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Ferrari, entre 499P évoluée et souhaits pour 2030

WEC
24 Heures du Mans
10 juin. 2026 • 14:05
par
Pierre Tassel, au Mans
© MPS Agency

Ferrari arrive cette semaine aux 24 Heures du Mans en position de triple tenant du titre mais regarde déjà vers l'avenir, tant sur le plan de la 499P que du futur règlement technique.

C'est ainsi que Ferdinando Cannizzo, responsable des voitures Endurance de Ferrari, a avancé une future évolution de la 499P, vraisemblablement pour la saison 2027, via plusieurs jokers.

Un timing à contre-courant de la plupart des autres constructeurs qui ont largement retravaillé leurs autos en vue de la saison 2025, comme Toyota, Cadillac, Alpine ou BMW.

« Dans le cadre de notre philosophie de conception, chaque aspect de la voiture, chaque système de la voiture sont bien intégrés les uns aux autres, explique l'Italien. Si je change la suspension arrière, cela impacte la boîte de vitesses, la connexion avec le moteur, et bien d'autres choses concernant l'aérodynamique.

Il nous a donc semblé bon d'aborder les différentes zones de la voiture de manière intégrée, comme nous l'avons fait sur la voiture au début. Nous n'avons pas conçu un cadre, puis ajouté un moteur, puis une boîte de vitesses, puis l'avons recouvert d'une carrosserie pour faire l'aérodynamisme, mais nous avons toujours pensé à l'ensemble de manière très synergique et cela a été fait avec le précédent Joker (amené en 2024, Ndlr).

Au fil de ces années, en approfondissant notre connaissance de notre voiture et en poussant les performances à l'extrême, nous avons identifié quels étaient les points qui nous limitaient dans ce parcours d'amélioration des performances.

Une fois identifiés les domaines, nous les avons interprétés non pas individuellement mais comme un ensemble intégré. Ce ne sera pas une voiture complètement nouvelle, mais basée sur la même homologation. »

 

Ferrari confirme sa philosophie pour 2030

En attendant d'en savoir plus sur le sujet, la future règlementation technique demeure au coeur des discussions au Mans. Depuis plusieurs semaines, voire mois, les différents acteurs du Championnat du Monde d'Endurance avancent leurs différents points de vue sur la situation, chacun défendant, logiquement, ses intérêts.

Si BMW fait notamment partie des grands défenseurs de la plate-forme LMDh, Genesis Magma Racing, via la voix de Cyril Abiteboul, estime également qu'un mélange entre les actuelles possibilités pourrait aussi être une solution.

Interrogé sur ce point en marge des premiers essais libres au Mans, Antonello Coletta, responsable des programmes Endurance et Compétition Client de Ferrari, rappelle la position de Ferrari.

« Je réitère ce que nous avons dit récemment : pour nous, il est fondamental, et compte tenu de ce que nous faisons actuellement, de construire la voiture à 100 %, indique l'Italien. Et comme vous le savez tous, lorsque Ferrari a décidé de revenir concourir dans la catégorie reine de l'endurance, c'était aussi parce qu'il est important pour nous d'utiliser la plateforme Hypercar comme banc d'essai.

J'entends par là le développement de nouvelles idées, le test de nouvelles solutions, qui peuvent ensuite être appliquées aux voitures de route, comme nous l'avons déjà fait dans certains cas, et l'exploitation directe de certains choix techniques issus de la 499P.

Ainsi, pour les futures réglementations, nous espérons des mesures qui nous permettront de poursuivre dans cette voie. Nous en discutons avec la FIA et l'ACO, qui, je pense, ont parfaitement compris notre approche. Nous attendons donc leurs propositions. Mais il est clair que lorsque nous apposons le Cheval Cabré sur une voiture, celle-ci doit être construite à 100 %.

L'important est de trouver un terrain d'entente, de contenter le plus de monde possible, et de nouer un partenariat qui soit un atout majeur pour le championnat à partir de 2030. »

Commentaires (4)

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Bastien

10 juin. 2026 • 14:31

Je suis plutôt du côté de Ferrari : d'accord, le LMDh est une solution moins coûteuse...mais de tous les programmes de grands constructeurs qui sont tombés en eau de boudin, aucun n'était un LMH (seuls les petits ont subi un arrêt). Signe que ce n'est pas aussi solide que ça

Il est appréciable d'avoir beaucoup de constructeurs, mais ce serait vraiment le pied de n'avoir que des autos conçues à 100% par la marque. Lamborghini aurait pu privilégier cette voie plutôt que de s'engueuler avec Ligier

Et je ris quand Ford se targue de faire une voiture 100% maison, alors que le châssis n'est pas le sien et que le système hybride est standardisé

julien36

10 juin. 2026 • 14:42

En plus du coût, le LMDh a également l'avantage chronologique avec des châssis "clé en main". Châssis qui est par définition le plus onéreux et le plus long à créer.
Perso, vu les niveaux de performance de chacun, je ne fais plus la différence entre LMDh et LMH. Et, quoiqu'il arrive, seul une voiture sera déclarée vainqueur

Steve McQ

10 juin. 2026 • 15:00

Lamborghini ne s'est pas engueulé avec Ligier, Lamborghini s'est engueulé avec Iron Lynx qui développait la voiture à leur place puisqu'ils n'avaient pas l'argent pour. Ligier n'a livré qu'une coque dans l'histoire, pas l'élément n°1 dans la performance dans une formule à BOP.

julien36

10 juin. 2026 • 15:37

Le châssis Ligier n'était pas non plus irréprochable : trop lourd et pas assez rigide.
Mais la chaîne d'exploitation était compliquée avec Iron Lynx aux finances et Prema à l'exploitation.