GT World

Boutsen VDS veut lancer réellement sa saison sportive à Monza

GT World Challenge Europe
30 mai. 2026 • 14:00
par
Laurent Mercier, à Monza

Le mot « chance » revient régulièrement en Endurance. Pour gagner, il faut aussi une part de réussite. Certains en ont davantage que d’autres. Dans le cas de Boutsen VDS, difficile de dire que ce facteur soit au rendez-vous depuis le début de saison.

L’équipe belge dirigée par Olivia et Olivier Lainé a pourtant préparé son passage de Mercedes à Porsche avec sérieux et méthode. Mais la réussite ne se contrôle pas. Le pauvre Robin Knutsson en a fait l’amère expérience. Percuté dès le départ au Paul Ricard, le Suédois s’est ensuite fait sortir dès le premier tour à Brands Hatch. Deux accidents, deux voitures lourdement endommagées… mais heureusement, et là aussi il faut parfois un peu de chance, le pilote est sorti totalement indemne des deux incidents. Dans les deux cas, sa responsabilité n’est absolument pas engagée.

Conséquence directe : Gilles Magnus, son coéquipier en GT World Challenge Sprint et Endurance, n’a toujours pas parcouru le moindre kilomètre en course cette saison.

De son côté, la seconde Porsche engagée pour Morris Schuring, Dorian Boccolacci et Alessio Picariello a montré de très belles dispositions dans le Var lors du meeting du Paul Ricard. Place désormais à Monza ce week-end.

Et comme si cela ne suffisait pas, il faut rappeler qu’ici même, l’an dernier, une des deux Mercedes-AMG GT3 / Boutsen VDS avait vu sa course s’arrêter avant même la fin du premier tour, déjà victime collatérale d’un accrochage. L’objectif immédiat est évidemment de briller en Italie, mais le grand rendez-vous de la saison reste déjà dans toutes les têtes : les 24 Heures de Spa.  A Monza, Olivier Lainé s'est entretenu avec Endurance-Info sur le début de saison et les opportunités pour la fin de l'année. 

Vous évoquiez avec nous plus tôt dans l'année une opportunité de fin de saison en IGTC et en Asian Le Mans Series. Où en êtes-vous aujourd’hui ?

Nous avions déjà envoyé un dossier la saison dernière pour l'Asian Le Mans Series. Le championnat est attractif pour une structure comme la nôtre et nous continuons d’y réfléchir sérieusement. Avant d'aller plus loin, il faut connaître les détails du calendrier. L'Intercontinental GT Challenge en fin de saison est aussi intéressant, tout comme les Gulf 12H. Si une belle opportunité se présente, alors nous étudierons avec intérêt le dossier d'une présence hors Europe.

Comment se passe votre collaboration avec Porsche ?

Avec Porsche, il y a un vrai service compétition-client. Nous avons connu Audi durant une saison et c’était probablement le service le plus efficace que nous ayons vu. Avec Porsche, nous avons de l’écoute et de la réactivité. Je peux pleinement en parler car nous sortons de deux gros incidents où il a fallu une réaction très rapide… et réaction il y a eu.

La Porsche 911 GT3 R EVO est une auto facile à travailler ?

L’accessibilité n’a pas grand-chose à voir avec ce que nous avons connu jusqu’à maintenant. La Porsche 911 GT3 R EVO est une auto assez facile à travailler, même si tout ce qui concerne les réglages reste très pointu. C’est une très belle auto.

Pourquoi avoir décidé de changer de constructeur ?

Avec la Mercedes-AMG GT3, il y avait trop de disparités entre les châssis et les moteurs. Différents éléments n’ont pas été suffisamment pris en compte par le constructeur. C’est en partie ce qui a motivé notre changement de marque. Quoi que l'on fasse, on ne peut pas battre le coût d'exploitation de l'Audi R8 LMS GT3 qui était très compétitif.

Comment jugez-vous le niveau de performance actuel de l’équipe ?

Tout le monde a des attentes et tout doit encore se rôder. Il y a forcément des petites choses à améliorer. Nous devons tous continuer à progresser, mais la performance est là. Nous avons déjà obtenu plusieurs résultats parlants avec une des deux autos. Le gros facteur qu’il nous faut actuellement, c’est de la réussite. Généralement, la chance ne fait pas partie de mon vocabulaire en sport automobile, mais là quand même… Dans les deux cas, notre pilote n’y peut rien. Robin est irréprochable. Ce n’est jamais bon de subir des impacts latéraux. L’équipe a vraiment très bien travaillé pour préparer la voiture dans un délai très court. À deux reprises, la voiture a repris la compétition sans connaître le moindre souci. Nous n’avons rien eu à signaler durant les deux journées de roulage du Prologue des 24 Heures de Spa sur nos deux Porsche.

Aux 24 Heures de Spa, vous serez cette année dans les stands F1. Un choix assumé ?

Notre partenaire D’Ieteren réalise une grosse opération et cela a du sens d’être installé dans les stands F1. À titre personnel, ma préférence va néanmoins aux stands Endurance, car c’est là que se vit réellement la course. Le simple fait de voir la course change beaucoup de choses. Quand tu sors du stand et que tu vois le Raidillon, même aujourd’hui, on en prend encore plein les yeux même malgré l'habitude.

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