront d’un peu plus d’espace dans les garages, ce qui permettra d’agencer les garages différemment. Malheureusement, on ne peut pas les élargir. Si on élargit, on met moins de voitures. »
Deux stands supplémentaires à l’horizon 2030-2031
Parmi les évolutions prévues figure l’ajout de deux stands supplémentaires.
« La bonne nouvelle concerne les deux stands supplémentaires, se félicite le président de l'ACO. À quelle échéance ? Tout n’est pas arrêté mais 2030-2031 me semble être un bon timing. »
La salle de presse pourrait également être déplacée dans le cadre de cette réorganisation. Elle pourrait être transférée dans le bâtiment actuel de l'ACO de l'autre côté de la piste.
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LedZeppelin
12 juin. 2026 • 19:59
- Hydrogène.
- Plateforme commune.
- Identité visuelle.