Victor Martins (Alpine) : « Je veux montrer que je mérite ma place »
Seul rookie engagé en Hypercar lors de cette édition des 24 Heures du Mans, Victor Martins découvre la classique mancelle au sein de l'un des deux équipages 100 % français du plateau. Le pilote de 24 ans dispute sa première saison dans la catégorie reine de l'Endurance au volant de l'Alpine A424 n°36, qu'il partage avec Jules Gounon et Frédéric Makowiecki.
Au cœur d'un trio tricolore aligné par le constructeur français, l'ancien pilote de Formule 2 poursuit un apprentissage prometteur. Auteur d'un début de saison convaincant en WEC, le jeune pilote de 24 ans s'impose progressivement comme l'une des révélations de l'exercice 2026.
Cette montée en puissance intervient toutefois dans un contexte particulier. Alpine dispute en effet sa dernière saison en Hypercar, une décision qui prive le Français d'une perspective à long terme au sein du programme qu'il a rejoint cet hiver. Une situation qui ne l'empêche pas d'aborder son premier Mans avec ambition et sérénité, bien décidé à profiter de cette opportunité pour démontrer tout son potentiel.
Comment se sont passés vos premiers tours au Mans ?
Mes premiers tours se sont très bien passés. Je me suis très vite senti à l'aise avec la voiture et avec la piste. Franchement, je kiffe. La piste est vraiment incroyable. Elle a énormément de caractéristiques différentes, avec des virages très variés. C’est très plaisant à piloter. Honnêtement, il n’y a pas un endroit que je n’aime pas. À chaque fois, la voiture est mise dans des situations différentes. La pression commence à monter, mais cela reste avant tout un plaisir. Il y a énormément de monde ici et j’essaie d’utiliser cette énergie pour être encore meilleur dans la voiture.
Comment vous êtes-vous adapté aux pneus Michelin du WEC, notamment dans les conditions fraîches rencontrées jusqu’à présent ?
Le défi, c’est que nous sommes trois pilotes et que nous avons un temps limité en piste. Nous ne pouvons pas tous suivre exactement le même programme. Dans mon cas, nous avons privilégié la découverte du circuit plutôt que les essais de pneus ou les changements de réglages. Je me sens bien avec les pneus. Pour le moment, ce n’est pas forcément le sujet principal. Nous commençons à avoir une vision claire de leur fonctionnement.
Concernant les sorties en pneus froids, cela ne me change pas énormément de la Formule 2. Nous avions déjà l’habitude de gérer ce type de situation. Je suis donc assez à l’aise avec cela. Mais cette course sera avant tout une course d’adaptation pour moi.
Votre arrivée en Endurance a-t-elle été un choix par défaut après la monoplace ?
Non, je ne le qualifierais pas comme un choix par défaut. Cela a été un véritable choix, pris avec mon entourage. Je l’ai voulu et Alpine l’a voulu aussi. Je comprends que certaines personnes puissent l’interpréter ainsi parce que j’ai passé toute ma carrière à essayer d’atteindre la Formule 1 avant de me tourner vers l’endurance. Mais ce n’est pas comme cela que je le vois. L’endurance me permet de rouler pour un constructeur, de faire partie d’une marque et d’être pilote officiel. Cela renforce mon projet et ma carrière.
Quand vous êtes dans le paddock, être pilote officiel d’un constructeur est quelque chose qui compte. C’était également important pour moi de continuer à rouler, de faire des courses, des qualifications et des relais de deux heures à un bon rythme afin de montrer ce dont je suis capable. Mon objectif est de démontrer que je mérite ma place en WEC, en Formule E ou même en Formule 1.
Avez-vous étudié d’autres options avant de rejoindre l’endurance, notamment aux États-Unis ?
Oui. L’année dernière, je suis allé aux États-Unis et j’ai eu l’opportunité de tester une monoplace Indy Light. Cela reste de la monoplace, donc dans la continuité de ce que j’ai toujours fait. J’ai aussi effectué un rookie test en Formule E. Toutes ces expériences m’ont permis de mieux comprendre dans quel environnement j’ai envie d’évoluer et quel type de carrière je souhaite construire.
On peut parfois faire des choix par défaut dans le sport automobile lorsqu’il n’y a pas de place disponible, mais il faut aussi prendre du plaisir dans ce que l’on fait au quotidien. J’ai testé beaucoup de choses ces derniers temps et je commence à savoir où j’ai envie de mettre les pieds et ce que j’ai envie de faire pendant les quinze prochaines années.
Comment préparez-vous votre avenir alors qu’Alpine mettra fin à son programme Hypercar ?
Honnêtement, je prépare 2027 avec mes performances de 2026. Pour moi, il n’y a que cela qui compte. Bien sûr, je discute et j’essaie de voir quelles opportunités existent, mais tout repose sur les performances que je vais réaliser cette année. Je dois être au meilleur niveau dans la voiture, être constant, régulier et éviter les erreurs, que ce soit dans les procédures ou en piste. Aujourd’hui, il est encore trop tôt pour savoir exactement où je serai. Il n’y a aucune décision prise.
Les choses peuvent aller très vite, que ce soit en WEC, en Formule E ou même en Formule 1. Si vous performez, d’autres constructeurs viennent naturellement vers vous. Je suis confiant dans ce que je suis capable de faire dans une voiture. Maintenant, il faut le montrer. Une fois que les autres le voient, quand vous êtes un bon pilote et un professionnel, il n’y a pas de raison de ne pas obtenir un bon baquet.
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