Porsche Motorsport Asia Pacific : une saison 2026 lancée à plein régime
Alors que les championnats 2026 ont déjà pris leur envol, Porsche Motorsport Asia Pacific poursuit son développement à un rythme soutenu à travers toute la région Asie-Pacifique. Présente quasiment chaque week-end sur les circuits asiatiques, la structure dirigée par Alex Gibot bénéficie d’une dynamique particulièrement positive, portée notamment par l’essor du GT3.
Si la catégorie GT4 peine encore à véritablement décoller, les programmes GT3 affichent une santé remarquable, tout comme les compétitions monotypes Porsche. La Porsche Carrera Cup Asia continue de gagner en puissance, tandis que la Porsche Carrera Cup Japan entame une nouvelle phase sous l’égide de PMAP. Dans ce contexte favorable, Alex Gibot dresse un premier bilan encourageant des activités de Porsche Motorsport en Asie.
Pour PMAP, la saison 2026 a commencé très tôt…
Nous avons rapidement été plongés dans l’action avec la participation d’Origine Motorsport en Asian Le Mans Series. L’équipe chinoise a affiché une belle montée en puissance face à des concurrents très expérimentés. Ensuite, les 12 Heures de Bathurst ont offert une édition complètement folle, avec une Porsche deuxième à l’arrivée alors qu’elle ne faisait pas partie des favorites. Il faut saluer la prestation de High Class Racing.
Le début de saison du GT World Challenge Asia est lui aussi encourageant. Plusieurs Porsche sont capables de viser les titres dans différentes classes. Ce championnat représente un axe stratégique important pour la marque. Nous serons également présents en Thailand Super Series et en Super Taikyu Series.
Le China GT Championship fait-il partie des priorités de PMAP ?
Absolument. Nous avions déjà quelques voitures engagées en 2025, mais cette année l’intérêt pour le championnat a clairement franchi un cap. Lors de l’ouverture de la saison à Shanghai, près de 60 GT étaient présentes, dont 20 Porsche. Winhere Origine Motorsport a signé les deux poles ainsi qu’une victoire dès la première course.
Enzo Trulli occupe actuellement la deuxième place du championnat avec Chris On Chia pour Phantom Global Racing. L’ambiance à Shanghai était exceptionnelle avec plus de 45 000 billets vendus sur le week-end.
Face au développement des séries asiatiques, PMAP a-t-il renforcé sa structure ?
Oui, nous avons considérablement étoffé notre organisation afin d’offrir le meilleur accompagnement possible à nos clients. Nous disposons désormais de deux ingénieurs performance, deux ingénieurs support ainsi que deux spécialistes dédiés aux pièces détachées.
Comparé à la concurrence, notre niveau de soutien technique est particulièrement élevé. Le fait d’avoir un bureau en Chine et un Porsche Experience Centre à Shanghai constituent un réel avantage. Nous nous appuyons sur des équipes entièrement asiatiques, soutenues par des ingénieurs performance venus d’Europe.
Jusqu’en 2024, le support était assuré par Manthey. Depuis, nous avons repris cette mission en interne, ce qui nous permet de proposer un accompagnement encore plus complet.
Le Super GT fait-il toujours partie du programme ?
Oui, la collaboration avec seven x seven continue. Le début de saison à Okayama a été compliqué, mais l’équipe a ensuite obtenu une belle quatrième place à Fuji. Le travail réalisé ensemble est très constructif et l’apport de Sven Müller est précieux. L’objectif est naturellement de faire mieux qu’en 2025, saison durant laquelle l’équipe avait décroché une victoire et trois podiums.
Après une forte présence en Intercontinental GT Challenge en 2025 à Suzuka, quelle est la tendance cette année ?
L’an dernier, onze Porsche 911 GT3 R étaient engagées. Nous espérons encore une très belle participation cette saison, avec notamment le renfort de plusieurs équipes européennes.
Nous aimerions aligner au moins deux ou trois voitures en catégorie Pro. High Class Racing et Herberth Motorsport devraient être là. La difficulté reste le calendrier, puisque le meeting tombe le même week-end que le DTM et l’ELMS.
La catégorie GT4 peine à se développer dans la région ?
Le principal problème vient de la perception de la catégorie. En Asie, certains pilotes débutent directement en GT3 sans passer par le GT4. Nous avons par exemple un pilote qui a commencé la compétition en septembre dernier et qui roulait dès ses débuts en China GT en GT3. Cette saison, il combine Porsche Cup et GT3 avec des progrès constants.
Malgré cela, avoir quinze GT4 au départ du China GT reste déjà très satisfaisant. Avec Top Speed à la promotion du championnat, nous pensons que la catégorie peut encore grandir.
Les différentes Porsche Cup connaissent également une belle dynamique…
Effectivement. Entre la Porsche Carrera Cup Asia, la Porsche Carrera Cup Japan et la Porsche Sprint Challenge Asia, nous avons de quoi être satisfaits.
L’arrivée d’Alex Imperatori dans notre organisation a apporté une réelle impulsion. PMAP intervient également comme prestataire pour la branche Classic de Porsche Chine. L’importation des voitures anciennes reste compliquée en Chine, notamment pour les modèles de plus de 30 ans, mais nous commençons à trouver des solutions avec les autorités. Aujourd’hui, PMAP compte 21 collaborateurs à plein temps.
PMAP accompagne aussi Enzo Trulli. Quel regard portez-vous sur lui ?
Enzo a réalisé de très belles performances en LMP2 en Asian Le Mans Series. Il dispute désormais l’ELMS avec Algarve Pro Racing tout en participant au China GT. Son programme comprend également les 24 Heures du Mans et les 24 Heures de Spa. Nous prévoyons aussi qu’il obtienne son permis Nordschleife afin de poursuivre sa progression. Il possède un véritable potentiel et peut créer la surprise. Dès ses débuts en Porsche Carrera Cup Asia l’an dernier, malgré peu d’expérience, son talent était évident.
Que prépare PMAP pour les 24 Heures de Spa et Macao ?
Nous n’aurons pas de Porsche engagée en classe Pro aux 24 Heures de Spa. La dernière participation remonte à 2024. Pour être compétitif à Spa, il faudrait disputer au préalable une manche du GT World Endurance, ce qui complique fortement le programme.
Concernant Macao, l’objectif est très clair : gagner. Jusqu’à présent, cela nous a toujours échappé. L’introduction des couplemètres constitue un avantage supplémentaire et nous disposons de plusieurs pilotes très expérimentés sur ce tracé. L’idéal serait de repartir avec les mêmes structures que par le passé, à savoir Schumacher CLRT, Phantom Global Racing et Absolute Racing, le tout avec trois équipes de deux voitures.
Peut-on imaginer à moyen terme des pilotes chinois au plus haut niveau ?
Quelques pilotes Silver commencent à émerger. En Chine, les références restent Yifei Ye et Zhou Guanyu, mais tous deux ont quitté très tôt leur pays pour poursuivre leur formation en Europe.
Le travail de détection doit commencer dès le karting. Parmi les talents à suivre en dehors de Chine, il y a le Malaisien Naquib Azlan, qui roule en Porsche Carrera Cup Asia et passe énormément de temps sur simulateur avec le soutien d’Alex Yoong. L'autre nom prometteur est Tasanapol Inthraphuvasak, actuellement engagé en Formule 2 avec ART Grand Prix.
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