Nicolas Minassian (IDEC Sport) : « L’équipe a faim »
À quelques jours du départ de la 94e édition des 24 Heures du Mans, IDEC Sport aborde l’épreuve avec ambition et confiance. Après plusieurs performances remarquées en LMP2, l’équipe dirigée par Nicolas Minassian vise un nouveau résultat de référence sur le double tour d’horloge sarthois dans la catégorie LMP2.
Paul Lafargue (Silver), Valerio Rinicella (Silver) et Job van Uitert (Gold) se partagent le volant de l'Oreca 07 n°28 au Mans qui a réalisé le meilleur temps de la Journée Test en LMP2. Entre la gestion d’un équipage mêlant expérience et jeunesse, l’évolution du partenariat avec Genesis et les réflexions sur l’avenir de la structure, le directeur sportif d’IDEC Sport fait le point.
Dans quel état d’esprit se trouve l’équipe à l’approche des 24 Heures du Mans ?
L’équipe est prête. Nous arrivons avec beaucoup de motivation et toujours cette envie de progresser. Nous avons déjà connu la satisfaction d’un podium ici (3e en 2024, ndlr), mais cela donne surtout envie d’aller chercher davantage. Chaque année, nous accumulons de l’expérience et l’ambition grandit naturellement. Comme je le dis souvent, l’équipe a faim.
L’an dernier, nous avions démontré que nous avions le potentiel pour réaliser une très belle performance avant d’être contrariés par différents aléas. Cette année, notre objectif est de transformer ce potentiel en résultat concret.
IDEC Sport n'est présent qu’avec une seule voiture cette année. Était-ce un choix ?
Nous avions effectivement déposé une demande pour engager deux voitures. Finalement, une seule invitation nous a été accordée. Nous comprenons parfaitement cette décision. Les places sont limitées et il est important de permettre à d’autres équipes de participer à cette course exceptionnelle.
De notre côté, cela nous permet aussi de concentrer l’ensemble de nos ressources sur une seule voiture. D’un point de vue opérationnel et technique, cela facilite certaines choses et permet d’optimiser l’exploitation du package dont nous disposons.
Comment avez-vous construit l’équipage de cette édition 2026 ?
Nous avons la chance de pouvoir compter sur un duo très solide avec Paul Lafargue et Job van Uitert. Ils se connaissent parfaitement, ont déjà partagé de nombreux kilomètres ensemble et ont même connu le podium au Mans.
À leurs côtés, nous avons intégré Valerio Rinicella, qui découvrira l’épreuve cette année. C’est un jeune pilote très prometteur qui travaille avec nous depuis le début de la saison. Dès que nous avons su que nous ne disposerions que d’une seule voiture, son nom s’est imposé naturellement.
Que peut apporter Valerio Rinicella dans un tel contexte ?
Il apporte beaucoup d’énergie et de fraîcheur. Nous avons toujours considéré qu’il était important d’associer l’expérience à la jeunesse. Paul tient particulièrement à cette philosophie et souhaite participer à la formation des jeunes talents.
Valerio fait partie du Trajectory Programme mis en place par Genesis et il s’investit énormément dans le projet. Son intégration s’est très bien passée. Malgré son jeune âge, il démontre déjà une grande maturité dans son approche du travail.
L'Oreca 07 est un châssis connu et reconnu. Arrivez-vous à trouver quelques petites choses en plus pour l'améliorer ?
Il n’y a pas de révolution. En LMP2, tout le monde travaille avec une base technique connue. En revanche, nous cherchons constamment à gagner quelques dixièmes ici ou là.
Nous avons beaucoup travaillé sur l’exploitation de la voiture, les réglages et surtout sur la compréhension des pneumatiques, qui ont évolué depuis la saison dernière. À ce niveau de compétition, ce sont souvent les petits détails qui font la différence sur une course de 24 heures.
Comment s’articule votre collaboration avec Genesis cette année ?
Genesis est aujourd’hui très concentré sur le développement de son programme Hypercar. L'année passée, nous avions accueilli au sein de notre structure plusieurs membres du personnel en phase d’apprentissage et de formation.
Cette année, la préparation du Mans s’effectue sans programme spécifique commun. Nous travaillons de manière autonome sur l’exploitation de notre voiture tout en bénéficiant de l’expérience accumulée au fil de notre collaboration.
Quels sont les projets d’IDEC Sport pour l’avenir ?
Plusieurs pistes sont à l’étude. Nous réfléchissons sérieusement à un engagement en Asian Le Mans Series en LMP2. C’est un championnat intéressant qui pourrait s’intégrer naturellement dans notre développement.
Nous observons également avec attention l’univers du GT. C’est une catégorie qui nous attire pour de nombreuses raisons, aussi bien sportives que techniques. Aujourd’hui, nous ne sommes liés à aucun constructeur, ce qui nous laisse une certaine liberté de réflexion.
Peut-on imaginer IDEC Sport en Hypercar à moyen terme ?
L’envie existe forcément lorsque l’on est passionné d’endurance. Mais il faut rester réaliste. L’Hypercar nécessite aujourd’hui des budgets extrêmement importants et les opportunités de partenariat sont rares.
Notre priorité est de continuer à exceller dans ce que nous faisons actuellement. La LMP2 reste une catégorie exceptionnelle pour former les jeunes pilotes et nous entretenons d’excellentes relations avec l’ACO.
Nous souhaitons poursuivre le développement de notre projet, aller au terme du cycle actuel de la voiture (fin 2027, ndlr) et continuer à construire sur des bases solides. Si un jour une opportunité crédible se présente pour franchir une nouvelle étape, nous l’étudierons. Mais aujourd’hui, notre concentration est entièrement tournée vers la LMP2 et les 24 Heures du Mans.
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