Le Mans

Mathias Beche (TDS Racing) : « Au Mans, certaines choses ne s’apprennent qu’en course »

24 Heures du Mans
10 juin. 2026 • 10:00
par
EI, au Mans
Photo : MPS Agency

Indisponible ces derniers mois pour un pépin de santé, Mathias Beche a dû ronger son frein avant de connaître son avenir en compétition. Le couac du début d'année est maintenant derrière lui et « L’Hyperpoleman » 2025 est de retour aux affaires sur l'Oreca 07 / TDS Racing qu'il partage avec Tobias Lütke et Kévin Estre. 

La Journée Test des 24 Heures du Mans a permis au trio de la n°14 de montrer de bien belles choses avant le lancement des hostilités ce mercredi. Le Suisse s'est confié à Endurance-Info. 

Vous revenez d'une période compliquée physiquement. Comment allez-vous aujourd'hui ?

Je vais beaucoup mieux. Je n'étais vraiment pas au top de ma forme ces derniers mois, mais j'ai trouvé quelqu'un qui m'a beaucoup aidé et ça m'a permis de progresser. Aujourd'hui, les choses vont clairement dans la bonne direction.

Avez-vous eu peur pour la suite de votre carrière ?

Oui, forcément. À un moment donné, il fallait que je vérifie si j'étais encore capable de performer à haut niveau. On a effectué des tests aux États-Unis pour préparer Watkins Glen où tout s'est très bien passé. C'était important pour retrouver de la confiance et voir où j'en étais réellement.

Photo : MPS Agency

Vous voilà donc fin prêt à reprendre la compétition ?

Disons que je suis motivé et optimiste. Nous avons toujours une très bonne voiture, une excellente équipe et un équipage solide. Maintenant, le niveau augmente chaque année, la concurrence est de plus en plus forte, donc rien n'est acquis. Mais notre objectif reste de nous battre pour la victoire.

Justement, l'objectif affiché de l'équipage cette année est la victoire...

Clairement, nous voulons nous battre aux avant-postes. Ce sera difficile parce que le niveau est extrêmement relevé, mais nous avons les moyens d'être compétitifs. L'ambition est là.

Comment avez-vous préparé cette course avec Tobi ?

Nous avons énormément travaillé ensemble. Nous avons passé deux semaines aux États-Unis et réalisé beaucoup de séances sur simulateur. Nous avons préparé un maximum de scénarios possibles. Après, certaines choses ne s'apprennent qu'en course. On ne peut pas acheter l'expérience d'un premier Le Mans. Il faut le vivre.

Que pouvez-vous attendre de lui compte tenu de ce manque d'expérience ?

Je pense qu'il sera très rapide. Honnêtement, je le vois assez vite parmi les meilleurs pilotes Bronze. L'enjeu principal sera surtout d'éviter les erreurs. La vitesse, je pense qu'il l'a déjà.

Photo : MPS Agency

De votre côté, vous n'avez plus roulé en compétition depuis l'Asian Le Mans Series. Est-ce un handicap ?

Il faut forcément retrouver certains automatismes, mais c'est un peu comme le vélo. Ça revient vite. Nous avons effectué plusieurs journées d'essais aux États-Unis, notamment à Watkins Glen et à Mosport, ce qui m'a permis de reprendre le rythme progressivement.

Vos problèmes physiques étaient-ils liés à certains circuits ou à certaines conditions ?

Non, rien de tout cela. Le problème était plus général. J'ai souffert d'un Covid long qui s'est ajouté à une accumulation de fatigue liée aux voyages et au calendrier. J'ai disputé Daytona dans cet état, puis j'ai enchaîné avec l'Asian Le Mans Series. C'est vraiment cet enchaînement qui m'a mis à terre.

Comment avez-vous géré cette situation ?

J'ai dû accepter de ralentir. Le problème se résorbe progressivement, mais cela demande du temps. En sport automobile, on n'a pas toujours ce luxe. Il faut parfois continuer malgré tout, mais dans mon cas, il fallait surtout laisser au corps le temps de récupérer.

Y a-t-il un risque de séquelles à long terme ?

Non, je ne pense pas. Il faut simplement être patient, bien récupérer et éviter les excès de fatigue. J'ai aussi dû faire attention à certaines tensions, notamment au niveau des cervicales. Les essais réalisés aux États-Unis m'ont rassuré : si ça fonctionne là-bas, dans des conditions exigeantes, c'est plutôt bon signe pour la suite.

Photo : MPS Agency

Avez-vous été contraint de modifier votre entraînement physique ?

Oui, énormément. J'ai réduit mon activité sportive de manière significative par rapport à ce que je faisais auparavant. Heureusement, j'avais déjà une base physique solide, ce qui m'a aidé à conserver un niveau correct.

Avez-vous envisagé de mettre un terme à votre carrière ?

Honnêtement, oui. À un moment, je ne savais plus si je pourrais continuer au plus haut niveau. Et dans notre sport, s'arrêter un an peut être très compliqué. Il y a énormément de pilotes sur le marché et les opportunités disparaissent vite.

Qu'est-ce qui rendait cette perspective particulièrement difficile ?

Ce qui me dérangeait, c'était l'idée d'arrêter à cause d'un problème physique alors que je me sentais encore compétitif. L'année dernière encore, j'ai participé à l'Hyperpole. Si tu sens que tes performances déclinent naturellement, tu peux accepter de tourner la page. Mais quand ton niveau est toujours là et que c'est ton corps qui te freine, c'est beaucoup plus difficile à accepter.

Quel est votre état d'esprit aujourd'hui ?

Je suis surtout heureux d'être de retour. Les signaux sont positifs, les essais se sont bien passés et je retrouve progressivement toutes mes capacités. Maintenant, l'objectif est simple : profiter de cette opportunité et aller chercher le meilleur résultat possible avec l'équipe.

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