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La nuit, tous les chats sont gris aux 24 Heures de Daytona

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25 jan. 2026 • 14:56
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EI, sorti du brouillard
Photo : IMSA

La 64e édition des 24H de Daytona a vécu l’un des épisodes les plus singuliers de son histoire la nuit dernière. Un épais brouillard s’est abattu sur le Daytona International Speedway, contraignant la direction de course à neutraliser l’épreuve pendant une durée record.

 

Le drapeau jaune a été brandi à 00h45, la visibilité devenant insuffisante pour garantir la sécurité des concurrents. La course n’a finalement repris qu’à 7h19, peu avant le cap symbolique des 18 heures de course. Au total, 6 heures et 33 minutes consécutives ont été parcourues derrière la voiture de sécurité, soit 121 tours à vitesse réduite : la plus longue neutralisation continue jamais enregistrée en 64 ans d’histoire de la classique floridienne.

 

Cette interruption exceptionnelle a même contraint la nouvelle voiture de sécurité, une Porsche 911 GT3 Manthey de route, à effectuer un arrêt au stand pour faire le plein — un fait rarissime à ce niveau.

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Cette longue neutralisation prolongée a surtout mis à l’épreuve la capacité de concentration des pilotes, contraints de rouler à allure réduite durant plusieurs heures. Sur le papier, rouler au ralenti peut paraître plutôt cool à faire du cruising dans le trafic avec certains pilotes qui ont roulé quatre heures, soit le maximum autorisé par tranche de six heures.

 

À seulement 19 ans, Connor Zilisch, étoile montante de la NASCAR, a vécu une expérience inédite lors de son relais de quatre heures au volant de la Cadillac Cadillac V-Series.R / Whelen n°31.

 

« C’était vraiment une première pour moi. Je n’ai jamais roulé aussi lentement de ma vie, sauf dans la rue ! », a-t-il déclaré après son relais nocturne.

 

Le jeune pilote américain, l’un des plus jeunes des 228 engagés, pouvait compter sur l’indulgence — et sans doute la reconnaissance — de ses coéquipiers Jack Aitken, Earl Bamber et Frederik Vesti.

 

« Si c’est ce qui m’inquiète, j’ai des problèmes », a-t-il plaisanté. « Les courses de Late Model (voitures de stock car, ndlr) se terminent à minuit, et je n’arrive jamais à m’endormir avant 2 ou 3 heures du matin. C’est difficile de se déconnecter quand l’adrénaline coule à flots. »

 

Dans le peloton, les équipes ont rivalisé d’ingéniosité pour maintenir l’éveil des pilotes. Danny Formal, engagé en GTD sur la Lamborghini Huracán GT3 EVO2 / Wayne Taylor Racing n°45, a raconté comment l’humour est devenu un outil de concentration en piste.

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« Nous faisions des blagues mathématiques », a-t-il expliqué en riant. « Mon ingénieur m’a demandé combien de tours j’avais effectués, et j’ai fait les calculs dans la voiture. J’étais assez proche du résultat ! »

 

Même constat du côté de Bijoy Garg, auteur d’un double relais nocturne en LMP2 sur l’ORECA / Inter Europol Competition n°43.

 

« Pour être honnête, c’était très ennuyeux de rouler à 100 km/h derrière la voiture de sécurité », a-t-il reconnu. « C’était déjà long après 30 minutes, alors imaginez après quatre heures. »

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Le champion australien de Supercars Chaz Mostert, après un unique relais sur la Mercedes-AMG GT3 / Team 75 n°75 en GTD PRO, résumait le sentiment général : « Je pense que c’est difficile pour les 50 pilotes de ne pas s’endormir au volant. Passer toute la nuit dehors quand on est jeune, on connaît tous… mais là, ce n’est pas aussi agréable. Je suis épuisé, je vais aller dormir maintenant. »

 

Un épisode peu commun, sans doute facile à critiquer depuis un ordinateur, dans une pièce chauffée et parfaitement éclairée. Le brouillard réduisait drastiquement la visibilité des pilotes en piste, rendant toute relance sous drapeau vert délicate, voire dangereuse.

 

À cela s’ajoute une contrainte incontournable de sécurité : l’hélicoptère médical doit être en mesure de décoller à tout moment si la situation l’exige, une condition non négociable pour permettre la poursuite de l’épreuve, sans oublier le travail des commissaires et des spotters situés en haut de la tour.

Commentaires (4)

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Jules

25 jan. 2026 • 15:39

Si j'ai bon souvenir, la course avait aussi été interrompue par le brouillard en 1989 mais là, c'est un drapeau rouge qui fut déployé comme souvent au Nürburgring. Par contre, aucune idée de la durée de l'interruption.

lmercier

25 jan. 2026 • 15:41

@Jules : 4h30 environ 😊

AMICALEMANS

25 jan. 2026 • 15:58

Tant que la course se déroule fin janvier, les concurrents seront soumis à des conditions atmosphériques fraîches. Avant la mise en place du superbowl début février, il me semble que la course se déroulait plus tard.

Jules

25 jan. 2026 • 17:10

Merci Laurent !
Largement moins donc.