Tracy Krohn (Krohn Racing) : « Sur un meeting, je ne dois pas penser à mes affaires »

#83 KROHN RACING (USA) FERRARI F488 GTE GTE TRACY KROHN (USA)

Tracy Krohn est l’exemple parfait de ce qu’est un Gentleman Driver en Endurance. Pris par ses affaires, il s’adonne à sa passion dès qu’il le peut ! Souvent décrié, il est néanmoins important que des pilotes de sa trempe soient présents en sport automobile. Dans le cas contraire, les grilles de départ s’en trouveraient affectées. Le pilote américain compte déjà 13 participations aux 24 Heures du Mans et était présent cette année en ELMS sur une Ferrari 488 GTE qu’il partageait avec son fidèle compagnon, Nic Jönsson, et l’expérimenté Andrea Bertolini. 

Pourquoi êtes-vous si attiré par l’endurance ?

« Déjà, dans cette discipline, on roule plus que dans les autres et, pour moi, c’est important. Je ne suis pas en mesure de gagner des courses sprint, je suis trop vieux. L’endurance demande un rythme plus régulier sur une certaine période, il faut faire peu de fautes et c’est vraiment intéressant. »  

Que pensez vous de l’ELMS ?

« Le championnat est intéressant, les circuits sont magnifiques, les pays visités sont vraiment sympas, ce qui fait que ma femme peut venir avec moi à chaque fois. Le souci en ELMS est la programmation. J’aimerais que le temps que nous passons sur les meetings soit plus compressé. Je vis aux Etats-Unis et il est difficile pour moi de faire toujours l’aller-retour. Je sais que, pour les personnes vivant en Europe, ce n’est pas forcément un problème. On pourrait réduire cela à samedi / dimanche ou vendredi / samedi / dimanche, mais en s’épargnant une présence ici le jeudi comme c’est le cas actuellement. Je dois prendre huit jours pour pouvoir faire un meeting. Donc six courses équivaut à 48 jours d’absence et cela n’inclut pas le Prologue. » 

Quel bilan tirez-vous de votre saison 2018 en ELMS ?

« De manière générale, je passe tout le temps de bons moments dans une voiture de course. Cependant, la saison n’a pas vraiment été bonne. Nous avons eu des soucis avec les voitures de sécurité à deux reprises, nous n’étions pas bien placés et avons perdu le contact avec les meilleurs. Nous terminons cependant 6e au championnat GTE, avec une 4e place au Paul Ricard, mais nous souhaitions faire mieux. » 

Vous avez roulé aux 24 Heures du Mans en LMP2. Comment s’est passée la course ? 

« Elle fut bonne et j’ai vraiment apprécié de courir dans cette catégorie, avec cette Ligier JS P217. La course s’est bien passée, mais malheureusement, nous avons cassé la transmission dans la dernière heure et terminons non classé. C’est dommage, la voiture était vraiment bien et les 24 Heures du Mans restent une épreuve fantastique ! J’ai toujours aimé m’y rendre ! »

Pourquoi vos voitures sont-elles toujours vertes ? 

« Il est vrai que nous sommes associés à la couleur verte depuis très longtemps. Nous en avions essayé d’autres auparavant, en mélangeant plusieurs couleurs. Un jour, on m’a fait remarquer qu’il était plus facile de repeindre une auto avec une seule couleur qu’avec plusieurs. Nous avons alors pensé au bleu puis au vert car c’est une couleur facile à voir, à repérer, en vidéo par exemple. De plus, il est difficile aux autres pilotes de dire : « ah, je ne vous avais pas vu dans mes rétros » (rire). Il est facile aux gens d’associer cette couleur à notre équipe. » 

Quel sera votre programme en 2019 ? 

« J’espère déjà pouvoir refaire les 24 Heures du Mans. Pour le reste, je ne sais pas encore, les décisions n’ont pas encore été prises. Je dois réfléchir à tout cela en incluant la problématique de mon travail qui me prend beaucoup de temps. »

Vous parlez de manque de temps. Courir aux Etats-Unis serait-il une meilleure option ? 

 » Non (rire). En IMSA, il y a bien trop de courses pour moi, même si nous regardons les courses longues pour l’année prochaine. l’ELMS est idéal pour ça. Six meetings, mais comme je l’ai précisé, j’aimerais que le temps de présence soit réduit. »

Est-ce compliqué de gérer votre vie professionnelle et le sport automobile ? 

« Je me débrouille, il faut juste que j’arrive à consacrer assez de temps au sport auto. Il est nécessaire que, lorsque je suis sur un meeting, je sois concentré et en contact à 100 % avec mes coéquipiers et mon équipe. Je ne dois pas penser à mes affaires. C’est ce qui est intéressant d’ailleurs. Quand je suis dans la voiture, je n’ai qu’une seule idée en tête. C’est apaisant pour moi car le reste du temps j’ai beaucoup de choses à régler en même temps ! »