Le Mans

Kévin Estre (TDS Racing) : « C'est celui qui fait le meilleur boulot qui gagne »

24 Heures du Mans
5 juin. 2026 • 15:35
par
EI, au Mans
Aligné sur l'Oreca 07 n°14 - TDS Racing en LMP2, Kévin Estre aborde une édition particulière des 24 Heures du Mans, après avoir visé le général ces dernières années avec Porsche Penske.
© TDS Racing / Twenty-One Creation
« C'est un retour aux sources », comme il aime à le préciser. Présent cette année aux 24 Heures du Mans malgré l'absence de Porsche Penske en Hypercar, Kévin Estre renoue avec une catégorie LMP2 dans laquelle il avait débuté dans la Sarthe en 2015 avec Oak Racing et la Ligier JS P2 partagée avec Laurens Vanthoor et Chris Cumming.
 
Le Lyonnais sera donc bien au départ d'une épreuve où il avait terminé 2e en 2025 au terme d'une course sans faute avec la Porsche 963, mais battu par AF Corse et la Ferrari 499P n°83 de Robert Kubica, Yifei Ye et Phil Hanson. S'il ne visera évidemment pas le classement général cette année, Kévin Estre avoue sa satisfaction d'être de la partie et affiche son impatience de retrouver le grand circuit des 24 Heures avec l'Oreca 07 n°14 - TDS Racing.
 
 
L'état d'esprit est forcément différent des autres années ...
 
Mes premières 24 Heures étaient en LMP2 dans un team privé et depuis j'ai toujours roulé dans les teams officiels. Je suis je suis impatient de rouler avec la P2 ici. C'est une bonne voiture et je pense que la différence en performance n'est pas énorme par rapport à l'Hypercar, mais cela se pilote un petit peu différemment. Il n'y a pas de système hybride, les pneus sont différents. L'équipe est plus petite par rapport à par rapport à une équipe officielle. Mais cela me fait un challenge, on va dire.
 
 
Comment s'est déroulée la préparation et le reprise en mains de la LMP2 ? Surpris ?
 
Non, pas surpris. J'avais discuté avec pas mal de mes coéquipiers qui ont déjà roulé dedans ou des anciens pilotes. J'ai roulé au Paul Ricard une journée en revenant de Laguna Seca, et juste après la manche ELMS. Il y a eu un peu de pluie, un peu de gras, un peu de sec. J'ai pu faire trois runs et je me suis senti à l'aise tout de suite dans la voiture. C'était mouillé et je pense que j'étais tout de suite dans les temps. Sur le sec, c'était pas mal mais il en manquait un petit peu. Je ne m'attendais pas de toute façon à être le plus vite dès le début parce qu'il y a vraiment de très bons pilotes dans la catégorie et des spécialistes.
 
Les pneus sont sont assez différents quand même, il y a moins de chevaux que dans l'Hypercar donc il faut rouler un petit peu différemment, aussi sur le plan des freins, de la récupération d'énergie. Il y a des choses à réapprendre. Après, c'est une voiture qui est assez simple par rapport à la 963. Pour le pilote, il y a deux pédales, quelques boutons sur le volant mais généralement, nous ne les touchons pas trop.
 
 
Que change le fait d'être dans une catégorie monotype ?
 
On ne réfléchit pas à autre chose. On pense au setup, aux pneus, à sa performance. Il faut faire du mieux qu'on peut et il n'y a pas d'histoire de performance sur ce weekend par rapport à l'autre. Les vitesses max sont assez similaires entre les voitures. C'est celui qui fait le meilleur boulot qui gagne et ça c'est cool.
 
© TDS Racing / Twenty-One Creation
 
Ressentez-vous l'écart de génération avec la Ligier JS P2 de vos 24 Heures du Mans 2015 ?
 
Il faudra reparler de cela après la Journée Test. J'ai roulé au Paul Ricard, et la Ligier c'était 2015 ici. J'ai conduit beaucoup de voitures entre-temps. J'ai quelques références, mais j'ai plus de références en GT et en Hypercar. L'Oreca est une voiture assez simple, « ancienne », mais qui est efficace, légère, agile, fiable. Et le team la connaît par cœur. 
 
 
Est-ce un plaisir de se retrouver au volant d'une voiture sans gestion de la partie hybride et d'énergie ?
 
Non, ça je pense que c'est pareil. Si le team te demande de faire de gérer les énergie en Hypercar, on fait un « lift and coast » (fait de relâcher la pédale d'accélérateur avant d'entamer le freinage à proprement parler). Tant pour l'énergie liquide que virtuelle, en tant que pilote, cela ne change rien. S'il faut essayer de sauver un tour, ce sera la même stratégie et la même façon de faire que dans l'Hypercar. Juste le règlement est différent. Avec une stratégie en course un petit peu différente, notamment sur le nombre de tours.
 
 
Comment abordez-vous également le fait d'être dans une catégorie Pro-Am avec les adaptations nécessaires pour le pilote gentleman ?
 
J'ai fait pas mal de Pro-Am il y a quelques années et j'ai commencé par là en endurance donc je sais ce que c'est. J'aime bien aussi arriver à coacher un petit peu et essayer de faire progresser l'amateur. C'est un état d'esprit un peu différent. Il y a plus de compromis que quand nous sommes trois pilotes Pro, surtout ces dernières années où je connaissais très bien mes coéquipiers. Après Toby (Lütke) est un pilote qui est très intelligent, qui réfléchit. Nous sommes là avec Mathias (Beche) avec notre expérience pour lui donner le maximum d'informations et le préparer du mieux possible.
 
 
Vous retrouvez également TDS Racing, une équipe que vous connaissiez depuis pas mal de temps ...
 
J'ai fait une course avec eux en 2013, et cela s'était bien passé, avec deux victoires sur les deux courses en FFSA GT à avec Henry Hassid. J'avais eu un bon feeling avec le team, et nous avons toujours continué à discuter. Quand cet hiver, l'opportunité est arrivée, cela a été assez clair parce que je sais que c'est un team très compétent, des gens avec qui je m'entends bien. Ils ont prouvé à maintes reprises qu'ils ont toujours une top voiture dans toutes les catégories. L'année dernière, Mathias a fait la pole au Mans.
 
© TDS Racing / Twenty-One Creation
 
Comment s'est passé le rapprochement ?
 
Quand Porsche s'est retiré, il y a pas mal de teams qui ont appelé des pilotes. Nous avions toujours l'espoir en décembre et en janvier peut-être d'avoir une Porsche ici et dans ce cas-là, j'aurais sûrement roulé dans cette voiture là. TDS Racing m'a ensuite appelé et il a fallu choisir. Ce qui est aussi un peu différent de ce à quoi j'ai l'habitude. D'habitude, c'est Porsche qui te dit « OK, tu vas rouler là, tu vas rouler là ».
 
 
Après 11 participations consécutives, cela aurait été un crève-cœur de ne pas être là cette année ?
 
Oui. J'avais vraiment envie d'être là, mais je voulais quand même être là dans une voiture qui peut jouer la gagne dans sa catégorie et me faire plaisir. Je n'ai pas envie de faire de la figuration. Je n'ai pas envie de battre le record de Manu Collard ou d'Henri Pescarolo, mais c'est juste le fait d'être là, sur un circuit que j'apprécie.
 
 
Cette année est un peu une parenthèse. Est-ce que pour l'année prochaine, vous avez d'ores et déjà l'assurance de pouvoir à nouveau vous battre pour la victoire au général ?
 
Non, j'ai pas d'assurance parce que Porsche a pas d'entrée. Je suis sous contrat Porsche et pour l'instant, je vais sûrement rouler en IMSA l'année prochaine. On verra où ils me mettent et après, si je peux revenir au Mans, je reviendrai.
 
 
Est-ce que vous revoir en GT a fait partie des possibilités ?
 
Honnêtement, cette année quand j'ai su que cela n'allait pas se faire en Hypercar, j'ai notamment appelé Manthey et j'ai suivi l'Asian Le Mans Series pour voir s'ils allaient avoir une entrée. Pour moi c'était une possibilité de le refaire en GT mais il n'y avait que deux voitures au final. 
 
 
Peut-on vous revoir en GT3 d'ici la fin d'année ou le début de l'année prochaine comme en IGTC ?
 
Bathurst n'a pas été possible ette année par rapport au nombre de pilotes. Porsche avait déjà ses pilotes mais j'aurais bien aimé le faire. Spa n'est pas possible avec Watkins Glen. Suzuka, c'est en discussion. Et l'année prochaine, cela dépendra du calendrier et du nombre de courses que je fais entre le NLS, les 24 Heures du Nürburgring ... Mais en tout cas, je suis ouvert et je n'ai jamais voulu fermer la porte au GT.
 
 
Quid de Macao ?
 
C'est la course sur laquelle je me pose le plus de questions pour y rouler en GT3 parce que c'est un sprint, et il faut avoir le team qui soit parfait. J'ai eu beaucoup de déception sur cette course et beaucoup moins à Spa, au Nürbrugring ou à Suzuka. Donc s'il y a un super package pour Macao, qu'il y a moyen de tester avant, pourquoi pas.

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